La décision de la cour des marchés d’appel de Bruxelles, rendue ce jeudi 21 mai 2026, sonne comme un revers pour l’Union cycliste internationale (UCI). Les magistrats belges ont en effet rejeté le recours déposé par la fédération internationale contre la suspension de la norme technique encadrant le « braquet maximal ». Une décision qui confirme celle prise en octobre 2025 par l’Autorité belge de la concurrence, comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 21 mai 2026, la cour des marchés d’appel de Bruxelles a rejeté le recours de l’UCI contre la suspension du « braquet maximal » en Belgique.
  • Cette norme technique avait été suspendue par l’Autorité belge de la concurrence en octobre 2025.
  • La décision belge s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation des équipements en cyclisme professionnel.
  • L’UCI pourrait désormais envisager un recours devant la Cour de cassation ou la Cour de justice de l’Union européenne.
  • Cette affaire illustre les tensions persistantes entre les fédérations sportives et les autorités de concurrence nationales.

Une norme technique au cœur des débats

Le « braquet maximal » est une règle technique visant à limiter le rapport entre le nombre de dents du plateau et du pignon. Son application en compétition professionnelle fait l’objet de controverses depuis plusieurs années. En Belgique, l’Autorité de la concurrence avait considéré que cette norme pouvait restreindre la concurrence entre les fabricants d’équipements cyclistes, en imposant des contraintes techniques jugées excessives. Ouest France souligne que cette décision s’appuyait sur une analyse selon laquelle la norme n’apportait pas de bénéfice sportif prouvé, tout en limitant l’innovation et la diversité des produits disponibles sur le marché.

L’UCI, qui défend cette règle depuis des années, a toujours affirmé que le « braquet maximal » permettait de préserver l’équité des compétitions et de limiter les risques de blessures liés à des développements trop importants. Dans son recours, la fédération internationale avait invoqué des arguments techniques et sportifs pour contester la suspension belge. Pourtant, la cour d’appel de Bruxelles a estimé que les preuves avancées par l’UCI n’étaient pas suffisantes pour justifier le maintien de la norme, validant ainsi la décision de l’Autorité belge.

Un revers pour l’UCI, mais pas une défaite définitive

Le rejet du recours par la cour des marchés d’appel ne signifie pas la fin de la partie pour l’UCI. La fédération dispose encore de plusieurs voies de recours. D’abord, un pourvoi en cassation devant la Cour de cassation belge pourrait être envisagé, bien que les chances de succès restent incertaines. Ensuite, l’UCI pourrait saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), en invoquant une possible violation du droit européen de la concurrence. Ouest France rappelle que la CJUE a déjà été saisie à plusieurs reprises pour des litiges similaires impliquant des fédérations sportives et des autorités nationales de concurrence.

Quoi qu’il en soit, cette décision belge pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières du pays. D’autres autorités de concurrence en Europe pourraient s’en inspirer pour réexaminer leurs propres réglementations techniques. « C’est une victoire pour le principe de libre concurrence, et cela pourrait inciter d’autres pays à remettre en question des règles similaires », a déclaré un juriste spécialisé en droit du sport, cité par Ouest France. Pour les fabricants d’équipements cyclistes, cette décision ouvre la porte à une diversification accrue de leurs produits, avec des rapports de braquet plus élevés, tant que les règles nationales ne l’interdisent pas explicitement.

Et maintenant ?

L’UCI dispose d’un délai de deux mois pour se prononcer sur une éventuelle saisine de la Cour de cassation belge. Si elle choisit cette voie, la procédure pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire plus d’un an avant un arrêt définitif. Dans l’intervalle, les compétitions cyclistes organisées en Belgique devront se conformer aux règles locales, sans le plafond du braquet maximal. Quant aux autres fédérations nationales, elles pourraient adopter une position attentiste, en attendant l’issue de ce contentieux.

Reste à voir si l’UCI parviendra à convaincre les instances judiciaires européennes de la légitimité sportive de sa norme. En attendant, le cyclisme professionnel pourrait bien entrer dans une nouvelle ère, où les équilibres entre régulation technique et liberté commerciale seront plus que jamais au cœur des débats.

Cette norme limite le rapport entre le nombre de dents du plateau et du pignon, une règle défendue par l’UCI pour préserver l’équité des courses et limiter les risques de blessures. Ses détracteurs, comme l’Autorité belge de la concurrence, estiment qu’elle restreint la concurrence entre fabricants sans apporter de bénéfice sportif prouvé.