Chaque semaine, l’émission CAP PME L’Hebdo diffusée sur BFM Business donne la parole à des acteurs clés de l’économie réelle pour décrypter les enjeux concrets des petites et moyennes entreprises (PME). Dans son édition du 17 mai 2026, le programme s’est concentré sur la transmission des PME, un processus souvent complexe qui représente un défi de taille pour le tissu entrepreneurial français. Autour du journaliste Julien Gagliardi, trois experts ont échangé sur leurs expériences et proposé des solutions pour faciliter cette transition, selon BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Frédéric Bonan, fondateur de I-Deal Development, a partagé son analyse des freins à la transmission des PME en France.
- Marie-Hélène Baudoux, présidente de Watts, a illustré les défis rencontrés par les entreprises familiales lors de cette étape.
- Maxime Finaz, président de Bloomup, a mis en avant les solutions innovantes pour accompagner les repreneurs.
- L’émission souligne que 25 % des PME françaises devront être transmises d’ici 2030, un chiffre qui souligne l’urgence de la situation.
- Les intervenants ont insisté sur la nécessité de préparer cette transition en amont, souvent trop tardive pour les dirigeants.
Un enjeu économique et social pour les PME
La transmission d’une PME n’est pas seulement une question de gestion ou de succession, mais un véritable levier économique. Selon les données présentées lors de l’émission, près de 700 000 PME françaises sont concernées par ce processus d’ici la fin de la décennie. Or, moins de 50 % des transmissions aboutissent avec succès, un taux qui reflète les difficultés structurelles du système. Frédéric Bonan, fondateur de I-Deal Development, a rappelé que « la plupart des dirigeants sous-estiment le temps et les ressources nécessaires pour préparer leur transmission ». Un constat partagé par Marie-Hélène Baudoux, qui a évoqué les « blocages émotionnels et financiers » qui pèsent sur les entreprises familiales.
Le contexte actuel, marqué par des tensions sur les coûts de production et une concurrence accrue, ajoute une pression supplémentaire. Maxime Finaz a souligné que « les repreneurs doivent aujourd’hui faire face à des critères d’évaluation plus stricts », notamment en matière de rentabilité et de durabilité. Autant dire que la transmission n’est plus un simple passage de témoin, mais un parcours semé d’embûches où chaque détail compte.
Les obstacles identifiés par les experts
Parmi les principaux freins à une transmission réussie, les intervenants ont pointé du doigt plusieurs éléments récurrents. D’abord, le manque de préparation des dirigeants. Beaucoup attendent d’être en situation de crise ou de retraite pour entamer les démarches, alors qu’un accompagnement en amont est essentiel. « On ne transmet pas une entreprise du jour au lendemain », a rappelé Frédéric Bonan. « Il faut anticiper les aspects juridiques, fiscaux et humains au moins cinq ans avant le départ. »
Ensuite, la difficulté à évaluer correctement l’entreprise. Les méthodes traditionnelles, souvent basées sur des multiples de chiffre d’affaires, ne reflètent plus la réalité des marchés actuels. Marie-Hélène Baudoux a insisté sur la nécessité d’intégrer des critères comme l’innovation ou la résilience économique dans les évaluations. Enfin, le marché des repreneurs reste restreint. Maxime Finaz a noté que « les profils qualifiés manquent cruellement », notamment dans les secteurs en mutation rapide comme la tech ou l’énergie verte.
Des solutions concrètes pour faciliter la transition
Face à ces défis, les experts ont proposé plusieurs pistes pour fluidifier le processus. D’abord, renforcer l’accompagnement des dirigeants. Des dispositifs comme les plateformes de mentorat ou les programmes publics de formation pourraient jouer un rôle clé. Frédéric Bonan a cité l’exemple de I-Deal Development, qui propose des audits personnalisés pour aider les entreprises à se préparer. « L’idée est de transformer la transmission en opportunité stratégique », a-t-il déclaré.
Ensuite, simplifier les aspects fiscaux et administratifs. Les intervenants ont souligné que les lourdeurs bureaucratiques découragent souvent les repreneurs. Marie-Hélène Baudoux a plaidé pour une réforme des dispositifs d’exonération, « pour rendre la transmission plus attractive ». Enfin, développer des outils financiers innovants, comme les fonds dédiés à la reprise d’entreprises, pourrait élargir l’accès au capital pour les repreneurs. Maxime Finaz a évoqué le rôle des banques et des investisseurs privés dans ce domaine, « à condition de mieux évaluer les risques ».
Un modèle à reproduire ? L’exemple des transmissions réussies
Pour illustrer leurs propos, les intervenants ont cité plusieurs cas concrets de transmissions abouties. Marie-Hélène Baudoux a pris l’exemple de Watts, une entreprise familiale spécialisée dans les énergies renouvelables. « Nous avons commencé à préparer la transmission dès 2018 », a-t-elle expliqué. « Cela nous a permis de former le repreneur, de sécuriser les emplois et de garantir la pérennité de l’activité. » Un modèle qui montre que, avec une bonne préparation, la transmission peut être un succès.
De son côté, Maxime Finaz a mis en avant Bloomup, une structure qui accompagne les repreneurs dans leur recherche de financement. « Nous avons aidé plus de 200 entreprises à trouver des repreneurs en trois ans », a-t-il indiqué. Ces initiatives prouvent que des solutions existent, à condition d’investir dans l’accompagnement et l’innovation.
Pour écouter l’émission dans son intégralité, rendez-vous sur le site de BFM Business ou sur les plateformes de podcast. Les prochains épisodes de CAP PME L’Hebdo aborderont d’autres thèmes majeurs pour les entrepreneurs, comme l’agilité des entreprises ou la gestion des crises.
Selon les experts de CAP PME L’Hebdo, les échecs s’expliquent principalement par un manque de préparation en amont (moins de 5 ans avant la transmission), une évaluation insuffisante de l’entreprise, des blocages émotionnels chez les dirigeants et un marché des repreneurs trop restreint. Frédéric Bonan a notamment souligné que « la plupart des dirigeants attendent d’être en situation de crise ou de retraite pour entamer les démarches ».
Les secteurs les plus touchés sont ceux où la transmission est rendue plus complexe par des spécificités techniques ou des enjeux de formation. Marie-Hélène Baudoux a cité les entreprises familiales dans les domaines de l’industrie, de l’artisanat et des énergies renouvelables comme particulièrement concernées. « Ces secteurs nécessitent souvent une transmission sur plusieurs années, avec une phase de formation indispensable pour le repreneur », a-t-elle précisé.