Une nouvelle étude internationale publiée ce 11 juin 2026 dans la revue Earth System Science Data révèle que le déséquilibre énergétique de la Terre atteint des niveaux records, confirmant l’accélération du réchauffement climatique. Selon Futura Sciences, cette tendance menace de maintenir des températures élevées pendant des milliers d’années, même en cas de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre.
Ce qu'il faut retenir
- La température moyenne mondiale a atteint +1,92 °C sur une journée en 2025, soit une hausse de +0,49 °C par rapport à la période 2006-2015.
- Le réchauffement anthropique a atteint +1,37 °C en 2025, avec un risque de franchissement des +1,5 °C d’ici 2030.
- Les émissions mondiales de GES ont atteint 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂ en 2024, épuisant le budget carbone restant en seulement trois ans.
- Le niveau des mers a augmenté de 23 cm depuis 1901, avec une accélération marquée des inondations côtières.
- Les vagues de chaleur marines ont été multipliées par trois depuis 1991, passant de 21 jours à 65 jours en 2025.
Une planète qui accumule la chaleur
Alors que la France s’apprête à subir une nouvelle vague de chaleur exceptionnelle ce week-end, avec des températures jusqu’à 8 °C au-dessus des moyennes saisonnières, les scientifiques tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Selon le rapport Indicators of Global Climate Change (IGCC), publié par Futura Sciences, la Terre enregistre un déséquilibre énergétique record, principalement dû à l’activité humaine. « Nous émettons plus de gaz à effet de serre que jamais, piégeant toujours plus de chaleur dans l’atmosphère », a déclaré Matt Palmer, chercheur au Met Office, cité par la source.
Les données sont sans appel : la température maximale moyenne sur une journée a atteint +1,92 °C au cours de la dernière décennie (2016-2025), contre +1,43 °C pour la période 2006-2015. « La quasi-totalité du réchauffement observé ces dix dernières années est attribuable aux activités humaines », souligne Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au sein du service européen Copernicus (C3S). Cette tendance se traduit déjà par des impacts concrets : canicules précoces, montée des eaux et multiplication des événements climatiques extrêmes.
Un budget carbone presque épuisé
Autre chiffre alarmant : les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂ (GtCO₂e) en 2024, un niveau historique. Selon le rapport, le budget carbone restant — la quantité de CO₂ qu’il reste à émettre pour limiter le réchauffement à +1,5 °C — n’est plus que de 130 GtCO₂e à partir de 2026. « À ce rythme, il sera épuisé d’ici 2029 », avertissent les auteurs. Cette estimation prend en compte l’ensemble des émissions, y compris celles issues de la combustion des énergies fossiles, de l’agriculture et de la déforestation.
Le déséquilibre énergétique de la Terre, qui mesure la différence entre l’énergie reçue du soleil et celle renvoyée vers l’espace, a doublé depuis les années 1970. Aujourd’hui, il atteint un niveau record, confirmant que la planète retient davantage de chaleur qu’elle n’en évacue. Ce phénomène explique en partie l’accélération du réchauffement, même si les émissions de GES ralentissent légèrement depuis quelques années. « Ce déséquilibre laisse présager un réchauffement futur important, même si nous réduisons nos émissions demain », précise Aimée Slangen, chercheuse à l’Institut royal néerlandais de recherche marine (NIOZ).
Des océans et des côtes sous pression
Les océans, qui absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur, subissent également les conséquences de ce déséquilibre. Leur température moyenne a augmenté de manière significative, contribuant à l’élévation du niveau des mers. En 2025, ce dernier a atteint 23 cm depuis 1901, soit un rythme de 1,8 mm par an, qui s’accélère. « Cette hausse, même modérée, aggrave les inondations côtières dans les zones de faible altitude », explique Aimée Slangen. Les « forêts fantômes », ces arbres morts noyés par la montée des eaux, illustrent ce phénomène déjà en cours.
Les vagues de chaleur marines ont également explosé : elles ont été multipliées par trois depuis 1991, passant de 21 jours à 65 jours en 2025. Selon une étude publiée dans Science Advances, le nombre de jours où le niveau des eaux côtières a dépassé la cote d’alerte a presque triplé depuis les années 1970. Ces changements menacent les écosystèmes marins et les populations vivant en bord de mer, déjà exposées à des risques accrus.
Un climat durablement modifié, même avec une décarbonation rapide
Malgré l’urgence, les chercheurs rappellent que la situation n’est pas encore irréversible. Trois scénarios se dessinent pour les décennies à venir, selon une étude publiée dans Earth’s Future. Le premier, qualifié d’Anthropocène « gérable », suppose une réduction drastique et rapide des émissions, permettant de limiter le réchauffement à +1,5 °C d’ici 2050 avant une baisse progressive. Le second, dit « dangereux », envisage une poursuite des émissions jusqu’en 2050, avec un réchauffement stabilisé à +2 °C d’ici 2100. Le troisième, « ingérable », prévoit un emballement climatique dû à des rétroactions négatives (fonte du pergélisol, assèchement des forêts, réduction de la banquise), rendant le réchauffement incontrôlable.
Le problème majeur réside dans la persistance du CO₂ dans l’atmosphère : 20 % des émissions restent pendant des siècles, et 10 % mettent des dizaines de milliers d’années à disparaître. « Même les émissions résiduelles, comme celles du secteur alimentaire, peuvent perpétuer le réchauffement pendant des millénaires », avertissent les auteurs. Ainsi, le climat terrestre a une mémoire tenace, et les effets des actions passées se feront sentir pendant des générations.
Cette étude rappelle que le réchauffement climatique n’est pas une menace lointaine, mais une réalité déjà tangible. Les records de température, la multiplication des catastrophes naturelles et la dégradation des écosystèmes en sont les premières manifestations. La question n’est plus seulement de savoir si nous pouvons agir, mais quand nous le ferons.
Le déséquilibre énergétique mesure la quantité de chaleur que la Terre retient en excès par rapport à ce qu’elle renvoie dans l’espace. Lorsqu’il est positif, comme c’est le cas aujourd’hui, cela signifie que la planète se réchauffe plus vite que prévu. Ce déséquilibre est directement lié à l’augmentation des gaz à effet de serre, qui piègent la chaleur. Selon les scientifiques, il a doublé depuis les années 1970 et atteint un niveau record en 2026, laissant présager un réchauffement futur important, même si les émissions diminuent.