Le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a livré ce dimanche 14 juin 2026 plusieurs prises de position marquantes lors d’une intervention médiatique rapportée par BFM - Politique. Entre critiques des alliances électorales inattendues et propositions sociales, le député européen a également abordé des sujets de société brûlants, de l’affaire Lyhanna aux violences sexistes.
Ce qu'il faut retenir
- Critique des alliances électorales : Manuel Bompard s’étonne que des voix se revendiquant de la gauche soutiennent indirectement Jordan Bardella.
- Proposition de revalorisation immédiate du Smic : Une mesure présentée comme urgente pour soutenir le pouvoir d’achat.
- Affaire Lyhanna : Il reproche à Gérald Darmanin son manque d’action face aux violences policières et à l’impunité.
- Violences sexistes : Il dénonce un « concours Lépine des propositions démagogiques » et met en garde contre l’illusion d’une protection par la publication d’un fichier.
- Dialogue avec Vladimir Poutine : Une position controversée pour établir les conditions de la paix en Ukraine.
Des critiques acerbes envers les alliances électorales inattendues
Dans un entretien diffusé ce week-end, Manuel Bompard a vivement réagi à la stratégie de certains responsables politiques de gauche qui, selon lui, « se mettent presque à faire la campagne de Jordan Bardella ». Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte de tensions préélectorales, alors que les alliances et les reports de voix pourraient peser lourd dans les prochains scrutins. Bompard a souligné que cette situation interroge sur la cohérence idéologique des uns et des autres, sans pour autant nommer de personnalités précises. « Je trouve assez surprenant », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que cette dynamique pourrait fragiliser la démocratie française.
Autre sujet de préoccupation pour le coordinateur de LFI : la protection de l’élection présidentielle face aux ingérences étrangères. « Si l’élection présidentielle n’est pas protégée des ingérences étrangères, alors on est plus dans une démocratie », a-t-il martelé, rappelant l’importance de garantir l’intégrité du processus électoral. Une mise en garde qui intervient dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes.
Revalorisation du Smic et dialogue social : les priorités économiques de Bompard
Sur le plan économique, Manuel Bompard a réaffirmé la nécessité d’une augmentation immédiate du Smic, une mesure présentée comme un impératif pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs les plus précaires. « Il faut augmenter le Smic immédiatement », a-t-il insisté, sans préciser le montant exact de cette revalorisation. Il a également appelé à une unité des forces de gauche, invitant les militants, le Parti communiste et les Écologistes à se rassembler pour peser dans le débat public. « On peut le faire ensemble », a-t-il lancé, tout en reconnaissant les divergences idéologiques au sein de la gauche.
Ces propositions s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement est sous pression pour répondre à la crise du pouvoir d’achat, alors que l’inflation reste élevée et que les salaires peinent à suivre. Bompard a également abordé la question de la fiscalité, sans entrer dans le détail, mais en insistant sur la nécessité de redistribuer les richesses de manière plus équitable.
Affaire Lyhanna et violences policières : un débat qui ne faiblit pas
L’affaire Lyhanna, du nom de cette jeune femme décédée lors d’une intervention policière, a occupé une place centrale dans les déclarations de Manuel Bompard. Il a vivement critiqué le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lui reprochant de ne pas assumer suffisamment ses responsabilités. « Quand on est à la tête d’un ministère, on assume », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Si on croit qu’on va régler le problème en ayant une sanction individuelle contre une personne, on ne sera pas à la hauteur de l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna ».
Cette affaire, qui a provoqué une vague d’indignation dans l’opinion publique, a relancé le débat sur l’impunité des forces de l’ordre et la nécessité de réformes structurelles. Bompard a appelé à un renforcement des mécanismes de contrôle et de sanctions pour lutter contre les violences policières, une position qui s’inscrit dans la lignée des revendications portées par une partie de la gauche et des associations de défense des droits humains.
Violences sexistes : entre mesures démagogiques et lacunes structurelles
Sur le front des violences sexistes et sexuelles, Manuel Bompard a dénoncé un « concours Lépine des propositions les plus démagogiques » de la part des différents candidats et partis politiques. Une critique qui vise notamment les annonces spectaculaires, mais souvent inefficaces, faites dans l’urgence pour répondre à des affaires médiatiques. Il a également mis en garde contre l’idée de rendre public un fichier des auteurs d’infractions à caractère sexuel, estimant que cette mesure pourrait donner une « illusion de protection » sans résoudre le problème de fond.
Pour Bompard, la solution passe par un renforcement des mesures de suivi et de soins pour les auteurs de violences, ainsi que par une meilleure application des sanctions existantes. « Les mesures de suivi et de soins ne sont pas suffisamment mises en œuvre », a-t-il rappelé, avant d’ajouter : « Il doit y avoir un renforcement des mesures pour sanctionner les violences sexistes et sexuelles ». Une position qui contraste avec certaines propositions populistes, parfois portées par des responsables politiques de tous bords.
Affaire Bruel et pédocriminalité : des positions claires, mais controversées
Dans l’affaire impliquant le chanteur Patrick Bruel, accusé de violences conjugales, Manuel Bompard a adopté une position ferme. Il a appelé les organisateurs de spectacles à annuler les représentations de l’artiste, estimant que cette mesure était « la moindre des choses ». Une prise de position qui s’inscrit dans une logique de tolérance zéro envers les violences faites aux femmes, un combat central pour LFI et une partie de la gauche.
Sur le front de la pédocriminalité, Bompard a démenti les accusations portées contre Gérald Darmanin, affirmant que ce dernier n’avait jamais demandé de « priorisation » des dossiers. Une déclaration qui vise à contrer les rumeurs et les critiques visant le ministre de l’Intérieur, déjà fragilisé par l’affaire Lyhanna. Cette précision s’inscrit dans un contexte où la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs reste un enjeu majeur, avec des moyens souvent jugés insuffisants par les associations.
Diplomatie et G7 : une vision alternative de la politique étrangère
Enfin, Manuel Bompard a exprimé son opposition historique au sommet du G7, qu’il juge inefficace et contre-productif. « Je n’ai jamais été favorable à cet outil », a-t-il rappelé, prônant plutôt des formats de coopération internationale plus inclusifs et moins élitistes. Une position qui reflète une critique plus large de la gouvernance mondiale, souvent accusée d’être dominée par les pays riches au détriment des nations en développement.
Sur le front ukrainien, Bompard a défendu l’idée d’un dialogue avec le président russe Vladimir Poutine, une position controversée dans le contexte actuel de guerre. « Il faut discuter avec Vladimir Poutine si on veut créer les conditions de la paix », a-t-il déclaré, sans préciser les modalités ou les garanties nécessaires pour un tel échange. Une prise de position qui s’inscrit dans une logique de réalisme politique, mais qui pourrait susciter des débats au sein même de la gauche.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ses déclarations, alors que le gouvernement doit présenter son budget rectificatif et que les associations de défense des droits humains attendent des actes concrets sur les violences policières et les violences sexistes.
Manuel Bompard a critiqué le fait que des voix se revendiquant de la gauche soutiennent indirectement Jordan Bardella, estimant que cette dynamique est surprenante et pourrait fragiliser la démocratie. Il n’a pas cité de noms précis, mais cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tensions préélectorales.
Il estime que cette mesure pourrait donner une « illusion de protection » sans résoudre le problème structurel des violences sexistes. Selon lui, la solution passe par un renforcement des mesures de suivi et de soins pour les auteurs, ainsi que par une meilleure application des sanctions existantes.