D'après nos confrères de BFM Bourse, la hausse des prix du pétrole, qui ont dépassé les 100 dollars le baril ce lundi, fait craindre la résurgence d'une forte inflation couplée à une croissance anémique. Cette configuration malmène les obligations et augure de hausses de taux de la BCE.
Les obligations souffrent depuis l'éclatement du conflit au Moyen-Orient. Ces titres sont pourtant censés constituer des abris pour les investisseurs lorsque les risques géopolitiques effraient les marchés. Ce parce que les faillites des états développés n'existent théoriquement pas, et rendent donc ces titres « sûrs ».
Ce qu'il faut retenir
- Le prix du baril de Brent a gagné 15,3% à 106,89 dollars.
- Le rendement de l'obligation américaine à 10 ans a pris 6 points de base à 4,196%.
- Le rendement de l'obligation assimilable du Trésor (OAT) français à 10 ans a gagné 6,4 points de base à 3,592%.
Les marchés financiers sous pression
La journée de ce lundi a démontré que les investisseurs ont tendance à se réfugier sur les actions plutôt que sur les obligations en période de crise. Les rendements obligataires grimpent fortement alors que le baril de Brent gagne 15,3% à 106,89 dollars.
Quand les investisseurs vendent massivement des obligations d’État, leur prix sur le marché baisse parce que l’offre devient plus importante que la demande. Or les intérêts versés par ces obligations (les coupons) restent fixes. Résultat : pour un nouvel acheteur qui paie l’obligation moins cher, le rendement est plus élevé.
Les risques de stagflation
L'envolée des cours du baril crée un risque de « stagflation », une situation qui décrit un scénario où les grandes économies développées doivent composer à la fois avec une inflation galopante et une croissance anémique. « L'escalade du conflit au Moyen-Orient augmente le risque d'un ralentissement de la croissance et d'une hausse de l'inflation dans la zone euro », écrit d'ailleurs ce lundi Barclays.
Ce type de configuration économique pèse sur la valeur des obligations car elle se traduit par des anticipations de hausse de taux d'intérêt et des taux directeurs (ou par des prévisions de baisses moins prononcées). Ce phénomène surpasse la demande « de sécurité » qu'offrent ces titres.
Les réactions des banques centrales
Les banques centrales sont confrontées à un dilemme. « La BCE et la Banque d'Angleterre sont pratiquement paralysées : assouplir sa politique monétaire dans un contexte de choc pétrolier risque de nuire à leur crédibilité, tandis que la resserrer risque de compromettre la croissance », a déclaré Evelyne Gomez-Liechti, stratège chez Mizuho International à l'agence.
« Nous pensons que les risques de stagflation inciteraient la Banque centrale européenne à faire preuve de patience, les taux directeurs devant rester à leurs niveaux actuels, car le Conseil des gouverneurs devrait trouver un équilibre entre le ralentissement de l'activité économique et la hausse des pressions inflationnistes », juge pour sa part Barclays.
En conclusion, le bond du pétrole et les risques de stagflation inquiètent les marchés financiers et les banques centrales. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de cette crise économique.
