Selon RFI, le Groupement d’Administration pour l’Encadrement des Entreprises (Gaesa) est aujourd’hui au cœur des tensions entre La Havane et Washington. Ce conglomérat, créé pour capter les devises étrangères, contrôlerait entre 40 % et 70 % de l’économie cubaine, selon les estimations disponibles. Autant dire que son influence dépasse largement le cadre strictement militaire ou sécuritaire pour s’étendre à des secteurs clés comme le tourisme, les télécommunications ou encore la distribution alimentaire.
Ce qu'il faut retenir
- Gaesa, créé dans les années 1990, capte les devises étrangères à Cuba et domine entre 40 % et 70 % de l’économie locale.
- Ce conglomérat est aujourd’hui au centre des critiques américaines contre le régime de La Havane.
- Ses activités s’étendent à des secteurs stratégiques comme le tourisme, les télécommunications et la distribution.
- Washington accuse Gaesa de profiter de l’embargo américain pour renforcer son contrôle économique.
Une structure économique née dans l’urgence des années 1990
Gaesa a été fondé dans les années 1990, une période marquée par la chute de l’URSS et la crise économique qui a frappé Cuba. Alors que le pays perdait son principal partenaire commercial, le conglomérat a été créé pour capter les devises étrangères, souvent issues des envois de fonds des Cubains de l’étranger ou du tourisme. Selon RFI, cette structure a progressivement étendu son emprise sur l’économie locale, devenant un acteur incontournable dans des secteurs variés. Ses origines militaires, liées aux forces armées cubaines, ont longtemps nourri des suspicions sur ses méthodes de gestion et ses objectifs réels.
Un empire économique aux ramifications multiples
D’après les informations rapportées par RFI, Gaesa contrôle aujourd’hui des entreprises dans des domaines aussi divers que l’hôtellerie, les mines, les télécommunications ou encore la production alimentaire. Ce modèle économique, souvent qualifié de « capitalisme d’État », permet à l’armée cubaine de générer des revenus indépendamment du budget national. Bref, Gaesa fonctionne comme une machine économique autonome, dont les profits alimentent à la fois les caisses de l’État et les activités des forces armées. Cette autonomie financière est d’autant plus critiquée qu’elle limite la transparence et rend difficile toute évaluation précise de ses activités.
Washington cible Gaesa dans sa stratégie de pression contre La Havane
Les États-Unis ont récemment durci leur ton à l’égard de Gaesa, accusant ce conglomérat de profiter des failles du système cubain pour renforcer le contrôle du régime. Comme le rapporte RFI, l’administration américaine considère que Gaesa joue un rôle central dans la survie économique du gouvernement cubain, malgré les sanctions internationales. Plusieurs responsables politiques à Washington ont appelé à des mesures ciblées contre ce conglomérat, estimant que des sanctions contre ses dirigeants ou ses filiales pourraient affaiblir le régime. En 2025 déjà, des sanctions avaient été prises contre certaines entités liées à Gaesa, mais leur efficacité reste limitée face à la résilience de cette structure.
« Gaesa est devenu le bras économique de l’armée cubaine, un acteur qui défie toute logique de marché et de transparence. »
Un analyste économique spécialiste de l’Amérique latine
Un modèle économique controversé, entre résistance et dépendance
Le modèle de Gaesa repose sur une logique de « substitution des importations » et de contrôle des secteurs stratégiques, une stratégie adoptée par Cuba pour résister aux pressions extérieures. Pourtant, cette approche a aussi ses limites : dépendance aux revenus touristiques, inefficacité dans certains secteurs, et corruption endémique. Selon RFI, certains observateurs estiment que Gaesa, malgré son poids économique, ne parvient pas à résoudre les problèmes structurels de l’île, comme la pénurie de denrées de base ou la faible productivité agricole. Autant dire que son rôle est autant un atout pour le régime qu’un boulet économique à long terme.
En attendant, Gaesa reste un symbole des contradictions économiques de Cuba : un conglomérat puissant, mais dont l’opacité alimente les critiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Washington accuse Gaesa d’être un outil du régime cubain pour contourner les sanctions internationales et financer ses activités. Le conglomérat, contrôlé par l’armée, générerait des revenus essentiels pour la survie du gouvernement, d’où l’intérêt des États-Unis à le sanctionner.