Chaque année, des millions de Français pleurent en épluchant des oignons, sans pour autant souffrir d’une émotion particulière. Ce phénomène, à la fois banal et systématique, s’explique par une réaction chimique bien précise. Franceinfo - Sciences revient sur les mécanismes en jeu et les astuces pour limiter ces larmes.
Ce qu'il faut retenir
- L’épluchage des oignons libère des composés soufrés volatils, responsables des larmes.
- Ces molécules activent les nerfs sensoriels de la cornée, déclenchant une réaction réflexe de larmoiement.
- La température et la ventilation de la pièce influencent l’intensité des pleurs.
- Certaines variétés d’oignons, comme les oignons rouges, sont moins irritants que les blancs.
- Couper les oignons sous l’eau ou au réfrigérateur réduit la dispersion des composés irritants.
Une réaction chimique aux conséquences immédiates
Quand on coupe un oignon, ses cellules libèrent des molécules appelées composés soufrés. Parmi elles, l’acide sulfinique et ses dérivés s’échappent dans l’air sous forme gazeuse. Une fois inhalés, ces gaz atteignent les nerfs sensoriels de la cornée, cette fine membrane protectrice de l’œil. Franceinfo - Sciences explique que cette irritation active alors une réponse réflexe du corps : la production de larmes, destinée à éliminer l’agent irritant.
Ce mécanisme, bien que désagréable, est un réflexe de protection naturel. Les larmes jouent un rôle de nettoyage, évitant ainsi d’endommager la surface de l’œil. «
Les larmes sont une réaction de défense immédiate, comparable à une brûlure légère», précise un expert en biologie végétale cité par Franceinfo - Sciences.
Pourquoi certaines personnes réagissent-elles plus que d’autres ?
Tous les individus ne pleurent pas avec la même intensité face aux oignons. Plusieurs facteurs entrent en jeu. D’abord, la sensibilité personnelle des nerfs cornéens varie d’une personne à l’autre. Ensuite, la quantité de composés soufrés libérés dépend de la variété de l’oignon : les oignons blancs en contiennent généralement plus que les rouges ou les jaunes. Enfin, le mode de conservation joue aussi un rôle. Franceinfo - Sciences souligne qu’un oignon conservé au réfrigérateur (entre 4 et 10°C) libère moins de gaz irritants qu’un oignon conservé à température ambiante.
Une autre variable concerne l’environnement de travail. Dans une pièce confinée, les gaz s’accumulent, aggravant la sensation d’irritation. À l’inverse, une bonne ventilation ou l’utilisation d’un ventilateur permet de disperser ces molécules plus rapidement, limitant ainsi les larmes.
Les astuces des chefs pour éviter de pleurer
Pour ceux qui souhaitent éplucher leurs oignons sans verser une larme, plusieurs techniques sont recommandées. La plus courante consiste à couper l’oignon sous un filet d’eau froide. L’eau capte les composés soufrés avant qu’ils n’atteignent les yeux, réduisant ainsi l’irritation. Une autre méthode, moins connue, consiste à placer l’oignon au congélateur pendant 20 minutes avant de le couper. Le froid ralentit la libération des gaz irritants.
Certains chefs utilisent également un couteau bien aiguisé. Un instrument tranchant limite l’écrasement des cellules de l’oignon, qui libère alors moins de composés volatils. Enfin, des lunettes de protection ou des masques peuvent être portés pour créer une barrière physique entre les yeux et les gaz. Ces solutions, bien que pratiques, ne suppriment pas totalement le phénomène, mais le rendent bien plus supportable.
Reste à savoir si ces innovations parviendront un jour à remplacer les techniques actuelles. En attendant, les cuisiniers amateurs et professionnels continueront de chercher le meilleur moyen d’éplucher leur oignon sans pleurer.