La Commission européenne s’apprête à dévoiler, ce mercredi 3 juin 2026, un ambitieux plan destiné à limiter la dépendance des États membres aux géants américains du numérique. Selon RFI, cette initiative vise à promouvoir des solutions technologiques « made in Europe » et à réduire l’emprise des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sur les infrastructures et services numériques du continent.
Ce qu'il faut retenir
- La Commission européenne présente, ce 3 juin 2026, un plan pour diminuer la dépendance aux Gafam.
- L’objectif est de favoriser des alternatives européennes en matière de produits, services et infrastructures numériques.
- Les 27 États membres restent structurellement dépendants des fournisseurs américains.
Un plan pour briser la domination des Gafam
Consciente que les 27 États membres de l’Union européenne restent structurellement dépendants de fournisseurs principalement américains pour leurs infrastructures et services numériques, la Commission européenne a décidé de passer à l’action. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les craintes liées à la souveraineté technologique, Bruxelles souhaite réduire le recours aux solutions proposées par les Gafam. Ce plan s’inscrit dans une logique de sécurisation des chaînes d’approvisionnement et de promotion de l’innovation locale.
D’après RFI, ce projet s’appuie sur plusieurs leviers, dont le soutien aux start-up européennes, le développement de normes communes et l’investissement dans des technologies souveraines. L’enjeu est double : renforcer l’autonomie stratégique de l’UE et limiter les risques liés à une dépendance excessive à des acteurs extérieurs, qu’ils soient américains ou chinois.
Un contexte de tensions technologiques et géopolitiques
La présentation de ce plan intervient à un moment où les questions de souveraineté numérique prennent une importance croissante sur la scène internationale. Les récentes tensions entre les États-Unis et la Chine ont mis en lumière les vulnérabilités des économies occidentales face à la domination des géants du numérique. En Europe, cette prise de conscience s’est accélérée après plusieurs rapports soulignant l’ampleur de la dépendance aux technologies étrangères.
En 2025, une étude de la Banque européenne d’investissement révélait que près de 70 % des infrastructures cloud utilisées par les entreprises européennes étaient hébergées par des acteurs américains. Un chiffre qui illustre l’urgence d’agir, d’autant que les réglementations locales, comme le RGPD, imposent des contraintes strictes en matière de protection des données. Face à ce constat, la Commission européenne mise sur des investissements ciblés pour accélérer le développement de solutions alternatives.
Des mesures concrètes pour une autonomie technologique
Parmi les mesures prévues par le plan, on trouve notamment le renforcement des financements publics pour les projets technologiques européens. La Commission européenne pourrait allouer jusqu’à 10 milliards d’euros sur cinq ans pour soutenir les start-up et les entreprises locales dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle, le cloud souverain ou la cybersécurité. Ces fonds s’ajouteront aux initiatives existantes, comme le programme Digital Europe, qui vise à moderniser les infrastructures numériques des États membres.
Un autre volet du plan concerne la mise en place de normes techniques communes pour faciliter l’interopérabilité des solutions européennes. L’objectif est de permettre aux entreprises et aux administrations de choisir des alternatives locales sans craindre des incompatibilités. « Nous devons garantir que nos choix technologiques ne nous rendent pas vulnérables à des pressions extérieures », a souligné un porte-parole de la Commission, cité par RFI.
Reste à voir dans quelle mesure ce plan parviendra à inverser la tendance. Pour l’heure, les Gafam conservent une position dominante sur le marché européen, et leur influence ne pourra être réduite que progressivement. La réussite de cette stratégie dépendra en grande partie de la capacité des États membres à coordonner leurs efforts et à investir massivement dans l’innovation locale.
Le plan cible prioritairement les infrastructures cloud, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les services numériques. Ces secteurs sont considérés comme stratégiques en raison de leur impact sur l’autonomie des États membres et leur sensibilité aux enjeux géopolitiques.