Des menaces de mort accompagnées de propos à caractère raciste et islamophobe ont visé l’association gérant la mosquée d’Agen, selon Le Figaro. L’information a été confirmée ce samedi 16 mai 2026 par la préfecture de Lot-et-Garonne, qui a immédiatement réagi par un communiqué. Dans ce dernier, le préfet condamne avec la plus grande fermeté ces actes « inacceptables », tout comme les messages haineux qui les ont accompagnés.
Ce qu'il faut retenir
- Une lettre contenant des menaces de mort et quatre balles de fusil a été adressée à la mosquée d’Agen, selon Le Figaro.
- Le même pseudonyme que celui utilisé pour menacer le maire de la ville, Laurent Bruneau, apparaît sur ces deux courriers.
- La préfecture de Lot-et-Garonne a dénoncé des actes « inacceptables » et ouvert une enquête pour chaque fait signalé.
- Des tags « anti-islam » avaient été découverts fin avril sur un lieu de rassemblement interreligieux à Agen.
- La communauté musulmane de l’agglomération agenaise exprime une « vive inquiétude » à l’approche de l’Aïd-el-Kébir.
Cette escalade de violences symboliques intervient quelques jours seulement après qu’une missive similaire, accompagnée de trois cartouches de « gros calibre », avait été envoyée au maire d’Agen, Laurent Bruneau. Ce dernier avait annoncé mercredi avoir déposé plainte contre X, confirmant ainsi la gravité des faits. Selon Le Figaro, la lettre adressée à la mosquée contenait également quatre balles de fusil, renforçant le caractère menaçant du message. Le pseudonyme utilisé pour signer ces courriers est identique dans les deux cas, laissant supposer une même origine ou une même motivation.
Dans un entretien accordé au quotidien Sud-Ouest et relayé par Le Figaro, le président de l’association de la mosquée d’Agen, Messaoud Settati, a exprimé l’inquiétude grandissante au sein de la communauté musulmane locale. « À l’approche de la fête de l’Aïd-el-Kébir, cette situation suscite une vive inquiétude », a-t-il déclaré, dénonçant des faits « extrêmement graves ». Il a également souligné l’incompréhension des familles face à cette escalade de violences verbales et symboliques.
Ces événements surviennent dans un contexte déjà marqué par des actes à caractère discriminatoire. Fin avril, des tags « anti-islam » avaient été découverts sur les murs extérieurs d’une salle du Passage d’Agen, en banlieue de la préfecture du Lot-et-Garonne. Ce lieu devait accueillir en soirée un dîner interreligieux réunissant les représentants des différents cultes du département. Les inscriptions haineuses, rapidement effacées, avaient suscité l’indignation locale. Une enquête a été ouverte pour ces faits, comme l’ont confirmé les autorités compétentes.
Une réponse institutionnelle ferme et immédiate
Face à cette série d’actes haineux, la préfecture de Lot-et-Garonne a réagi sans délai. Dans son communiqué, elle rappelle que ces menaces et propos racistes « sont inacceptables dans une société démocratique ». Le préfet a également tenu à saluer le calme et la dignité dont a fait preuve le maire de la ville, Laurent Bruneau, malgré ces intimidations. « Ces actes ne resteront pas sans réponse », a-t-on indiqué du côté des services de l’État, sans préciser pour l’heure les mesures concrètes envisagées.
La gravité de ces faits a également été soulignée par plusieurs élus locaux et associations de défense des droits humains. À Agen, comme dans d’autres villes françaises, les tensions autour des questions religieuses et identitaires restent un sujet sensible, surtout à l’approche des fêtes religieuses. « Ces actes sont d’autant plus préoccupants qu’ils visent une institution religieuse en pleine période de célébration », a commenté un responsable associatif sous couvert d’anonymat. — Autant dire que la pression sur les autorités locales pour qu’elles agissent rapidement est forte.
Un climat de tension qui dépasse les frontières de l’agglomération agenaise
L’affaire ne se limite pas à la seule ville d’Agen. Elle s’inscrit dans un contexte national marqué par une recrudescence des actes islamophobes et des violences à caractère raciste. Selon les dernières statistiques disponibles, les signalements pour actes antimusulmans ont augmenté de 15 % au cours des six derniers mois, selon le ministère de l’Intérieur. Ces chiffres illustrent une tendance de fond qui inquiète les associations de lutte contre les discriminations.
À l’échelle européenne, la France n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Plusieurs pays voisins, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, font également face à une montée des discours de haine et des violences ciblant les lieux de culte. En 2025, l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) avait déjà alerté sur l’augmentation des attaques contre les mosquées dans l’Union européenne. « Ces phénomènes ne sont pas anodins, ils reflètent une crispation plus large de la société », a analysé un chercheur en sciences politiques interrogé par Le Figaro.
Ces événements rappellent une fois encore l’importance du dialogue interreligieux et de la vigilance citoyenne face à la montée des discours de haine. À Agen, comme ailleurs, les associations locales appellent à la mobilisation pour préserver la paix sociale. « La meilleure réponse à ces actes, c’est l’unité et la solidarité », a souligné un membre d’une association de défense des droits humains. Reste à voir si les autorités parviendront à transformer cette condamnation ferme en actions concrètes pour protéger les populations et les institutions ciblées.
Plusieurs enquêtes ont été ouvertes, notamment par la gendarmerie nationale et la police judiciaire. Une plainte a été déposée par la mosquée, et le maire d’Agen a annoncé qu’il suivrait de près l’avancée des procédures. Les autorités n’ont pas encore précisé les mesures de protection envisagées, mais une réunion de crise pourrait être organisée dans les prochains jours.
Bien que les autorités n’aient pas détaillé de mesures concrètes, la préfecture de Lot-et-Garonne a indiqué que des discussions étaient en cours pour renforcer la sécurité des institutions ciblées. Une réunion de crise pourrait être organisée dans les prochains jours au niveau départemental pour évaluer les besoins.