La France a lancé des discussions en « négociation exclusive » avec les groupes industriels Safran et MBDA afin de développer son prochain système de lance-roquettes à longue portée. Cette annonce, rapportée par BFM Business, s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l’autonomie stratégique du pays en matière d’armement terrestre. Les deux entreprises, spécialisées dans l’aérospatial et les systèmes de défense, sont appelées à jouer un rôle central dans ce projet, dont les contours techniques et financiers restent à préciser.
Ce qu'il faut retenir
- Négociations exclusives en cours avec Safran et MBDA pour le développement d’un système de lance-roquettes longue portée.
- Ce projet s’inscrit dans une volonté de renforcer la souveraineté militaire française en matière d’armement terrestre.
- Les discussions portent sur un système destiné à remplacer ou compléter les capacités existantes, bien que les détails techniques n’aient pas encore été divulgués.
Un projet stratégique pour l’industrie de défense française
Selon BFM Business, les négociations engagées par l’État français avec Safran et MBDA visent à doter le pays d’un système de frappe à longue portée. Ce choix n’est pas anodin : il reflète la priorité donnée à l’autonomie technologique dans un contexte géopolitique marqué par des tensions accrues. Safran, déjà impliqué dans la propulsion et les systèmes électroniques, et MBDA, leader européen des missiles, sont les partenaires naturels pour un tel projet. Les deux groupes devront collaborer pour concevoir une solution intégrée, combinant précision, portée et furtivité.
Ce programme s’ajoute à d’autres initiatives récentes visant à moderniser l’arsenal français, comme en témoignent les annonces faites lors du salon Eurosatory 2026, le plus grand salon mondial de l’armement terrestre. Lors de cet événement, plusieurs acteurs du secteur ont mis en avant l’importance des investissements publics dans les technologies de rupture, notamment pour répondre aux besoins des forces armées dans un contexte international instable.
Un enjeu de souveraineté et de compétitivité industrielle
La souveraineté militaire est au cœur des débats, comme l’a rappelé récemment la Caisse des Dépôts dans ses investissements dans l’intelligence artificielle appliquée à la défense. « La question de la souveraineté se pose », avait alors souligné un responsable de l’institution. Dans cette logique, le futur système de lance-roquettes doit permettre à la France de réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères, tout en renforçant son positionnement sur le marché international de l’armement. MBDA et Safran pourraient ainsi bénéficier d’un avantage concurrentiel majeur, en proposant une solution 100 % européenne.
Les retombées économiques de ce projet sont également significatives. Les deux groupes emploient des milliers de salariés en France et en Europe, et un tel contrat pourrait générer des centaines de millions d’euros de revenus sur plusieurs années. Bref, l’enjeu dépasse le cadre strictement militaire pour toucher à l’emploi, à l’innovation et à la compétitivité industrielle du pays.
Quels sont les prochaines étapes pour ce programme ?
Les négociations en cours devraient aboutir d’ici la fin de l’année 2026, avec une possible annonce officielle lors du salon Eurosatory 2026 ou du Forum international de la défense (FID) prévu en octobre. Selon des sources proches du dossier, les discussions portent actuellement sur l’architecture technique du système, notamment sa portée minimale, sa précision et sa capacité à s’intégrer aux réseaux de commandement existants. Un appel d’offres pourrait être lancé ultérieurement pour valider les choix technologiques définitifs.
Par ailleurs, des questions subsistent sur le financement du projet. Bien que l’État ait déjà engagé des fonds via le budget de la défense, une partie du coût pourrait être assumée par les industriels eux-mêmes, en échange de garanties d’exportation. Les deux groupes ont d’ores et déjà exprimé leur volonté de s’engager dans cette voie, comme en témoignent leurs récents partenariats avec d’autres acteurs européens du secteur.
Reste à voir si Safran et MBDA parviendront à concilier innovation, coût et délais, un exercice souvent délicat dans le secteur de la défense. Une chose est certaine : la France mise gros sur ce programme, autant dire que les prochains mois seront déterminants.
D’autres acteurs européens, comme l’allemand Rheinmetall ou l’italien Leonardo, pourraient être en lice, mais leur implication dépendra des alliances industrielles formées. Pour l’instant, seuls Safran et MBDA sont officiellement en « négociation exclusive » avec l’État français, selon BFM Business.