À partir du 1er juin 2026, l’arrêté encadrant la fermeture nocturne des épiceries de nuit dans le centre-ville de Marseille sera renouvelé pour la septième fois, confirmant ainsi la volonté des autorités préfectorales de maintenir une pression sur ces établissements. Cette mesure, instaurée en mars 2025, s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les incivilités et l’insécurité, selon Le Figaro.

Les contrôles menés depuis un an ont permis de cibler près de la moitié des 1 000 épiceries et petits commerces de ce type recensés dans le centre-ville marseillais. Parmi eux, une épicerie du quartier du Canet a récemment attiré l’attention des forces de l’ordre. Interpellé par la commissaire générale Béatrice Fontaine, le gérant a reconnu être en train de fermer son commerce tardivement, arguant que « le soir, c’est le moment où ça marche le mieux ». Son établissement, où s’entassaient alcools et produits alimentaires périmés, a finalement dû baisser son rideau pour la soirée.

Ce qu'il faut retenir

  • Renouvellement pour la 7e fois d’un arrêté préfectoral visant à encadrer la fermeture nocturne des épiceries de nuit à Marseille, à compter du 1er juin 2026.
  • L’arrêté initial a été publié en mars 2025 dans le cadre d’une politique de réduction des nuisances et de l’insécurité.
  • Près de 1 000 épiceries et petits commerces sont concernés dans le centre-ville de Marseille, dont la moitié a déjà fait l’objet de contrôles.
  • Les autorités mettent en avant un lien entre ces commerces et des activités illicites, notamment le blanchiment ou des trafics.
  • Des contrôles renforcés sont menés, comme en témoigne l’interpellation récente d’un gérant à Canet.

Une mesure contestée mais maintenue

L’arrêté préfectoral, porté par la préfecture des Bouches-du-Rhône et sa préfète de police déléguée, Corinne Simon, a été conçu pour répondre à une demande croissante des Marseillais et des associations de riverains. Ces derniers dénoncent depuis des années les nuisances liées aux épiceries de nuit : bruit, stationnement anarchique, ou encore vente de produits illicites. « On recense près de 1 000 épiceries ou petits commerces de ce type dans le centre-ville de Marseille », a rappelé le préfet Jacques Witkowski, soulignant que la moitié d’entre eux avait déjà été contrôlée depuis mars 2025. « La mesure porte ses fruits, même si elle reste contestée », a-t-il ajouté.

Pour autant, cette politique ne fait pas l’unanimité. Des manifestations ont déjà eu lieu dans les quartiers nord de la ville, où certains habitants défendent la nécessité de ces commerces pour les travailleurs de nuit ou les populations précaires. « Ces épiceries sont parfois les seuls points de vente ouverts tard le soir », argue un collectif local, qui craint une précarisation accrue des habitants.

Des contrôles qui révèlent des dysfonctionnements

Les interventions des forces de l’ordre, comme celle menée par la commissaire générale Béatrice Fontaine, mettent en lumière des situations problématiques. Dans le cas de l’épicerie du Canet, l’inspection a révélé la présence de produits alimentaires périmés et d’un stock d’alcool non conforme. Le gérant, pris en flagrant délit de fermeture tardive, a reconnu sans détour que « le soir, c’est le moment où ça marche le mieux ». Une déclaration qui illustre, selon les autorités, l’ampleur du problème : ces commerces, souvent tenus par des réseaux informels, échappent en partie aux règles sanitaires et commerciales.

Les services de la préfecture précisent que ces contrôles s’accompagnent de sanctions administratives, allant jusqu’à la fermeture définitive pour les établissements récidivistes. « Nous ne ciblons pas les commerçants honnêtes, mais ceux qui profitent du système », a indiqué un responsable des Bouches-du-Rhône, sous couvert d’anonymat. Les produits périmés et les ventes illicites sont les deux principaux motifs de fermeture administrative.

Un contexte socio-économique sous tension

Cette politique s’inscrit dans un Marseille déjà marqué par des tensions sociales et économiques. Le centre-ville, où se concentrent ces épiceries, est un territoire où se croisent précarité et économie informelle. Les autorités reconnaissent que la fermeture de ces commerces pourrait aggraver la situation pour certains habitants, notamment ceux qui dépendent de ces points de vente pour leurs besoins de base en soirée. « C’est un équilibre délicat entre sécurité et accessibilité », confie un élu local.

Pour autant, le préfet Witkowski insiste sur la nécessité de maintenir la mesure. « Nous ne pouvons pas laisser prospérer des activités qui alimentent l’insécurité et la délinquance », a-t-il déclaré. Les chiffres avancés par la préfecture montrent une baisse des plaintes pour nuisances nocturnes dans les zones ciblées, un argument qui semble justifier la poursuite de cette politique.

Et maintenant ?

Le renouvellement de l’arrêté le 1er juin 2026 marquera une nouvelle étape dans cette politique. Les autorités prévoient d’intensifier les contrôles, avec l’objectif de réduire encore le nombre d’épiceries de nuit en infraction. Parallèlement, des discussions sont en cours avec les associations de commerçants pour trouver des solutions alternatives, comme des horaires aménagés ou des aides à la reconversion. Reste à voir si ces mesures parviendront à concilier sécurité publique et besoins des habitants.

La question se pose également de l’impact à long terme sur l’économie locale. Certains craignent qu’une fermeture massive de ces commerces ne favorise l’émergence de circuits parallèles encore plus difficiles à contrôler. Pour l’heure, la préfecture maintient sa ligne : « Nous ne lâcherons rien sur l’ordre public », a conclu Jacques Witkowski.

Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, ces établissements sont souvent associés à des nuisances (bruit, stationnement anarchique) et à des activités illicites (vente de produits périmés, blanchiment, trafics). Un arrêté préfectoral a donc été mis en place pour encadrer leur ouverture nocturne.

Les sanctions peuvent aller jusqu’à la fermeture administrative définitive pour les établissements récidivistes. Les produits périmés et les ventes illicites sont les principaux motifs de sanction.