Selon Ouest France, les nanars occupent une place particulière dans l’histoire du cinéma. Ces films, souvent jugés navrants à leur sortie, finissent parfois par acquérir un statut culte grâce à leur extravagance ou leur absurdité. Contrairement aux navets, qui restent définitivement ennuyeux et sans saveur, les nanars suscitent parfois l’admiration par leur audace ou leur capacité à diviser les spectateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Un nanar se distingue d’un navet par son potentiel à devenir culte malgré (ou grâce à) ses défauts évidents.
  • Certains films initialement considérés comme des échecs commerciaux ou critiques sont aujourd’hui célébrés pour leur originalité.
  • Le terme « nanar » s’applique aussi bien à des productions françaises qu’internationales, couvrant plusieurs décennies de cinéma.
  • Leur popularité repose souvent sur des scènes mémorables, des dialogues cultes ou des choix de réalisation surprenants.

Une définition qui oppose le « navrant » au « culte »

Ouest France souligne que la frontière entre un nanar et un navet repose sur la perception du public et des critiques. Un navet, selon la définition courante, est un film médiocre dont le seul défaut est l’ennui qu’il inspire. Un nanar, en revanche, est un film tellement raté ou excentrique qu’il en devient fascinant. « Certains nanars accumulent les incohérences, les dialogues improbables ou les effets spéciaux discutables, mais c’est précisément ce qui les rend mémorables », explique un critique cité par le quotidien.

Des exemples qui ont traversé le temps

Parmi les nanars devenus cultes, on retrouve des films comme « Le Grand Bleu » de Luc Besson, initialement accueilli par des critiques mitigées avant de devenir un symbole du cinéma français. D’autres exemples incluent « Barbarella » (1968) avec Jane Fonda, ou encore « Flash Gordon » (1980), dont l’esthétique kitsch a fini par séduire des générations de spectateurs. Ces films, souvent produits avec des budgets limités, misent sur des recettes visuelles ou narratives audacieuses pour marquer les esprits.

Certains nanars doivent leur statut culte à des répliques ou des scènes devenues virales. C’est le cas de « The Room » (2003), réalisé par Tommy Wiseau, un film si mal joué et monté que le public en a fait un objet de dérision collective. « C’est un film tellement mauvais qu’il en devient génial », résume un internaute sur les réseaux sociaux.

Un phénomène qui dépasse les frontières

Ouest France rappelle que le phénomène des nanars n’est pas réservé au cinéma français. Des productions américaines comme « Showgirls » (1995) ou « Battlefield Earth » (2000) ont également acquis une renommée similaire. En Asie, des films comme « The Room » ont inspiré des parodies et des hommages, preuve que l’attrait pour les nanars est universel. « Ces films offrent une forme de liberté créative inégalée, où les réalisateurs peuvent prendre des risques que le cinéma mainstream n’oserait jamais », analyse un spécialiste du 7e art.

Pourquoi les nanars fascinent-ils autant ?

Leur popularité s’explique aussi par leur capacité à refléter une époque ou une culture. Les nanars des années 1970, par exemple, portent souvent l’empreinte des expérimentations visuelles et narratives de l’époque. Aujourd’hui, les réseaux sociaux amplifient leur portée en permettant aux spectateurs de partager leurs réactions en temps réel. « Les nanars sont devenus des objets de discussion, voire de collection pour certains fans », note Ouest France.

Et maintenant ?

Avec l’essor des plateformes de streaming et des communautés en ligne, les nanars pourraient continuer à prospérer. Des chaînes comme Netflix ou Amazon Prime misent déjà sur des films à petit budget pour attirer un public en quête d’originalité. Une tendance qui devrait s’accentuer d’ici 2027, avec la sortie de plusieurs projets ambitieux aux budgets serrés mais aux concepts décalés.

Reste à savoir si les futurs nanars parviendront à captiver autant que ceux des décennies passées. Une chose est sûre : tant qu’il existera des réalisateurs prêts à prendre des risques, le cinéma continuera de produire ses propres chefs-d’œuvre… involontaires.

Un navet est un film médiocre qui ne suscite aucun intérêt, ni positif ni négatif. Un nanar, en revanche, est un film si mauvais ou excentrique qu’il devient culte, souvent grâce à ses défauts mêmes, qui en font un objet de fascination ou de moquerie bienveillante.