Depuis plusieurs semaines, les estimations du nombre de foyers fortunés qui échappent à l'impôt ont été revues à la hausse. D'après nos confrères de BFM Business, l'ancien ministre de l'Économie, Eric Lombard, a estimé ce vendredi à 50 000 le nombre de foyers fortunés parvenant à échapper à l'impôt.

Ce chiffre est significativement plus élevé que les 13 000 foyers fortunés découverts dans une note du Sénat la semaine dernière. Selon Eric Lombard, cette « suroptimisation fiscale » découle sur « un problème d'équité fiscale ». Il a expliqué que « dès lors qu'il y a 13 000 personnes, uniquement sur la base de l'impôt sur la fortune immobilière, qui ne paient pas d'impôt sur le revenu, on peut considérer que sur la base de l'ensemble du patrimoine (...) il y a, j'estime, autour de 50 000 ménages probablement, si on fait un calcul statistique rapide, qui ont un revenu fiscal de référence modeste par rapport à leur patrimoine financier ».

Ce qu'il faut retenir

  • Eric Lombard estime à 50 000 le nombre de foyers fortunés échappant à l'impôt.
  • Ce chiffre est plus élevé que les 13 000 foyers fortunés découverts dans une note du Sénat la semaine dernière.
  • La « suroptimisation fiscale » découle sur « un problème d'équité fiscale ».

Le contexte

Le sujet de l'évasion fiscale est plus large que l'impôt sur le revenu, a développé Eric Lombard. « Le problème d'équité fiscale se pose pour les personnes ayant un revenu fiscal de référence qui est extrêmement faible comparé à leur patrimoine financier ».

Il a également déploré que le fisc n'ait connaissance que d'une partie du patrimoine des contribuables. Conformément à la loi française, « il n'y a pas de déclaration des patrimoines financiers », a-t-il fait remarquer. Le haut fonctionnaire a notamment regretté le manque de données et le placement des revenus dans des holdings, pour ne déclarer que le patrimoine immobilier, et non le financier.

Les conséquences

La cour des comptes déplorait également fin 2025 la « difficulté à chiffre » la fraude fiscale, « mal connue », en France. Elle préconisait d'ailleurs de définir « une stratégie de programmation » pour la combattre, en s'appuyant sur « du croisement de données en masse ».

En 2024, l'organisme avait comptabilisé 20 milliards d'euros de « droits rappelés et pénalités » liées à la fraude, constatant que « la fraude fiscale n’est ni plus fréquemment, ni plus durement sanctionnée qu’il y a dix ans ».

Et maintenant ?

Il est difficile de prévoir les prochaines étapes, mais il est clair que les autorités devraient prendre des mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et améliorer la transparence des patrimoines financiers. Une stratégie de programmation pour combattre la fraude fiscale pourrait être mise en place, comme le préconise la cour des comptes.

En conclusion, le nombre de foyers fortunés échappant à l'impôt a été revu à la hausse, et les autorités devraient prendre des mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et améliorer la transparence des patrimoines financiers.