L’Union européenne affirme, à ce stade, être à l’abri d’une pénurie de kérosène pour la période estivale. Pourtant, les Vingt-Sept anticipent tous les scénarios possibles, y compris celui de recourir au carburant américain « Jet A » en cas de besoin, d’après France 24.

Ce qu'il faut retenir

  • L’UE estime ne pas risquer de pénurie de kérosène cet été, selon les dernières évaluations disponibles.
  • Les Vingt-Sept préparent un plan B en envisageant l’importation de carburant américain « Jet A » si nécessaire.
  • Cette stratégie reflète une volonté de sécuriser l’approvisionnement énergétique du transport aérien européen.
  • Le « Jet A » est un carburant largement utilisé aux États-Unis, compatible avec une partie de la flotte aérienne européenne.

Un contexte géopolitique et logistique tendu

La question des approvisionnements en kérosène s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur les marchés énergétiques. Depuis plusieurs mois, l’Europe surveille de près ses stocks de carburants pour l’aviation, alors que la demande estivale s’annonce soutenue. Le conflit en Ukraine et les sanctions contre la Russie, un temps premier fournisseur de kérosène pour certains États membres, ont perturbé les chaînes d’approvisionnement traditionnelles.

Pourtant, les autorités européennes estiment que les réserves actuelles, combinées aux stocks stratégiques, devraient permettre d’éviter les ruptures cet été. « Les niveaux de remplissage des réservoirs sont conformes aux prévisions, mais nous devons rester vigilants », a indiqué une source proche du dossier, sans préciser de chiffres exacts, selon France 24.

Le Jet A américain, une alternative viable ?

Face à cette incertitude, Bruxelles explore plusieurs pistes, dont l’importation de « Jet A », un carburant standard aux États-Unis mais moins courant en Europe. Ce type de kérosène, compatible avec une partie des moteurs d’avions utilisés par les compagnies aériennes du Vieux Continent, pourrait servir de solution transitoire en cas de tension sur les approvisionnements traditionnels.

« Le Jet A est une option parmi d’autres, mais son utilisation nécessiterait des adaptations logistiques », a souligné un expert du secteur, citant des contraintes liées aux infrastructures de stockage et de distribution. D’après France 24, les négociations avec les États-Unis pour faciliter ces importations sont en cours, sans que leur volume ou leur calendrier n’ait été précisé.

Une stratégie progressive et coordonnée

Pour éviter les pénuries, l’UE mise aussi sur une meilleure coordination entre États membres. Certains pays, comme l’Allemagne ou la France, ont déjà renforcé leurs stocks stratégiques, tandis que d’autres envisagent des mesures incitatives pour encourager les compagnies aériennes à diversifier leurs sources d’approvisionnement.

« La priorité reste la stabilité des prix et la continuité du service pour les passagers », a rappelé une porte-parole de la Commission européenne, sans évoquer de mesures contraignantes. D’après France 24, ces discussions s’inscrivent dans le cadre d’un plan plus large de résilience énergétique, qui inclut aussi des alternatives comme les biocarburants ou les carburants synthétiques.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place. La Commission européenne doit rendre public, d’ici la mi-juin, un rapport détaillé sur l’état des stocks et les risques résiduels. Si la situation reste sous contrôle, les Vingt-Sept pourraient ajuster leur plan B, notamment en fonction des évolutions du marché du pétrole et des tensions géopolitiques.

Reste à voir si les compagnies aériennes, déjà soumises à une forte pression sur leurs marges, parviendront à absorber d’éventuels surcoûts liés à l’utilisation de carburants alternatifs. Une réunion des ministres des Transports de l’UE est prévue le 20 mai pour faire un premier bilan.

En attendant, les autorités appellent au calme, rappelant que « l’industrie aéronautique a déjà fait ses preuves en matière d’adaptation ». La question n’est donc pas tant de savoir si une pénurie est possible, mais plutôt comment l’UE et ses partenaires pourront y faire face sans perturber le trafic aérien cet été.

Le Jet A est un type de kérosène largement utilisé aux États-Unis, où il répond à une norme spécifique (ASTM D1655). En Europe, le carburant standard pour l’aviation est le Jet A-1, légèrement différent en termes de composition et de point de congélation. Bien que compatible avec une partie de la flotte européenne, son utilisation nécessiterait des ajustements logistiques, notamment au niveau des infrastructures de stockage et de distribution.