D’ici la fin de l’année 2026, le constructeur allemand Mercedes-Benz aura vendu l’ensemble de ses concessions automobiles en Allemagne. Selon BFM Business, cette cession progressive s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à confier la gestion des points de vente à des propriétaires indépendants, jugés plus à même d’investir et de moderniser les sites.

Ce qu'il faut retenir

  • Mercedes-Benz va céder toutes ses concessions en Allemagne, y compris celles de Berlin, d’ici la fin 2026.
  • Le groupe britannique Global Auto Holdings rachète 7 sites berlinois, dont le plus grand établissement du constructeur, employant 1 100 salariés.
  • Cette stratégie, lancée en 2024, vise à recentrer Mercedes sur la production automobile plutôt que sur la gestion des concessions.
  • Une « compensation pour préjudice » sera versée aux salariés transférés vers le nouvel employeur, en fonction de leur ancienneté.
  • Depuis 2025, des concessions ont déjà été vendues à Coblence, Neu-Ulm, Mayence, Dortmund et Lübeck. En 2026, dix autres sites supplémentaires ont trouvé preneur.

Une cession accélérée des concessions berlinoises

Mercedes-Benz a annoncé ce mardi la vente de ses sept concessions situées à Berlin et dans sa banlieue au groupe Global Auto Holdings, une société britannique déjà gestionnaire des garages Mercedes au Royaume-Uni. Parmi ces sites figure le « Salfuzer », le plus grand établissement du constructeur dans la capitale, couvrant 36 000 mètres carrés. Selon un porte-parole du constructeur, cité par BFM Business, ce transfert concernera 1 100 salariés, dont ceux de l’établissement berlinois.

« Nous croyons en l’approche *Best-Ownership* », a déclaré le porte-parole à l’AFP. « Un propriétaire indépendant gérera mieux la vente de voitures. » Cette philosophie s’inscrit dans une logique de désengagement progressif de la gestion des concessions pour se concentrer sur la production automobile, un choix stratégique adopté depuis 2024 par le constructeur de Stuttgart.

Une stratégie de cession étendue à tout le territoire allemand

L’objectif affiché par Mercedes-Benz est clair : vendre l’intégralité de ses concessions en Allemagne d’ici la fin de l’année 2026. Déjà, depuis 2025, plusieurs sites ont été cédés, notamment à Coblence, Neu-Ulm, Mayence, Dortmund et Lübeck. En début d’année 2026, dix autres concessions, situées à Aix-la-Chapelle, Cassel, Wurtzbourg, Wuppertal, Reutlingen et Hanovre, ont également trouvé preneur. « La finalisation du contrat pour les sites berlinois est prévue pour la fin de l’année 2026, sous réserve de l’approbation des autorités de la concurrence », précise le communiqué du groupe.

Ce mouvement s’inscrit dans une refonte plus large de la distribution automobile chez Mercedes-Benz. En externalisant la gestion des concessions, le constructeur espère bénéficier d’investissements accrus de la part des nouveaux propriétaires, tout en réduisant ses coûts opérationnels et en se recentrant sur l’innovation et la production de véhicules.

Des garanties pour les salariés concernés

Pour les 1 100 salariés des concessions berlinoises transférées à Global Auto Holdings, Mercedes-Benz a prévu une « compensation pour préjudice ». Le montant de cette indemnisation dépendra de l’ancienneté de chaque employé, afin d’atténuer l’impact de ce changement d’employeur. « La transition sera accompagnée pour garantir la continuité des services et la stabilité des emplois », a assuré le porte-parole du constructeur.

Cette approche n’est pas nouvelle pour Mercedes-Benz, qui a déjà procédé à des transferts similaires dans d’autres régions allemandes. Les salariés concernés par les cessions précédentes ont bénéficié de mesures comparables, visant à sécuriser leur parcours professionnel malgré le changement de structure. Selon les observateurs du secteur, cette politique vise à limiter les risques de tensions sociales et à préserver la réputation du constructeur en tant qu’employeur responsable.

« Un propriétaire indépendant gérera mieux la vente de voitures. Nous estimons que cette approche *Best-Ownership* permettra d’investir davantage dans la modernisation des sites et d’améliorer l’expérience client. »
— Porte-parole de Mercedes-Benz, cité par l’AFP

Un pari sur l’efficacité des réseaux indépendants

Mercedes-Benz n’est pas le premier constructeur à adopter cette stratégie. Plusieurs marques automobiles européennes et internationales ont déjà externalisé la gestion de leurs concessions, jugeant que des propriétaires indépendants étaient plus agiles pour adapter leurs points de vente aux évolutions du marché. En confiant la gestion de ses concessions à des partenaires spécialisés, le constructeur allemand mise sur une meilleure réactivité commerciale et une capacité accrue à moderniser les infrastructures.

Pour Global Auto Holdings, ce rachat représente une opportunité de renforcer sa présence sur le marché allemand, où Mercedes-Benz occupe une place centrale. Le groupe britannique, déjà implanté au Royaume-Uni, pourrait ainsi étendre son réseau et bénéficier de la notoriété de la marque starteutoise. « Nous sommes convaincus que cette collaboration sera bénéfique pour toutes les parties », a indiqué un représentant de Global Auto Holdings, sans préciser les détails financiers de l’opération.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, Mercedes-Benz devra finaliser la cession des sept concessions berlinoises, sous réserve des approbations réglementaires. Le constructeur pourrait ensuite accélérer les ventes des concessions restantes dans les autres régions allemandes, si cette stratégie s’avère concluante. Pour les salariés concernés, la période de transition s’annonce cruciale, avec des garanties financières et un accompagnement à l’emploi. Reste à voir si cette externalisation permettra effectivement d’améliorer l’efficacité commerciale des concessions, comme l’espère Mercedes-Benz.

Cette restructuration s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du secteur automobile, marqué par la montée en puissance des véhicules électriques et la digitalisation des ventes. En se recentrant sur son cœur de métier, Mercedes-Benz pourrait gagner en flexibilité pour affronter les défis technologiques et concurrentiels des années à venir.

Selon Mercedes-Benz, le montant de l’indemnisation dépendra principalement de l’ancienneté des salariés transférés chez le nouvel employeur. Aucune précision n’a encore été donnée sur les modalités exactes de calcul ou sur les éventuelles majorations en fonction d’autres critères.