La médiatrice du cinéma, Laurence Franceschini, a adressé jeudi 8 mai 2026 une injonction formelle à la société Megarama lui ordonnant de mettre un terme à ses pratiques commerciales visant à exclure certaines petites salles de cinéma de l’accès aux films en sortie nationale, selon Franceinfo - Culture.

Cette décision intervient après que le réseau de multiplexes, qui compte une trentaine d’établissements en France, avait demandé début mars à plusieurs distributeurs de limiter la diffusion de leurs films dans des petites salles municipales, qu’il accuse de « distorsion de concurrence ». Megarama reproche à ces établissements, souvent subventionnés, de proposer des places à prix réduits et d’être ainsi favorisés par rapport à ses propres salles.

Ce qu'il faut retenir

  • La médiatrice du cinéma, Laurence Franceschini, a adressé une injonction à Megarama le 8 mai 2026 pour lui demander de cesser ses pratiques commerciales jugées anticoncurrentielles.
  • Megarama avait demandé aux distributeurs, dont Pathé, Metropolitan Films et Gaumont, de limiter l’accès de leurs films à plusieurs petites salles municipales début mars 2026.
  • Le réseau de salles accuse ces petites structures de « distorsion de concurrence » en raison de leurs tarifs réduits et de leur accès facilité aux films.
  • Parmi les salles citées figurent notamment celles du Val-de-Marne, de l’Essonne et de l’Oise, où certaines perçoivent leurs films avec un retard de trois à quatre semaines.
  • Une pétition lancée par le Syndicat des cinémas de proximité a déjà recueilli près de 2 500 signatures en soutien aux petites salles.
  • Cette injonction est saluée comme une « victoire éclair » par François Aymé, directeur du cinéma Jean Eustache à Pessac et ancien président de l’Association française des cinémas d’art et d’essai.

Une injonction motivée par une saisine du CNC

La médiatrice du cinéma a été saisie le 30 avril 2026 par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) afin d’examiner la demande de Megarama adressée aux distributeurs. Dans son courrier rendu public ce lundi 11 mai 2026, Laurence Franceschini enjoint au réseau de salles de « mettre fin aux pratiques commerciales qui visent à empêcher certains distributeurs de confier l’exploitation en sortie nationale de leurs films à des salles municipales dans la zone de chalandise de leurs enseignes ».

Cette décision s’appuie sur le fait que Megarama a directement sollicité des distributeurs pour qu’ils restreignent l’accès de leurs productions aux salles ciblées. Ces dernières, majoritairement des établissements municipaux, sont accusées par le multiplexe de fausser le jeu de la concurrence par le biais de tarifs réduits et d’un accès anticipé aux films.

Les salles concernées et les conséquences de la demande

Les salles visées par la demande de Megarama sont situées dans trois départements : le Val-de-Marne, l’Essonne et l’Oise. Parmi elles, le cinéma du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) a témoigné avoir reçu ses copies de films avec un retard de trois à quatre semaines depuis le début du mois de mars 2026, date à laquelle les courriels de Megarama ont été envoyés aux distributeurs. Ce délai inhabituel a suscité des inquiétudes quant à l’équité d’accès aux œuvres cinématographiques pour le public de ces territoires.

Ces pratiques ont également provoqué une réaction unie du secteur. Le Syndicat des cinémas de proximité a lancé une pétition intitulée « Pour la défense de l’accès aux films des cinémas de proximité », qui a rapidement recueilli près de 2 500 signatures. Ce mouvement de soutien illustre la mobilisation des acteurs du cinéma indépendant face à cette tentative de restriction de la diffusion des films.

Les réactions du secteur et la portée de l’injonction

La décision de la médiatrice du cinéma a été saluée par François Aymé, directeur du cinéma Jean Eustache à Pessac (Gironde) et ancien président de l’Association française des cinémas d’art et d’essai. Pour lui, cette injonction représente une « victoire éclair » pour les petites salles, qui voient ainsi leur rôle reconnu dans la diversité de l’offre cinématographique. « C’est une reconnaissance de l’importance des salles municipales, qui jouent un rôle clé dans l’accès à la culture pour tous », a-t-il déclaré à Franceinfo - Culture.

De son côté, Megarama n’a pas encore réagi publiquement à cette injonction. Le réseau, qui a ouvert un nouveau complexe à Boulogne-Billancourt en juillet 2024, n’a pas communiqué sur une éventuelle modification de sa stratégie commerciale. La société devra désormais se conformer aux directives de la médiatrice sous peine de sanctions, bien que les modalités de contrôle et de suivi de cette injonction n’aient pas encore été précisées.

Et maintenant ?

La société Megarama dispose d’un délai pour se conformer à l’injonction de la médiatrice du cinéma, mais aucune date butoir n’a été officiellement communiquée. Les distributeurs, qui ont été sollicités par Megarama, pourraient également être amenés à reconsidérer leurs accords avec le réseau si celui-ci maintient ses positions. Par ailleurs, le CNC, qui a saisi la médiatrice, pourrait proposer des mesures complémentaires pour renforcer la protection des petites salles face à des pratiques jugées déloyales. Une réunion entre les parties prenantes est envisagée dans les prochaines semaines pour clarifier les modalités de mise en œuvre de cette décision.

Cette affaire illustre les tensions persistantes au sein du secteur cinématographique entre les grands réseaux et les salles indépendantes, alors que la diversité de l’offre culturelle reste un enjeu majeur pour le public et les pouvoirs publics.

Les salles concernées se trouvent principalement dans le Val-de-Marne, l’Essonne et l’Oise. Parmi elles figurent notamment celle du Perreux-sur-Marne, qui a signalé un retard de trois à quatre semaines dans la réception de ses films depuis mars 2026.

D’après les informations de Franceinfo - Culture, Megarama a contacté plusieurs distributeurs majeurs, dont Pathé, Metropolitan Films et Gaumont, pour leur demander de limiter l’accès de leurs films aux petites salles ciblées.