Fondée en 1856, l’Œuvre d’Orient célèbre cette année ses 170 ans d’engagement en faveur des communautés chrétiennes d’Orient. Selon Le Figaro, cette association catholique, reconnue pour son travail éducatif et social, soutient plus de 1 200 projets par an, notamment en Terre sainte, dans un contexte international marqué par les conflits et les tensions.

Ce qu'il faut retenir

  • 170 ans d’histoire : l’Œuvre d’Orient a été créée le 4 avril 1856 par quatre laïcs, professeurs à la Sorbonne, sous le nom de « Fondation de l’Œuvre des écoles d’Orient ». Son objectif initial était de soutenir les écoles francophones au Liban.
  • Trois piliers d’action : l’association intervient dans trois domaines prioritaires — l’éducation, les œuvres de solidarité et la sauvegarde du patrimoine vivant des communautés chrétiennes d’Orient.
  • 1 200 projets soutenus annuellement : en 2026, l’Œuvre d’Orient finance chaque année plus de mille deux cents initiatives, principalement en Terre sainte, mais aussi dans l’ensemble du Moyen-Orient.
  • Un contexte géopolitique tendu : les conflits récurrents fragilisent durablement les communautés chrétiennes d’Orient, rendant l’action de l’association plus cruciale que jamais, comme le souligne Mgr Hugues de Woillemont, son directeur.
  • Un rôle éducatif et culturel : l’association agit pour préserver un patrimoine vivant tout en offrant un accès à l’éducation, un levier essentiel pour l’avenir de ces populations.

Une association née d’une volonté éducative et solidaire

Le 4 avril 1856, quatre laïcs, tous professeurs à la Sorbonne, fondent la « Fondation de l’Œuvre des écoles d’Orient ». Leur ambition était simple : venir en aide aux écoles francophones du Liban, alors sous domination ottomane. Cent soixante-dix ans plus tard, l’association, désormais connue sous le nom d’Œuvre d’Orient, a élargi son champ d’action tout en conservant ses missions initiales, indique Le Figaro. Aujourd’hui, elle se présente comme une organisation catholique reconnue pour son engagement aux côtés des multiples communautés chrétiennes d’Orient.

Parmi ses réalisations les plus emblématiques figure le soutien à plus de 1 200 projets chaque année, couvrant des domaines aussi variés que l’éducation, l’aide humanitaire ou la préservation du patrimoine. Ces actions s’étendent bien au-delà du Liban, touchant des pays comme la Syrie, l’Irak ou encore la Terre sainte, où les chrétiens locaux subissent de plein fouet les conséquences des conflits armés et des crises politiques.

Trois priorités pour préserver l’avenir des chrétiens d’Orient

Interrogé par Le Figaro à l’occasion de cet anniversaire, Mgr Hugues de Woillemont, nouveau directeur de l’Œuvre d’Orient, détaille les trois axes majeurs de l’association. « Depuis cent soixante-dix ans, nous soutenons les chrétiens d’Orient à travers trois priorités : l’éducation, les œuvres de solidarité et la sauvegarde d’un patrimoine vivant », explique-t-il. Ces trois piliers ne sont pas choisis au hasard : ils répondent à des besoins immédiats, tout en s’inscrivant dans une vision à long terme pour ces communautés.

L’éducation occupe une place centrale. « Soutenir ces communautés, c’est aussi soutenir leur avenir », souligne Mgr de Woillemont. Les écoles soutenues par l’association offrent un enseignement de qualité, souvent dans des zones où les systèmes publics sont défaillants ou inaccessibles. Les œuvres de solidarité, quant à elles, prennent la forme d’aides d’urgence — distributions de nourriture, soutien médical, hébergement — pour les populations victimes des violences ou des déplacements forcés. Enfin, la préservation du patrimoine vise à protéger des églises, des manuscrits anciens ou des traditions culturelles menacés par les destructions ou l’exode des populations.

Un engagement dans un contexte de crises multiples

L’action de l’Œuvre d’Orient intervient dans un environnement particulièrement hostile. Les chrétiens d’Orient, présents au Moyen-Orient depuis deux mille ans, subissent depuis des décennies les effets des guerres, des persécutions et des pressions économiques. « Les conflits fragilisent toujours plus ces communautés », rappelle Mgr de Woillemont. En Syrie, en Irak ou encore en Terre sainte, les populations chrétiennes voient leur présence historique menacée par l’exil ou l’assimilation forcée.

Dans ce contexte, l’association joue un rôle de stabilisateur. Ses projets éducatifs et sociaux permettent de maintenir un ancrage local, en offrant des alternatives viables à l’émigration. « Notre action n’est pas seulement humanitaire, elle est aussi politique », précise le directeur. En soutenant l’éducation et la culture, l’Œuvre d’Orient contribue indirectement à la préservation de la diversité religieuse et ethnique de la région, un enjeu majeur pour l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient.

Un modèle inspiré par les valeurs de dialogue et de fidélité

Pour Mgr de Woillemont, le courage, le sens du dialogue et la fidélité des chrétiens d’Orient constituent une « leçon » pour des sociétés occidentales parfois tentées par le repli. « Leur résilience face à l’adversité est une source d’inspiration », affirme-t-il. Cette vision s’appuie sur une réalité souvent méconnue : malgré les épreuves, les communautés chrétiennes d’Orient continuent de jouer un rôle actif dans la vie sociale et économique de leurs pays.

Le directeur de l’Œuvre d’Orient met en avant l’exemple de Terre sainte, où les chrétiens, bien que minoritaires, restent des acteurs clés du vivre-ensemble. « Leur présence est un gage de pluralisme », souligne-t-il. Dans un monde marqué par les divisions, ces communautés rappellent l’importance du dialogue interreligieux et de la coexistence pacifique — des valeurs que l’association s’efforce de promouvoir à travers ses actions.

Et maintenant ?

À l’aube de ses 170 ans, l’Œuvre d’Orient devra relever plusieurs défis dans les mois à venir. La pérennisation de ses financements, dans un contexte économique incertain, sera cruciale. L’association pourrait également renforcer ses partenariats avec des institutions internationales pour amplifier son impact. Enfin, la question de la sécurité des équipes locales sur le terrain restera une préoccupation majeure, dans des zones où les tensions persistent.

L’anniversaire de 2026 coïncide avec une période charnière pour les chrétiens d’Orient. Leur avenir dépendra en grande partie de la capacité de la communauté internationale — et des acteurs comme l’Œuvre d’Orient — à maintenir un soutien tangible. Reste à voir si les efforts consentis aujourd’hui porteront leurs fruits demain, dans une région en proie à tant d’incertitudes.

L’association s’appuie principalement sur des dons privés et des subventions publiques. Ses ressources proviennent aussi de mécénats, de legs et d’opérations de levée de fonds organisées en France et à l’étranger. Chaque projet soutenu est évalué pour garantir une utilisation transparente des fonds.

En 2026, l’association concentre ses efforts sur la Terre sainte (Israël, Palestine, Jordanie), le Liban, la Syrie et l’Irak. Ces pays abritent les communautés chrétiennes les plus menacées, nécessitant un soutien urgent en matière d’éducation, de sécurité et de préservation culturelle.