Le milliardaire américain Mark Cuban, connu pour ses prises de position pro-cryptomonnaies, a annoncé cette semaine avoir vendu la majorité de ses avoirs en Bitcoin (BTC), une décision justifiée par l’évolution récente du marché et le contexte géopolitique, selon Cryptoast.
Cette vente intervient alors que le prix du BTC oscille actuellement entre 75 000 et 80 000 dollars, un niveau bien inférieur aux plus hauts historiques (ATH) atteints en 2024. Mark Cuban, qui avait régulièrement vanté les vertus du Bitcoin comme alternative à l’or, reconnaît aujourd’hui une déception face à son comportement récent, notamment en période de crise financière et géopolitique.
Ce qu'il faut retenir
- Mark Cuban, milliardaire américain pro-crypto, a vendu la majorité de ses bitcoins en raison de leur performance décevante face aux tensions au Moyen-Orient.
- Le milliardaire critiquait déjà les memecoins et certains tokens, les qualifiant de « déchets », tandis que l’ETH peinait à trouver sa place.
- Le Bitcoin, bien que désormais intégré à la finance traditionnelle, reste un actif dont l’utilisation par les institutionnels reste à préciser.
- L’or a enregistré une forte hausse, contrastant avec la stagnation du BTC malgré les crises économiques et monétaires.
Un revirement surprenant pour un défenseur historique du Bitcoin
Mark Cuban s’était régulièrement exprimé en faveur du Bitcoin ces dernières années. En mars 2024, alors que le BTC amorçait une nouvelle phase haussière en approchant de ses records historiques, il affirmait sans détour : « Je préfère investir dans du Bitcoin plutôt que de l’or, je le dis depuis des années ». À l’époque, son enthousiasme pour l’actif numérique était manifeste, et il figurait parmi les personnalités influentes à promouvoir son adoption.
Pourtant, la donne semble avoir changé. Dans une interview accordée au podcast Extrade de Morgan Stanley, Cuban a expliqué avoir cédé la plupart de ses bitcoins, invoquant notamment la dégradation de la situation au Moyen-Orient. Selon ses mots, « lorsque toute cette merde a éclaté avec la guerre en Iran, le bitcoin a toujours été la meilleure alternative à la monnaie fiduciaire qui perdait de sa valeur ». Il ajoutait : « Eh bien, l’or a juste explosé… le bitcoin a chuté ». Un constat qui l’a conduit à reconsidérer sa stratégie d’investissement.
Le Bitcoin et l’or face à l’inflation et aux crises
La décision de Cuban met en lumière un paradoxe récurrent dans l’écosystème crypto. Historiquement, le Bitcoin était présenté comme une valeur refuge en période de turbulence monétaire, notamment lorsque le dollar perdait de sa valeur. Pourtant, face à la récente flambée de l’or — qui a atteint des sommets en 2025 et 2026 —, le BTC n’a pas joué ce rôle de couverture, contrairement aux attentes de nombreux investisseurs.
« Chaque fois que le dollar baissait, le bitcoin aurait dû augmenter… et ça n’a tout simplement pas été le cas », a-t-il souligné. Pour Cuban, ce décalage entre la théorie et la pratique a été déterminant dans sa décision de réduire son exposition à l’actif. L’or, traditionnellement perçu comme un havre en temps de crise, a en effet surperformé le Bitcoin depuis le début des tensions géopolitiques majeures en 2025.
Des critiques acerbes envers Ethereum et les memecoins
Mark Cuban n’a pas épargné ses critiques à l’égard d’autres segments de l’écosystème crypto. Dans le même entretien, il a qualifié les memecoins de « déchets », évoquant leur absence de valeur fondamentale et leur caractère spéculatif. « Dans plus de 99 % des cas, ce sont des arnaques », a-t-il affirmé, rappelant que ces jetons relèvent davantage du casino que de l’investissement sérieux.
Concernant Ethereum (ETH), bien que la blockchain sous-jacente présente des cas d’usage prometteurs, Cuban estime que l’ether peine à capter une valeur significative. Il pointe du doigt la difficulté des autres tokens de projets à trouver un modèle économique viable, coincés entre des mécanismes de gouvernance peu attractifs pour le grand public et leur utilisation comme outil de sortie pour les fonds d’investissement ayant soutenu leur développement.
Le Bitcoin intégré à la finance traditionnelle, mais avec des limites
Malgré ces remises en question, le Bitcoin a tout de même franchi une étape majeure en étant progressivement accepté par les acteurs institutionnels. Désormais considéré comme un actif parmi d’autres — aux côtés des actions, des obligations ou des métaux précieux —, il figure dans les portefeuilles de nombreux gestionnaires de fonds. Pourtant, son intégration reste incomplète : « Bitcoin est une corde supplémentaire à l’arc des gestionnaires de portefeuille, mais il reste à déterminer dans quels cas précis l’utiliser », analyse Cuban.
Cette situation illustre un défi plus large pour l’actif : comment convaincre les institutionnels de son utilité au-delà de la simple spéculation ? Si son adoption progresse, son rôle dans la diversification des portefeuilles reste à préciser, notamment en comparaison avec des actifs traditionnels mieux établis.
Plus largement, cette décision rappelle que le marché des cryptomonnaies reste marqué par une forte volatilité et des attentes parfois contradictoires. Alors que certains y voient un actif révolutionnaire, d’autres, comme Cuban, semblent revoter leur enthousiasme initial. Une chose est sûre : l’écosystème crypto continue de mûrir, mais son avenir dépendra largement de sa capacité à répondre aux exigences des investisseurs institutionnels et à prouver son utilité au-delà de la spéculation.
Mark Cuban a expliqué avoir cédé la majorité de ses bitcoins en raison de leur performance décevante face aux tensions géopolitiques récentes, notamment la guerre en Iran. Contrairement à l’or, qui a fortement progressé, le Bitcoin n’a pas joué son rôle de valeur refuge, ce qui l’a conduit à reconsidérer sa stratégie, selon ses déclarations au podcast Extrade de Morgan Stanley.