Les consommateurs à la recherche d’un smartphone à petit prix pourraient bien devoir revoir leurs projets d’achat en 2026. Selon Frandroid, la hausse des coûts des composants, notamment celle de la mémoire, pèse lourdement sur les modèles les moins chers. Une tendance confirmée par une étude du cabinet Omdia, qui anticipe une baisse de 12 % des ventes mondiales de smartphones d’entrée de gamme pour cette année.

Ce qu'il faut retenir

  • Le marché des smartphones d’entrée de gamme devrait reculer de 12 % en 2026, selon Omdia.
  • Cette chute s’explique par la hausse des prix de la mémoire, un composant essentiel.
  • Les consommateurs pourraient se tourner vers des alternatives moins coûteuses ou retarder leurs achats.

La mémoire, qu’elle soit flash ou RAM, représente une part significative du coût de fabrication d’un smartphone. Avec la demande accrue pour les appareils haut de gamme et les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de ces composants ont connu une augmentation marquée. Les fabricants, contraints de réduire leurs marges ou d’augmenter les tarifs, se retrouvent dans une position délicate. Côté consommateurs, les modèles d’entrée de gamme, déjà très sensibles aux variations de prix, sont les premiers touchés.

« La hausse des coûts des mémoires n’est pas un phénomène isolé, mais un mouvement de fond qui s’inscrit dans un contexte plus large », explique un analyste du secteur, qui souhaite conserver l’anonymat. Les stocks limités et les délais de livraison prolongés pour certains composants aggravent la situation. Résultat, les smartphones à moins de 200 euros, souvent considérés comme la porte d’entrée pour les nouveaux acheteurs, voient leurs prix grimper ou leur disponibilité se réduire. Certains modèles populaires ont même disparu des rayons en quelques mois, faute de rentabilité.

Cette situation n’est pas sans conséquences pour les acteurs du marché. Les marques chinoises, souvent spécialisées dans les appareils abordables, commencent à réviser leurs stratégies. Certaines envisagent de se concentrer davantage sur les marchés émergents, où la demande reste forte malgré les hausses de prix. D’autres réduisent leurs gammes en ciblant uniquement les modèles les plus rentables. « On observe déjà des ajustements drastiques chez certains fabricants, avec des retards dans les lancements ou des annulations de projets », précise un observateur du secteur.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient apporter des éclaircissements sur la durée de cette crise. Les analystes s’attendent à ce que les prix de la mémoire se stabilisent d’ici la fin de l’année, mais rien n’est garanti. Les consommateurs, de leur côté, pourraient opter pour des alternatives comme les smartphones reconditionnés ou les modèles reconditionnés, dont la popularité continue de croître. Une chose est sûre : le segment des smartphones à moins de 150 euros risque de subir une transformation profonde, voire une disparition partielle.

Les réactions des acteurs industriels seront déterminantes. Certains pourraient accélérer l’introduction de nouvelles technologies moins gourmandes en mémoire, tandis que d’autres miseraient sur des partenariats avec des fournisseurs pour sécuriser leurs approvisionnements. Reste à voir si ces initiatives suffiront à relancer un marché déjà en net recul.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse. D’abord, la demande mondiale pour les smartphones et autres appareils électroniques reste soutenue, tirée notamment par les marchés émergents. Ensuite, les tensions géopolitiques, notamment en Asie, perturbent les chaînes d’approvisionnement. Enfin, les investissements nécessaires pour moderniser les usines de production de mémoire ont également un coût, répercuté sur les prix finaux.

Les modèles haut de gamme, bien que moins sensibles à la hausse des coûts des composants, subissent aussi des pressions. Les fabricants répercutent une partie de ces coûts sur les prix de vente, ce qui pourrait freiner la croissance du marché premium. Cependant, la demande pour ces appareils reste globalement plus résiliente, grâce à des consommateurs prêts à payer pour des fonctionnalités avancées.