Comme le rapporte BFM Business, la production de fraises en France enregistre cette année une performance remarquable, souvent qualifiée de « petit miracle » par les professionnels du secteur. Une situation qui contraste avec les difficultés rencontrées ces dernières années, marquées par des aléas météorologiques et des coûts de production en hausse.

Ce qu'il faut retenir

  • La production française de fraises a atteint 70 000 tonnes pour la saison 2026, en hausse de 8 % par rapport à 2025, selon BFM Business.
  • Les régions Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nouvelle-Aquitaine concentrent 65 % de la production nationale.
  • Les exportations vers l’Europe ont progressé de 12 %, avec un chiffre d'affaires estimé à 250 millions d'euros.
  • Les prix de vente moyens se maintiennent à 3,20 €/kg, malgré une légère baisse en début de saison due à l'abondance de l'offre.
  • Les producteurs misent sur l'innovation variétale et les techniques culturales pour limiter l'impact des aléas climatiques.

Une récolte en hausse malgré des conditions météo difficiles

Contrairement aux deux dernières années marquées par des gelées tardives et des canicules précoces, la saison 2026 bénéficie d’un printemps clément et d’un ensoleillement régulier. « Les rendements sont supérieurs de 15 % à la moyenne quinquennale », a indiqué Jean-Marc Rodier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, à BFM Business. Cette performance s’explique aussi par l’adoption de nouvelles variétés plus résistantes, comme la Charlotte®, qui représente désormais 30 % des surfaces cultivées.

Les producteurs des Pays de la Loire et de Provence, deux bastions historiques de la fraise française, ont particulièrement profité de ces conditions favorables. À Serris (Seine-et-Marne), un producteur local a même battu son record avec une parcelle de 1,2 tonne par hectare, un niveau rarement atteint en plein champ.

Des exportations en progression, mais des défis persistent

L’excédent de production a permis aux fraises françaises de renforcer leur position sur les marchés européens. L’Allemagne, premier client avec 35 % des exportations, a absorbé 28 000 tonnes depuis le début de la saison. Les Pays-Bas et la Belgique suivent, avec des commandes en hausse de 18 % et 15 % respectivement. « Notre avantage concurrentiel réside dans la fraîcheur et la traçabilité de nos produits », a souligné Sophie Lambert, directrice de Fraises de France, un organisme interprofessionnel. Pour autant, les professionnels restent prudents. « Les coûts des intrants, notamment des engrais et de l’énergie, pèsent sur les marges », a rappelé Lambert. Le prix des engrais azotés a augmenté de 22 % en un an, et l’électricité reste un poste de dépense majeur pour les serres chauffées. Autre point de vigilance : la concurrence espagnole, dont les fraises, moins chères, inondent le marché européen en début de saison.

Innovation et durabilité au cœur des stratégies

Face à ces enjeux, les producteurs français misent sur deux leviers : l’innovation et la durabilité. Plusieurs exploitations ont adopté des systèmes de récupération d’eau de pluie et des serres photovoltaïques, réduisant leur empreinte carbone de 30 %. À Périgueux (Dordogne), une coopérative teste même des drones pour optimiser l’irrigation et limiter le gaspillage. Côté variétés, les recherches se concentrent sur des plants plus résistants aux maladies et aux stress hydriques. « D’ici 2028, nous visons une réduction de 50 % des traitements phytosanitaires », a indiqué Rodier. Une ambition qui s’inscrit dans le cadre du plan « Fraises 2030 », soutenu par le ministère de l’Agriculture.

Et maintenant ?

Les acteurs du secteur tablent sur une saison 2026-2027 stable, avec une production maintenue autour de 70 000 tonnes. Cependant, tout dépendra des conditions météorologiques des prochains mois, notamment pendant la récolte d’automne. Les négociations commerciales avec les distributeurs, prévues pour septembre, pourraient aussi influencer les prix de vente. Enfin, la Commission européenne doit rendre sa décision sur le renouvellement des aides à l’exportation pour les fruits et légumes, un dossier suivi de près par les producteurs français.

Dans un contexte où la souveraineté alimentaire devient un enjeu stratégique, la performance des fraises françaises pourrait bien servir d’exemple pour d’autres filières horticoles.

La hausse s’explique principalement par des conditions climatiques favorables (printemps clément, ensoleillement régulier) et l’adoption de nouvelles variétés plus résistantes, comme la Charlotte®, qui représente désormais 30 % des surfaces cultivées.

Les coûts des intrants (engrais, énergie) pèsent sur les marges, et la concurrence espagnole, dont les prix sont plus bas, reste un concurrent majeur sur le marché européen. Les producteurs doivent aussi réduire leur empreinte carbone tout en maintenant des rendements élevés.