Selon Libération, Matthieu Pigasse, figure médiatique et financier de 58 ans, se déclare « prêt » à briguer une candidature à l’élection présidentielle de 2027 si la gauche radicale venait à lui demander son soutien. Dans un entretien accordé au quotidien, il expose sa vision d’une « gauche radicale de gouvernement », tout en prenant ses distances avec les principaux courants actuels de la gauche française.
Ce qu'il faut retenir
- Matthieu Pigasse, 58 ans, annonce être « prêt » à se présenter en 2027 si la gauche radicale le sollicite, selon Libération.
- Il se positionne en leader d’une « gauche radicale de gouvernement », distincte de la ligne centriste de Raphaël Glucksmann et de l’insoumise sur des sujets comme l’Europe et le nucléaire.
- Pigasse critique la ligne trop modérée de Glucksmann, tout en rejetant certaines positions de La France insoumise sur les questions européennes et énergétiques.
Banquier d’affaires de formation, Matthieu Pigasse a diversifié ses activités en devenant notamment patron de Radio Nova, mais aussi en s’engageant dans des débats économiques et politiques. Il n’a jamais caché ses sympathies pour la gauche, bien que son parcours personnel et professionnel le place souvent en dehors des cercles traditionnels du Parti socialiste ou des autres formations de gauche.
Dans ses déclarations rapportées par Libération, il explique vouloir incarner une gauche « radicale » mais « de gouvernement », c’est-à-dire capable de proposer des mesures fortes tout en ayant une vision pragmatique de la gestion publique. Une approche qui le distingue clairement de Raphaël Glucksmann, dont il juge la ligne « trop centriste » pour répondre aux enjeux actuels. « Glucksmann incarne une gauche qui a renoncé à ses fondamentaux pour séduire le centre, ce qui affaiblit notre camp », a-t-il souligné.
Pigasse se démarque également de La France insoumise, notamment sur deux dossiers majeurs : l’Europe et le nucléaire. « Sur l’Europe, je ne partage pas le rejet systématique de l’UE que l’on observe parfois à LFI, car une sortie de l’Union serait une catastrophe pour la France », a-t-il indiqué. Concernant l’énergie, il défend une approche équilibrée, combinant transition écologique et maintien du nucléaire comme pilier de l’indépendance énergétique française.
« Je me vois comme un leader d’une gauche radicale de gouvernement, capable de proposer des ruptures sans basculer dans l’irréalisme. »
— Matthieu Pigasse, selon Libération
Ce positionnement original pourrait trouver un écho dans un paysage politique français marqué par des divisions internes à la gauche. Après les résultats mitigés de la NUPES aux dernières élections, certains acteurs cherchent à redéfinir une offre politique capable de fédérer au-delà des clivages traditionnels. Pigasse mise sur ce créneau, espérant incarner une alternative crédible face à Jean-Luc Mélenchon et ses partisans, tout en évitant les écueils d’un réformisme jugé trop tiède par une partie de l’électorat.
Une chose est sûre : en se déclarant « prêt » à jouer un rôle central dans la recomposition de la gauche, Matthieu Pigasse s’inscrit dans une logique de longue haleine. Son intervention pourrait, selon les observateurs, contribuer à accélérer les réflexions sur l’avenir de la gauche française — ou, au contraire, alimenter les divisions existantes.
Dans un contexte où l’abstention et la défiance envers les partis traditionnels restent élevées, la capacité de Pigasse à fédérer autour de son projet sera déterminante. Pour l’heure, ses déclarations restent celles d’un acteur médiatique influent, mais qui n’a pas encore franchi le pas de l’engagement politique direct.
Selon ses déclarations rapportées par Libération, Pigasse se distingue de LFI sur deux points majeurs : d’une part, il rejette l’idée d’une sortie de l’Union européenne, qu’il juge préjudiciable pour la France ; d’autre part, il défend le maintien du nucléaire comme levier de transition énergétique, contrairement à une partie de la gauche qui prône une sortie progressive de cette énergie.