Le Parlement européen examine, ce mardi 22 juin 2026, un projet ambitieux visant à créer un euro numérique. L’objectif affiché : rendre les transactions moins coûteuses, plus rapides, et surtout, limiter la domination des acteurs américains dans les paiements transfrontaliers, comme le rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parlement européen discute, mardi 22 juin 2026, d’un projet d’euro numérique.
- Ce système vise à réduire les coûts et délais des paiements, tout en limitant la dépendance aux infrastructures américaines.
- La Commission européenne souhaite une solution alternative aux cartes Visa ou Mastercard, majoritairement utilisées en Europe.
Un projet né de la volonté d’autonomie financière européenne
Depuis plusieurs années, les institutions européennes alertent sur la dépendance excessive des États membres aux systèmes de paiement étrangers. Aujourd’hui, près de 80 % des transactions transfrontalières en Europe transitent par des infrastructures américaines, selon les estimations de la Banque centrale européenne (BCE). « Cette situation pose un risque stratégique pour la souveraineté financière de l’UE », a souligné un haut responsable de la Commission, sous couvert d’anonymat.
Le projet d’euro numérique, porté par la BCE, s’inscrit dans une logique de diversification des moyens de paiement. Il complète les initiatives déjà lancées pour renforcer l’autonomie stratégique européenne, comme le système de messagerie financière SWIFT ou les projets de monnaie numérique de banque centrale (MNBC).
Un système conçu pour répondre aux limites des solutions existantes
Les acteurs traditionnels, comme Visa ou Mastercard, facturent des commissions élevées sur les transactions internationales. Pour les entreprises européennes, cela représente un coût annuel estimé à plusieurs milliards d’euros. L’euro numérique permettrait, selon ses promoteurs, de réduire ces frais tout en accélérant les délais de règlement. « Nous parlons de transactions quasi instantanées, 24h/24 et 7j/7 », a expliqué une source proche du dossier.
Autre avantage revendiqué : une meilleure sécurité et traçabilité des flux financiers, avec une réduction des risques de fraude ou de blanchiment. La BCE a déjà mené plusieurs phases de test en 2024 et 2025, impliquant plus de 6 000 utilisateurs et entreprises dans six pays de l’UE.
Les défis d’une adoption à grande échelle
Malgré ces atouts, le projet soulève des questions. D’abord, celle de l’acceptation par les consommateurs. Une étude récente de l’Observatoire européen des paiements révèle que seulement 42 % des Européens se disent prêts à utiliser un euro numérique. Les craintes portent sur la protection des données, la confidentialité, ou encore la compatibilité avec les outils existants.
Ensuite, le cadre réglementaire reste à finaliser. La Commission européenne doit encore définir les règles de gouvernance, de supervision, et les modalités de collaboration avec les banques commerciales. « Il faut éviter une fracture entre les États membres », a prévenu un député européen du groupe Renew Europe, qui suit le dossier.
Pour ses partisans, l’euro numérique représente bien plus qu’une innovation financière : une opportunité de rééquilibrer les rapports de force dans la finance mondiale. À l’inverse, ses détracteurs y voient un projet coûteux et risqué, qui pourrait fragiliser la stabilité des marchés. Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer.
Non. L’euro numérique est conçu comme un complément aux moyens de paiement existants. Il ne remplacera ni les billets, ni les cartes, mais offrira une alternative pour les transactions numériques, notamment transfrontalières.