Les partenaires sociaux se sont réunis mardi 17 mars pour une nouvelle séance de négociation sur les contrats courts, avec la participation de la direction générale du travail, comme le rapporte BFM Business. Cette réunion faisait suite à une série de discussions en cours sur le sujet, notamment sur la question du bonus-malus et de la prime de précarité.
La prime de précarité est un sujet sensible, car elle concerne les travailleurs en contrats courts qui ne bénéficient pas toujours de cette prime. Les syndicats, tels que la CGT, la CFDT et Force Ouvrière (FO), proposent d'élargir le versement de cette prime à tous les types de contrats courts. « Il y a une inégalité, certains CDD n'ont pas de prime de précarité, comme les CDD d'usage », a déclaré Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT.
Ce qu'il faut retenir
- Les syndicats réclament la généralisation de la prime de précarité pour les contrats courts.
- La prime de précarité n'est actuellement versée qu'à l'issue d'un contrat à durée déterminée (CDD) si le travailleur n'enchaîne pas sur un autre type de contrat directement dans la même entreprise ou à la fin d'une mission d'intérim.
- La CFTC suggère d'aller encore plus loin en proposant une homogénéisation de la prime de précarité à hauteur de 10% pour toutes les branches.
Les positions des syndicats
Les syndicats estiment que la prime de précarité devrait être versée à tous les travailleurs en contrats courts, quels que soient les types de contrats. « La généralisation de la prime de précarité apparaît comme un levier important. Tous les contrats précaires, y compris le CDI de chantier, devraient ouvrir droit à une telle prime afin de compenser les situations de précarité subies », a déclaré Michel Beaugas, négociateur FO.
La CFTC, quant à elle, propose d'aller encore plus loin en suggérant une homogénéisation de la prime de précarité à hauteur de 10% pour toutes les branches. « Nous avons demandé une homogénéisation de la prime de précarité à hauteur de 10% pour toutes les branches », a confié Frédéric Belouze, négociateur de la CFTC.
Les réactions du patronat
Les organisations patronales, quant à elles, sont plus réservées sur le sujet. Le vice-président de la CPME, Eric Chevée, a alerté contre les refus de CDI dans les secteurs en tension. « Vous avez des tas de salariés qui ne veulent plus de CDI, de plus en plus là où c’est en tension. Vous avez un charpentier pendant 3 mois sur un chantier, à la fin on lui propose un CDI, il refuse et touche une prime de précarité », a-t-il déclaré.
Le négociateur de l'U2P, Christophe Sans, s'est dit « réservé » sur le sujet de la prime de précarité. « Est-ce que ça va vraiment réguler le mécanisme de l'usage des contrats très courts, ceux de seulement quelques jours ? », s'est-il interrogé.
Les chiffres
Les chiffres présentés par l'Unédic aux partenaires sociaux sont éloquents. La moitié des CDD durent seulement 4 jours. Une donnée criante qui inquiète les syndicats. « On constate que les jeunes en particulier mettent des années à obtenir un CDI », a déploré Denis Gravouil.
Les réactions et les prises de position des partenaires sociaux seront à suivre dans les prochaines semaines.
