Selon BFM Business, l'abandon du projet du Système de combat aérien du futur (Scaf) a suscité des réactions dans l'industrie espagnole de la défense. Les entreprises espagnoles, dont le champion national Indra, ont fait part de leur « préoccupation » face à l'échec de ce projet et ont assuré être prêtes à collaborer à un nouveau projet européen.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre davantage de temps », ont-elles alerté dans une déclaration conjointe, affirmant vouloir « mettre à la disposition de l'Espagne et de ses éventuels partenaires (leur) capacités, (leurs) connaissances et (leurs) ressources ».
Ce qu'il faut retenir
- L'Espagne a rejoint le projet du Scaf en 2019, deux ans après son lancement par la France et l'Allemagne.
- Le Scaf devait être un système comprenant un avion et des drones reliés par un « cloud de combat ».
- Les industriels espagnols de la défense sont prêts à coopérer pour un nouveau projet européen.
- Une alliance menée par Airbus avec des industriels allemands doit être officialisée pour développer un avion de combat de sixième génération alternatif au Scaf.
Contexte et enjeux
L'abandon du projet du Scaf, annoncé officiellement lundi par l'Allemagne, « menace de compromettre (...) la stabilité des partenaires et de leurs chaînes d'approvisionnement », estiment les industriels espagnols. Le Scaf devait être un système qui comprend un avion et des drones, reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, « un cloud de combat ».
Au sein de ce système complexe qui devait permettre de remplacer à long terme l'Eurofighter Typhoon en Allemagne et le Rafale de Dassault en France, le champion industriel espagnol Indra devait notamment s'occuper des systèmes de capteurs.
Réactions et perspectives
La ministre espagnole de la Défense Margarita Robles avait jugé l'abandon du Scaf « très préoccupant pour l'autonomie stratégique de l'Europe », déplorant que certains aient « fait passer les intérêts de l'industrie avant les intérêts de la sécurité et de la défense de l'Europe », en pleine invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le chancelier allemand Friedrich Merz avait affirmé que Berlin et Paris poursuivraient « le véritable noyau du Scaf », dans lequel réside « une grande opportunité pour un projet d'avenir franco-allemand ».
Les réactions et les prises de position des différents acteurs impliqués dans le projet du Scaf et dans les projets futurs de défense aérienne européenne seront à suivre dans les prochaines semaines et mois.