Le projet de ligne TGV reliant Paris à Toulouse en 3h10, dont les travaux ont commencé en 2024, est menacé par l'opposition du candidat favori à la mairie de Toulouse, François Piquemal, selon nos confrères de BFM Business. Ce dernier, député LFI et tête d'une liste de gauche unie, est farouchement opposé à la construction de cette ligne à grande vitesse de 327 kilomètres, qui devrait être mise en service en 2032.

Ce projet, évalué à 14,3 milliards d'euros, est l'un des derniers grands travaux de lignes à grande vitesse en France et devrait permettre de gagner une heure sur l'itinéraire actuel entre Toulouse et Paris. Les premiers travaux ont démarré en 2024 dans la périphérie des deux métropoles, mais le financement de la ligne est aujourd'hui au centre d'un débat.

Ce qu'il faut retenir

  • La ligne TGV Paris-Toulouse en 3h10 est menacée par l'opposition du candidat favori à la mairie de Toulouse, François Piquemal.
  • Le projet, évalué à 14,3 milliards d'euros, devrait être mis en service en 2032 et permettre de gagner une heure sur l'itinéraire actuel.
  • Les premiers travaux ont démarré en 2024 dans la périphérie des deux métropoles, mais le financement de la ligne est aujourd'hui au centre d'un débat.

Le contexte

Le maire de Toulouse depuis 2014, Jean-Luc Moudenc, a réaffirmé que sa liste était « 100% pro-LGV », tout comme le socialiste François Briançon, tête d'une liste PS-Ecologistes-Place publique arrivée en troisième position. Cependant, le nouveau partenaire de François Briançon, l'insoumis François Piquemal, dont la liste est arrivée en deuxième position et a pris la tête d'une nouvelle liste unique d'union de la gauche, est farouchement opposé à la construction de la ligne TGV.

« On fait un partage de gouvernance, ça existe dans d'autres métropoles », comme Marseille, Grenoble, Lyon, a déclaré François Piquemal, expliquant qu'en cas de victoire dimanche, il deviendrait maire, tandis que François Briançon présiderait la métropole toulousaine. La validation du projet LGV « va dépendre des votes de la métropole et des élus au conseil métropolitain », a souligné le député LFI, assurant que son partenaire et ses colistiers élus, auront un « poids ».

Les enjeux

Le financement de la ligne est évalué à 14,3 milliards d'euros et les premiers travaux ont commencé en 2024. Initialement, elle doit être financée à 40% par l'État, 40% par des collectivités locales d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine et à 20% par l'Union européenne. Cependant, le gouvernement pourrait, pour des raisons budgétaires, réévaluer son soutien au projet.

Le ministère des Transports plaide de manière générale pour la mise en place de PPP, ou partenariats public-privé, qui consistent à confier à un acteur privé la conception, le financement, la construction et la maintenance d'infrastructures publiques en échange d'un loyer ou de la récupération des revenus générés. Mais cette perspective suscite une véritable levée de boucliers tant du côté du donneur d'ordre, la Société du Grand Projet du Sud-Ouest, que de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, qui souhaitent le maintien du financement public quitte à l'étaler sur 40 ans.

Et maintenant ?

Les prochaines échéances seront décisives pour le projet de ligne TGV Paris-Toulouse en 3h10. Les résultats des élections municipales à Toulouse seront cruciaux pour déterminer l'avenir de ce projet. Si la liste de François Piquemal remporte les élections, il est probable que le projet de ligne TGV soit remis en cause. En revanche, si la liste de Jean-Luc Moudenc l'emporte, le projet devrait être maintenu.

Les réactions et prises de position des différents acteurs concernés seront attendues dans les prochaines semaines. Le gouvernement, les collectivités locales et les entreprises privées impliquées dans le projet devront prendre position et trouver des solutions pour garantir la mise en œuvre de ce projet d'importance nationale.