En France, la consommation moyenne de fibres alimentaires reste très en dessous des apports recommandés par les autorités sanitaires. Seuls 20 % des adultes atteignent les 30 grammes quotidiens préconisés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), selon Libération. Face à ce constat, plusieurs industriels commencent à enrichir des produits du quotidien – sodas, chips, biscuits – en fibres, en mettant en avant leurs vertus pour la santé digestive.
Ce qu'il faut retenir
- En France, 80 % des adultes ne consomment pas assez de fibres, avec une moyenne de 20 g/jour au lieu des 30 g recommandés par l’Anses.
- Plusieurs marques lancent des produits transformés « enrichis en fibres » (sodas, chips, biscuits) pour répondre à une demande croissante de bien-être digestif.
- L’enrichissement en fibres vise à compenser les carences alimentaires tout en capitalisant sur une tendance « santé » déjà exploitée avec les protéines.
- Les industriels misent sur des allégations nutritionnelles pour séduire les consommateurs, malgré l’absence de normes strictes encadrant ces pratiques.
Un marché en quête de nouveaux leviers de croissance
Après avoir surfé sur la vague des produits riches en protéines, l’industrie alimentaire explore désormais un autre créneau porteur : celui des fibres. Selon Libération, des géants comme Coca-Cola ou Pepsi ont déjà testé des sodas enrichis, tandis que des marques de snacks proposent des chips « high fiber ». L’objectif affiché est de répondre à une préoccupation majeure des Français : 65 % d’entre eux déclarent souffrir de troubles digestifs au moins une fois par mois, d’après une étude de l’Institut national de la consommation (INC) relayée par le quotidien.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’impact de leur alimentation sur leur santé. « Les fibres sont devenues un argument commercial aussi puissant que les protéines il y a quelques années », explique une analyste du secteur agroalimentaire citée par Libération. Pour autant, les bénéfices réels de ces produits transformés restent à prouver, certains nutritionnistes mettant en garde contre les risques d’un excès de fibres dans l’alimentation.
Des allégations santé floues et peu régulées
Si l’enrichissement en fibres séduit les industriels, il pose question sur le plan réglementaire. La réglementation européenne autorise les allégations nutritionnelles comme « riche en fibres » ou « source de fibres », mais ne fixe pas de seuil maximal pour ces ajouts. Résultat : des produits ultra-transformés peuvent arborer ces mentions, alors que leur composition globale reste déséquilibrée.
« On observe une multiplication de produits dont l’enrichissement en fibres sert surtout à justifier un prix plus élevé, sans réelle amélioration nutritionnelle », déplore un représentant de l’association Foodwatch. Pour l’heure, aucune étude indépendante n’a évalué l’impact à long terme de ces fibres ajoutées sur la santé. « Le consommateur est en droit de se demander si une chips enrichie en fibres reste un aliment sain », souligne-t-on du côté de Libération.
Une tendance qui reflète les carences de l’alimentation moderne
Le recours aux fibres ajoutées dans les produits transformés illustre un paradoxe de l’alimentation contemporaine : malgré une offre alimentaire abondante, les carences persistent. Les Français consomment en moyenne moins de 20 grammes de fibres par jour, alors que les recommandations de l’Anses s’élèvent à 30 grammes. Les causes sont multiples : baisse de la consommation de fruits et légumes frais, recours croissant aux produits raffinés, ou encore manque de temps pour cuisiner des plats riches en fibres.
Face à ce constat, les pouvoirs publics tentent de sensibiliser la population. Depuis 2023, l’Anses a lancé une campagne pour promouvoir les aliments riches en fibres naturels – légumineuses, céréales complètes, fruits secs – plutôt que les versions industrielles. « Mieux vaut privilégier une alimentation variée que de compter sur des ajouts artificiels », recommande un expert en nutrition interrogé par le quotidien. Pourtant, le marché des produits enrichis continue de croître, porté par une demande de solutions « clés en main » pour une meilleure santé.
Dans un marché où la santé est devenue un argument marketing dominant, la course aux fibres pourrait bien s’intensifier. Reste à savoir si cette approche suffira à combler le fossé entre les apports recommandés et la réalité de l’assiette des Français.
Les nutritionnistes alertent sur d’éventuels troubles digestifs (ballonnements, diarrhées) en cas de surdosage. Par ailleurs, certains produits enrichis en fibres peuvent contenir des additifs ou des sucres cachés, ce qui en limite l’intérêt nutritionnel global.