Dans une enquête publiée ce mois-ci, la journaliste indépendante Sarah Boucault signe un travail de fond sur les violences incestueuses commises par des enfants, un phénomène souvent ignoré ou minimisé. Selon Libération, son ouvrage donne la parole à huit agresseurs mineurs, offrant ainsi un éclairage brut et nécessaire pour comprendre les mécanismes à l’œuvre et tenter d’enrayer cette dynamique de violences.

Ce qu'il faut retenir

  • Huit témoignages de mineurs ayant commis des violences incestueuses, recueillis par la journaliste Sarah Boucault, sont au cœur de cette enquête inédite.
  • L’auteure ne cherche pas à excuser ces actes, mais à analyser la responsabilité collective qui les entoure.
  • L’objectif affiché est de comprendre les causes profondes de ces violences pour mieux les prévenir à l’avenir.
  • Cette enquête s’inscrit dans un contexte où les violences intrafamiliales, et notamment incestueuses, restent largement taboues en France.

Une enquête pour briser le silence autour d’un sujet tabou

En s’appuyant sur des entretiens approfondis avec huit jeunes ayant commis des violences incestueuses, Sarah Boucault signe une enquête qui sort de l’ombre un phénomène rarement abordé publiquement. D’après Libération, ces témoignages révèlent des parcours souvent marqués par la répétition de schémas violents, parfois transmis par l’entourage ou par l’environnement familial lui-même. Bref, il ne s’agit pas de stigmatiser ces mineurs, mais bien de décrypter les conditions qui ont pu conduire à de tels actes.

La journaliste rappelle que ces violences, lorsqu’elles sont commises par des enfants, posent une question complexe : celle de la responsabilité. Faut-il considérer ces mineurs comme de simples victimes d’un système ou comme des acteurs de leurs actes ? L’enquête de Sarah Boucault évite soigneusement de trancher dans un sens ou dans l’autre, préférant analyser les facteurs sociaux, familiaux et psychologiques qui entrent en jeu. Pour elle, la priorité reste d’enrayer la spirale de la violence, quels que soient les profils des auteurs.

Dépasser l’approche individuelle pour cibler les mécanismes collectifs

L’une des originalités de ce travail repose sur le refus d’une analyse centrée uniquement sur les agresseurs. Comme le précise Sarah Boucault,

« Le but n’est pas d’excuser les enfants incesteurs, mais d’analyser la responsabilité collective pour enrayer les violences ».
Cette approche interroge donc l’ensemble de la société : comment les normes, les silences et les dysfonctionnements institutionnels contribuent-ils à perpétuer ces violences ?

L’enquête met en lumière des éléments clés, comme l’impact des violences subies dans l’enfance, l’absence de repères éducatifs, ou encore l’influence des dynamiques familiales dysfonctionnelles. Autant dire que la réponse à ce problème ne peut se limiter à une simple sanction des mineurs impliqués. Il s’agit, en réalité, d’une réflexion de fond sur la prévention et l’accompagnement des familles à risque. Sarah Boucault plaide pour une prise de conscience collective, où chaque acteur – éducateurs, enseignants, professionnels de santé – aurait un rôle à jouer.

Et maintenant ?

Cette enquête, qui s’appuie sur des témoignages recueillis ces dernières années, devrait alimenter les débats sur la prise en charge des mineurs auteurs de violences intrafamiliales. D’ici la fin de l’année 2026, plusieurs associations spécialisées dans la protection de l’enfance ont annoncé qu’elles organiseraient des ateliers de sensibilisation dans les établissements scolaires. L’objectif ? Former les jeunes à reconnaître les situations à risque et à briser le silence autour des violences familiales. Reste à voir si ces initiatives seront suffisantes pour faire évoluer les mentalités et les pratiques.

En attendant, le livre de Sarah Boucault, qui devrait être publié dans les prochaines semaines, pourrait bien devenir une référence pour les professionnels du secteur. Il reste à espérer que cette enquête contribuera à ouvrir des pistes concrètes pour prévenir ces violences, plutôt que de se contenter de constater leur existence.

Parce que ces violences, bien que moins médiatisées que celles commises par des adultes, posent des questions complexes en termes de responsabilité, de prévention et de réparation. Comme le souligne Sarah Boucault, elles révèlent souvent des dysfonctionnements familiaux ou sociaux profonds, nécessitant une approche globale.