La consommation de viande de cheval a considérablement diminué en France au fil des dernières décennies. Selon nos confrères de BFM Business, la filière française de la viande chevaline espère aujourd'hui conquérir de nouveaux consommateurs, notamment au sein des jeunes générations, pour soutenir la production tricolore.
La viande de cheval a longtemps été une partie intégrante de la cuisine française, mais son consommation a nettement baissé ces dernières années. « Quand j'étais enfant, mes parents en achetaient régulièrement », se rappelle une visiteuse du Salon de l'agriculture à Paris. Cependant, elle a arrêté d'en manger il y a longtemps, bien qu'elle reconnaisse que c'est une « viande goûtue ».
Ce qu'il faut retenir
- La consommation de viande de cheval en France est passée de 25 000 tonnes en 2004 à un peu plus de 4 700 tonnes en 2024.
- Les abattages d'équidés pour la production de viande ont été divisés par six sur la même période et sont passés sous la barre des 4 000 têtes annuelles.
- La filière française de la viande chevaline espère convaincre les jeunes de consommer à nouveau, notamment en mettant en avant les qualités nutritionnelles et gustatives de la viande de cheval.
Le déclin de la consommation de viande de cheval
Le déclin de la consommation de viande de cheval en France est principalement dû à une rupture de transmission entre les générations. Beaucoup de Français ignorent aujourd'hui le goût du steak de cheval ou la manière de le cuisiner, voire ne pensent même pas à la possibilité d'en manger. L'offre reste également très discrète, avec peu de supermarchés proposant de la viande de cheval et un nombre de boucheries chevalines en forte diminution.
Selon Stéphane Dugois, éleveur franc-comtois, « avant, il y avait déjà beaucoup plus de chevaux, parce qu'on travaillait avec eux dans les champs, en ville, dans les mines » et ils « nourrissaient les travailleurs » à la fin de leur vie. Cependant, avec la mécanisation, le cheval a progressivement disparu du quotidien des hommes et incarne aujourd'hui davantage « un animal passion qu'un animal de ferme » dans l'esprit de nombreux Français.
Les qualités de la viande de cheval
La viande de cheval a de nombreuses qualités nutritionnelles et gustatives. Selon Guy Arestier, président de la section équine d'Interbev, « c'est une viande riche en fer », « très tendre, très juteuse, très maigre, et elle demande aussi très peu de matière grasse à la cuisson ». Stéphane Dugois ajoute que « c'est vraiment ce qu'on appelle la viande des sportifs ».
La filière française de la viande chevaline a multiplié les opérations de communication auprès du grand public pour relancer la consommation. Les jeunes générations sont les premières cibles visées par Interbev, car « dans toutes les animations que l'on fait, on s'aperçoit qu'il y a une attente des plus jeunes lorsqu'ils découvrent la viande de cheval », explique Guy Arestier.
Les défis à relever
La filière française de la viande chevaline doit relever plusieurs défis pour convaincre les jeunes de consommer à nouveau. Le manque de structuration de la filière et la carence en matière d'origine française sont deux des principaux obstacles. La quasi-totalité de la production française est aujourd'hui exportée vers l'étranger, tandis que celle mangée par les Français... est majoritairement importée d'autres pays.
Stéphane Dugois souligne que « nous avons des produits de qualité » qui « intéressent les consommateurs étrangers », mais « nos coûts de production sont élevés » et « ceux qui travaillent la viande de cheval en France préfèrent importer à bas coût ». Une relocalisation de la production sur le sol français peine à se concrétiser, car « beaucoup d'éleveurs se découragent » ou hésitent à se lancer dans la viande chevaline, faute de pouvoir valoriser leur viande au juste prix.
En conclusion, la filière française de la viande chevaline cherche à convaincre les jeunes de consommer à nouveau, en mettant en avant les qualités nutritionnelles et gustatives de la viande de cheval. Cependant, elle doit relever plusieurs défis, notamment le manque de structuration de la filière et la carence en matière d'origine française. Il reste à voir si les efforts de la filière seront couronnés de succès et si la consommation de viande de cheval pourra à nouveau se développer en France.
