Présenté depuis des années comme un allié naturel pour le foie, le curcuma, notamment sous forme de compléments alimentaires, suscite désormais l’inquiétude des autorités sanitaires. Comme le rapporte Top Santé, ce produit, souvent associé à des vertus « détox », a déjà provoqué des cas d’hépatites aiguës en France, en Italie et aux États-Unis. Une situation qui interroge sur les effets réels de ces suppléments, parfois consommés sans encadrement médical.

Ce qu'il faut retenir

  • Le curcuma en complément alimentaire a été associé à des cas d’hépatites aiguës en France, Italie et aux États-Unis, selon Top Santé.
  • Ces hépatites ont été déclenchées malgré les propriétés supposées de protection du foie attribuées au curcuma.
  • Les compléments à base de curcuma sont souvent commercialisés comme des produits « détox » ou « nettoyants » pour l’organisme.
  • Les autorités sanitaires recommandent la prudence, notamment en cas de consommation prolongée ou à haute dose.

Un produit aux vertus contestées, mais aux risques avérés

Longtemps plébiscité pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, le curcuma, et plus précisément sa molécule active, la curcumine, est aujourd’hui au cœur d’une polémique sanitaire. Top Santé souligne que des cas d’hépatites aiguës ont été documentés après sa consommation sous forme de compléments. En France, en Italie et aux États-Unis, plusieurs patients ont développé des symptômes graves, nécessitant une prise en charge médicale urgente. « Ces cas montrent que ce qui est présenté comme un produit naturel peut, dans certaines conditions, avoir des effets délétères », a déclaré un expert en pharmacologie cité par la revue.

Les compléments à base de curcuma sont souvent commercialisés avec des allégations marketing fortes, comme « détox foie » ou « purification de l’organisme ». Pourtant, leur consommation régulière et à haute dose pourrait, à l’inverse, endommager le foie. Les mécanismes en jeu restent encore partiellement incompris, mais les experts évoquent une possible toxicité hépatique en cas de surdosage ou d’interactions médicamenteuses. « On observe une augmentation des signalements d’effets indésirables depuis cinq ans, ce qui n’est pas anodin », précise un médecin hépatologue interrogé par Top Santé.

Des hépatites aiguës documentées dans plusieurs pays

Les premiers signalements d’hépatites liées au curcuma remontent à plusieurs années. En 2021, les autorités sanitaires françaises avaient déjà émis une alerte après la réception de plusieurs cas. En Italie, des études menées par des centres hospitaliers ont confirmé le lien entre la consommation de compléments à base de curcuma et l’apparition de lésions hépatiques. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a également enregistré des cas similaires, poussant certains États à renforcer leurs contrôles sur la commercialisation de ces produits.

Les symptômes rapportés incluent des douleurs abdominales, des nausées, une fatigue intense et, dans les cas les plus graves, une jaunisse. « Ces manifestations sont typiques d’une hépatite aiguë et doivent alerter immédiatement », explique un gastro-entérologue. Les patients concernés présentaient souvent un profil de consommateurs réguliers, parfois sur plusieurs mois, ce qui suggère que le risque augmente avec la durée et la quantité ingérée.

Une méconnaissance des risques par les consommateurs

Malgré ces alertes, la consommation de compléments alimentaires à base de curcuma reste très répandue. Selon une enquête menée par Top Santé, près de 20 % des Français déclarent en avoir déjà consommé au moins une fois, souvent sur les conseils de proches ou via des influenceurs. « Il y a une méfiance généralisée envers les médicaments chimiques, mais une confiance aveugle dans les produits naturels, même lorsqu’ils ne sont pas encadrés par des études approfondies », note un sociologue spécialiste des comportements de santé.

Les autorités sanitaires rappellent que, comme tout complément alimentaire, ceux à base de curcuma ne sont pas soumis aux mêmes exigences strictes que les médicaments. « Leur innocuité n’est pas garantie à 100 %, et leur efficacité n’est pas toujours prouvée scientifiquement », souligne un porte-parole de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES). Les professionnels de santé recommandent donc une consommation mesurée et, surtout, un avis médical en cas de doute ou de symptômes évocateurs.

Et maintenant ?

Face à l’augmentation des signalements, les autorités sanitaires pourraient renforcer les contrôles sur la commercialisation des compléments à base de curcuma. Une révision des allégations autorisées est envisagée, notamment pour limiter les mentions trompeuses comme « détox foie ». Par ailleurs, des campagnes d’information ciblées devraient être lancées pour sensibiliser les consommateurs aux risques potentiels. Une réunion est prévue en juin 2026 avec les représentants des industries pharmaceutique et agroalimentaire pour discuter des mesures à adopter.

En attendant, les experts appellent à la prudence. « Tant que les données scientifiques ne seront pas plus robustes, il est préférable de privilégier une alimentation équilibrée plutôt que des compléments », conclut un nutritionniste.

Les principaux symptômes incluent une fatigue intense, des douleurs abdominales, des nausées, une perte d’appétit et, dans les cas avancés, une jaunisse (coloration jaune de la peau et des yeux). Dès l’apparition de ces signes, il est recommandé de consulter un médecin sans délai.