Une femme de 68 ans a été retrouvée sans vie en bordure de route, vendredi 16 mai 2026 au matin, sur la commune de Saint-Prix dans le Val-d’Oise. Son mari, interpellé dans la journée, a reconnu les faits auprès des autorités, selon Le Figaro.

Vers 6h30, le corps de la victime a été découvert par un conducteur de bus qui a immédiatement alerté les secours. La victime présentait des traces de strangulation. Les premiers éléments de l’enquête indiquent que son corps semblait avoir été déposé sur les lieux. Une enquête pour féminicide a été ouverte par le parquet de Pontoise.

Ce qu’il faut retenir

  • Une femme de 68 ans a été retrouvée étranglée en pleine rue à Saint-Prix (Val-d’Oise), vendredi 16 mai 2026 au matin.
  • Son mari, âgé de 63 ans, a été interpellé dans l’après-midi à Taverny, commune voisine, et a « reconnu les faits ».
  • Le corps présentait des traces de strangulation, et les enquêteurs estiment que la victime a été déposée sur les lieux.
  • C’est la 36e victime de féminicide en France depuis le début de l’année 2026.
  • Le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11 % entre 2023 et 2024, selon les dernières données officielles.

Une découverte macabre au petit matin

Le drame s’est joué dans les premières heures de la journée, alors que les rues de Saint-Prix étaient encore peu fréquentées. C’est un chauffeur de bus, en service à cette heure matinale, qui a repéré le corps inanimé de la sexagénaire gisant en bord de chaussée. Alertés dans l’urgence, les secours sont intervenus rapidement, mais n’ont pu que constater le décès. Les premières constatations ont révélé des traces de strangulation, confirmant l’hypothèse d’un crime.

D’après les informations recueillies par Le Figaro, les enquêteurs ont rapidement orienté leurs investigations vers l’entourage proche de la victime. Les investigations ont rapidement conduit les forces de l’ordre vers le domicile du couple, situé à Taverny, à quelques kilomètres seulement du lieu de la découverte.

L’interpellation du mari et ses aveux

Dans l’après-midi du même jour, le mari de la victime, un homme de 63 ans, a été interpellé à son domicile. Les autorités n’ont pas tardé à obtenir des aveux. « Le mari reconnaît les faits », a confirmé une source policière à l’Agence France-Presse (AFP) samedi 17 mai. Sollicité pour une prise de position officielle, le parquet de Pontoise n’a pas encore réagi publiquement.

L’enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie nationale, doit désormais établir le mobile exact de ce féminicide. Les enquêteurs examinent notamment le contexte conjugal et les éventuels antécédents de violences entre les époux.

Un féminicide de plus dans un bilan déjà lourd

Ce drame porte à 36 le nombre de féminicides recensés en France depuis le début de l’année 2026, selon les associations féministes qui alertent régulièrement sur l’ampleur de ce fléau. Un chiffre qui intervient dans un contexte où les violences conjugales restent un sujet de préoccupation majeur pour les autorités.

Les dernières statistiques officielles, publiées en octobre 2025, révèlent une hausse de 11 % du nombre de féminicides conjugaux entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024. Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Laurent Nuñez, avait qualifié la situation d’« insupportable » et assuré que les moyens mobilisés par les forces de l’ordre pour lutter contre ces violences étaient « totaux ».

Un contexte local marqué par la violence conjugale

Ce féminicide survient quelques jours après un autre drame dans le même département. Dimanche 11 mai 2026, un policier municipal a été soupçonné d’avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans, à Villers-en-Arthies avant de se donner la mort avec son arme de service. Un enchaînement de violences qui illustre la persistance des drames liés aux ruptures conjugales dans le Val-d’Oise.

Les associations féministes, comme le Collectif Féminicides par compagnons ou ex, multiplient les alertes depuis plusieurs semaines. Elles soulignent notamment une accélération des féminicides ces derniers mois, avec six victimes en seulement neuf jours début mai. Les militantes appellent à un renforcement des dispositifs de protection et à une meilleure application des mesures d’éloignement des conjoints violents.

« Depuis le début de l’année, 36 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. La mobilisation doit être à la hauteur de l’urgence. »

— Collectif féministe, cité par Le Figaro

Et maintenant ?

L’enquête devrait se poursuivre dans les prochains jours pour établir les circonstances exactes du crime et le mobile du féminicide. Les résultats de l’autopsie, attendus rapidement, pourraient apporter des éléments complémentaires sur les causes du décès. Le parquet de Pontoise devrait également se prononcer sur le placement du suspect en détention provisoire, une décision qui pourrait intervenir dans les 48 heures suivant son interpellation.

Par ailleurs, ce drame devrait relancer le débat sur l’efficacité des dispositifs de prévention et de protection des femmes victimes de violences conjugales. Une réunion interministérielle sur le sujet pourrait être organisée dans les prochaines semaines, selon des sources proches du dossier.

Des questions en suspens

Si les aveux du suspect permettent d’éclairer une partie des faits, plusieurs questions restent en suspens. Les enquêteurs devront notamment déterminer si des signaux d’alerte avaient été émis avant le drame. Une enquête administrative est également susceptible d’être ouverte à l’encontre du policier municipal impliqué dans le drame de Villers-en-Arthies, afin d’évaluer le respect des procédures internes.

Enfin, ce nouveau féminicide intervient dans un contexte où les associations demandent un durcissement des peines pour les auteurs de violences conjugales et une meilleure coordination entre les services judiciaires, policiers et sociaux. Les prochaines semaines pourraient être marquées par des annonces politiques sur ce sujet.

Les enquêteurs doivent finaliser les constatations techniques et procéder à l’audition du suspect. L’autopsie, prévue dans les prochains jours, devrait permettre de confirmer la cause exacte du décès. Le parquet de Pontoise devra ensuite décider du placement en détention provisoire du mis en cause.

Le département a été marqué par deux drames récents en moins d’une semaine. Cependant, il est trop tôt pour établir un lien direct entre ces événements, qui doivent être analysés au cas par cas par les autorités judiciaires.

Ce drame rappelle l’urgence d’agir contre les violences conjugales, un fléau qui continue de frapper la société française malgré les dispositifs existants. Les prochains mois diront si les mesures annoncées par les pouvoirs publics suffiront à inverser la tendance.