La flambée des cours des moteurs d’avion ces dernières années en fait aujourd’hui l’un des actifs les plus convoités du secteur aéronautique. Selon BFM Business, leur valeur s’est appréciée à un rythme soutenu, au point de valoir désormais « de l’or » pour les compagnies aériennes et les investisseurs. Cette tendance reflète une demande accrue, couplée à une offre limitée et à des coûts de production en hausse.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où la maintenance des appareils devient un enjeu stratégique, notamment avec le vieillissement des flottes et les contraintes environnementales croissantes. Autant dire que ce marché, autrefois considéré comme secondaire, est devenu un pilier de la rentabilité pour les acteurs du secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • Les moteurs d’avion représentent désormais un actif de haute valeur, comparables à des métaux précieux sur le marché.
  • Leur demande est tirée par la hausse des coûts de maintenance et le renouvellement des flottes.
  • Les compagnies aériennes et les investisseurs y voient une opportunité d’investissement à long terme.
  • Les fabricants de moteurs, comme GE Aviation, Rolls-Royce ou Safran, bénéficient de cette dynamique.

Une demande portée par la maintenance et les nouvelles réglementations

La hausse de la valeur des moteurs s’explique en grande partie par l’augmentation des coûts de maintenance. Selon des analystes du secteur, ces coûts ont progressé de 15 % en moyenne annuelle depuis 2020, en raison de la complexité croissante des appareils et des normes environnementales plus strictes. Les compagnies doivent désormais investir massivement pour maintenir leurs avions en état de vol, ce qui renchérit la valeur des composants critiques comme les moteurs.

Par ailleurs, les nouvelles réglementations européennes et américaines imposant des seuils d’émissions de CO₂ plus bas poussent les compagnies à moderniser leurs flottes. Résultat : la demande en moteurs neufs ou reconditionnés reste soutenue, malgré des délais de livraison parfois longs pour les nouveaux modèles.

Les fabricants de moteurs, grands bénéficiaires de cette tendance

Les principaux acteurs du marché, comme GE Aviation (États-Unis), Rolls-Royce (Royaume-Uni) ou Safran (France), voient leurs carnets de commandes se remplir à un rythme soutenu. Safran Aircraft Engines, par exemple, a enregistré une hausse de 20 % de ses commandes en 2025, selon des données publiées en début d’année. Ces entreprises profitent également de la hausse des prix des pièces détachées, dont les moteurs constituent une part prépondérante.

Un responsable du groupe français a indiqué : «

Les moteurs représentent aujourd’hui jusqu’à 40 % de la valeur d’un avion. Leur revente ou leur location devient une activité à part entière, presque aussi lucrative que la vente d’appareils neufs.
» Cette stratégie permet aux compagnies de dégager des liquidités tout en maintenant leurs flottes opérationnelles.

Un marché de l’occasion en pleine expansion

Face à ces enjeux, un marché secondaire des moteurs d’occasion s’est développé, attirant aussi bien les compagnies low-cost que les investisseurs spécialisés. Selon des estimations publiées par IBA Group, un cabinet d’analyse aéronautique, le volume des transactions de moteurs d’occasion a progressé de 35 % entre 2023 et 2025. Ces échanges concernent aussi bien des moteurs reconditionnés que des appareils en fin de vie, démantelés pour récupérer leurs pièces détachées.

Ce marché parallèle permet aux petites compagnies de réduire leurs coûts d’exploitation, tout en offrant aux investisseurs des opportunités de rendement élevé. Cependant, il soulève aussi des questions sur la traçabilité des composants et leur conformité aux normes de sécurité.

Et maintenant ?

Plusieurs facteurs pourraient influencer l’évolution de ce marché dans les mois à venir. D’une part, la demande en avions neufs, notamment électriques ou à hydrogène, pourrait réduire la pression sur les moteurs thermiques d’ici 2030. D’autre part, les tensions géopolitiques, comme celles observées entre les États-Unis et la Chine, pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement en composants critiques. Enfin, les prochaines négociations entre les compagnies aériennes et les fabricants de moteurs, prévues pour l’automne 2026, pourraient donner lieu à des révisions tarifaires majeures.

Une chose est sûre : tant que les coûts de maintenance resteront élevés et que les flottes ne seront pas entièrement modernisées, les moteurs d’avion continueront de représenter une valeur sûre pour les investisseurs. Reste à voir si cette tendance se confirmera à long terme, ou si l’innovation technologique ne viendra pas bouleverser ce marché traditionnel.

Leur valeur a fortement augmenté en raison de la hausse des coûts de maintenance, de la demande en avions neufs et des contraintes environnementales. Ils représentent jusqu’à 40 % de la valeur d’un appareil, ce qui en fait un actif stratégique pour les compagnies et les investisseurs.