Le Plan épargne retraite (PER) a franchi un nouveau cap symbolique à la fin de l’année 2025. Avec un encours total de 150,4 milliards d’euros, ce dispositif d’épargne retraite a atteint un record historique au 31 décembre 2025, selon les chiffres communiqués ce dimanche 17 mai par le ministère de l’Économie. Ce seuil illustre la dynamique de croissance persistante de ce produit, lancé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte. 12,9 millions de titulaires détiennent désormais un PER, un chiffre qui confirme son ancrage dans le paysage de l’épargne française.
Ce qu'il faut retenir
- 150,4 milliards d’euros d’encours pour le PER fin 2025, un record historique.
- Plus de 12,9 millions de titulaires, soit une progression continue depuis son lancement en 2019.
- Les versements ont augmenté de 16 % en 2025, atteignant 20,2 milliards d’euros.
- Les PER individuels représentent 88,5 milliards d’euros d’encours (+21 %), tandis que les PER collectifs et obligatoires s’élèvent respectivement à 33,86 milliards et 28,04 milliards.
- Plus de 60 % des actifs du PER financent directement les entreprises, dont plus de 5 milliards en actifs non cotés.
Une croissance soutenue par les versements et la diversification des supports
Selon BFM Business, la hausse des versements de 16 % en 2025 a joué un rôle clé dans cette progression. Les particuliers et les entreprises ont massivement contribué à cet essor, avec des dépôts atteignant 20,2 milliards d’euros l’an dernier. Cette tendance s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de séduction du produit, comme l’avait souligné en janvier la fédération professionnelle France Assureurs. Le PER séduit autant pour son avantage fiscal que pour sa flexibilité, permettant aux épargnants de choisir entre un versement en capital ou une rente à la retraite.
La gestion des PER reste majoritairement déléguée aux assureurs, avec une stratégie d’investissement adaptée à l’âge des souscripteurs. Avant 40 ans, les versements sont presque intégralement investis en unités de compte (UC), des placements plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs sur le long terme. Cette approche vise à maximiser les rendements pour les jeunes épargnants, tout en ajustant progressivement le niveau de risque à l’approche de la retraite.
Un rôle clé dans le financement de l’économie réelle
Le PER ne se contente pas de répondre à un besoin d’épargne individuelle. Selon le ministère de l’Économie, plus de 60 % des actifs placés dans ce dispositif financent directement les entreprises. Ce chiffre inclut notamment des investissements en actifs non cotés, dépassant les 5 milliards d’euros. Cette contribution au financement de l’économie réelle est présentée comme une « contribution décisive » par Bercy, qui rappelle que le PER s’inscrit dans une logique de soutien à la croissance et à l’emploi. « Ce produit d’épargne apporte une contribution décisive au développement des entreprises », indique le communiqué officiel.
Les PER collectifs, souscrits dans le cadre professionnel, et les PER obligatoires, souvent mis en place par les entreprises pour leurs salariés, jouent également un rôle significatif. En 2025, leurs encours ont progressé respectivement de 22 % et 13 %, reflétant une adoption croissante par les acteurs économiques. Ces dispositifs permettent aux entreprises de proposer à leurs salariés un outil d’épargne complémentaire, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux.
Un produit en constante évolution depuis son lancement
Né en 2019 avec la loi Pacte, le PER a rapidement trouvé sa place parmi les solutions d’épargne retraite en France. Son succès s’explique par sa simplicité, son accessibilité et ses avantages fiscaux, notamment la possibilité de déduire les versements des revenus imposables sous certaines conditions. Depuis son lancement, le produit a connu une croissance régulière, portée par l’engouement des épargnants pour les solutions de long terme et la recherche de rendements attractifs.
La progression de 20 % des encours en 2025 confirme cette tendance, avec une répartition équilibrée entre les différents types de PER. Les PER individuels, les plus répandus, représentent 88,5 milliards d’euros, soit une hausse de 21 % en un an. Les PER collectifs et obligatoires, bien que moins volumineux, affichent également des croissances significatives, témoignant de leur intégration progressive dans les stratégies d’épargne salariale.
Reste à voir si cette dynamique se maintiendra dans un contexte économique marqué par des incertitudes sur les taux d’intérêt et les perspectives de croissance. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de ces facteurs sur la collecte des PER et l’attractivité du dispositif auprès des épargnants.
Le principal avantage fiscal du PER réside dans la possibilité de déduire les versements des revenus imposables, dans la limite d’un plafond annuel. Ce mécanisme permet de réduire l’impôt sur le revenu, tout en constituant une épargne pour la retraite. Les sommes placées sont exonérées d’impôt sur le revenu jusqu’à leur sortie, moment auquel elles sont imposées.
Les retraits anticipés du PER sont possibles dans des cas exceptionnels, comme l’achat d’une résidence principale, une invalidité, ou un licenciement. Dans ces situations, les sommes retirées restent exonérées d’impôt sur le revenu, sous réserve de respecter les conditions légales. En dehors de ces cas, le déblocage anticipé est soumis à une fiscalité spécifique.