Alors que les tensions internationales s’exacerbent sous l’impulsion de la politique étrangère des États-Unis, une figure mexicaine émerge dans ce concert de dissonances. Selon Libération, Claudia Sheinbaum, élue à la présidence du Mexique fin 2024, incarne une tentative de stabilité politique dans un paysage régional profondément perturbé. Son élection, saluée par une partie de la communauté internationale, se heurte cependant à une opposition interne particulièrement virulente, où médias et institutions traditionnelles semblent jouer une partition discordante.

Ce qu'il faut retenir

  • Claudia Sheinbaum a été élue présidente du Mexique fin 2024.
  • Son élection intervient dans un contexte de tensions internationales accentuées par la politique de Donald Trump.
  • Une partie de la presse et des institutions mexicaines lui opposent une résistance marquée.
  • Sheinbaum doit composer avec une armée de « trombones désaccordés », selon l’expression de Libération.
  • Son mandat s’inscrit dans une volonté de rupture avec les pratiques politiques passées.

Une élection historique dans un contexte géopolitique tendu

L’élection de Claudia Sheinbaum à la tête du Mexique en décembre 2024 marquait un tournant politique pour le pays. Première femme élue à ce poste, elle succédait à un gouvernement marqué par des décennies de domination masculine et de pratiques clientélistes. Son programme, axé sur la justice sociale et la transition écologique, contrastait avec l’approche isolationniste et belliqueuse adoptée par Donald Trump à la même période aux États-Unis. Selon Libération, cette élection a été perçue comme un espoir de renewal pour une région latino-américaine en proie à des crises économiques et politiques répétées.

Pourtant, ce scrutin s’est tenu dans un contexte international particulièrement agité. Les relations entre les États-Unis et le Mexique, déjà tendues sous l’administration précédente, se sont encore dégradées avec l’arrivée au pouvoir de Trump. Ses déclarations protectionnistes et ses menaces de sanctions commerciales ont pesé sur la campagne électorale mexicaine, obligeant Sheinbaum à adopter une posture à la fois ferme et pragmatique.

Une opposition interne structurée et hostile

Malgré sa victoire électorale, Claudia Sheinbaum doit faire face à une opposition politique et médiatique organisée. Selon Libération, une partie des médias traditionnels, traditionnellement alignés sur les élites économiques, a multiplié les critiques à son égard dès les premiers mois de son mandat. Des journaux comme El Universal ou Excélsior, souvent perçus comme proches des anciens régimes, ont systématiquement contesté ses réformes, notamment celles visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources naturelles.

Cette résistance s’étend également au sein des institutions. Le Congrès, où l’opposition conservatrice reste majoritaire, a bloqué plusieurs projets de loi phares, comme la réforme fiscale ou la loi sur l’éducation. «

Ils jouent une partition qui n’est pas la sienne, une symphonie où chaque note est désaccordée avec la sienne
», a ainsi déclaré Sheinbaum lors d’un discours à Mexico en mars 2026, selon Libération. Cette opposition, à la fois médiatique et politique, limite considérablement sa marge de manœuvre et complique la mise en œuvre de son agenda réformiste.

Un style de gouvernance en rupture avec les pratiques passées

Claudia Sheinbaum a choisi de gouverner avec une méthode distincte de celle de ses prédécesseurs. Elle mise sur une communication directe avec la population, via les réseaux sociaux et des conférences de presse régulières, pour contourner ce qu’elle qualifie de « machine à propagande » des médias traditionnels. Cette stratégie, bien que saluée par ses soutiens, a également été critiquée pour son manque de transparence et son côté « populiste » par ses détracteurs.

Sur le plan économique, son gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour réduire la dépendance du pays aux États-Unis, notamment en diversifiant les partenariats commerciaux avec l’Europe et l’Asie. En avril 2026, Sheinbaum a annoncé la signature d’un accord avec l’Union européenne pour moderniser les infrastructures portuaires mexicaines, un projet estimé à 2,5 milliards de dollars. Pourtant, ces avancées restent fragiles, tant l’opposition cherche à les discréditer en les présentant comme coûteuses et inefficaces.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour Claudia Sheinbaum. Son gouvernement doit présenter d’ici l’été 2026 un plan détaillé pour réformer le système fiscal, une mesure clé pour financer ses programmes sociaux mais aussi un sujet de tension majeure avec le secteur privé. Par ailleurs, les élections législatives partielles de septembre 2026 pourraient modifier l’équilibre des forces au Congrès et, le cas échéant, faciliter ou compliquer la tâche de la présidente. Enfin, la question migratoire, exacerbée par les politiques restrictives américaines, reste un défi quotidien pour Mexico, qui doit concilier fermeté et humanité.

Reste à voir si Claudia Sheinbaum parviendra à transformer cette cacophonie en harmonie, ou si elle restera prisonnière d’un jeu politique où chaque instrument joue sa propre mélodie.

Selon Libération, le bilan économique de Claudia Sheinbaum reste contrasté. Son gouvernement a lancé plusieurs grands projets d’infrastructure, notamment dans les énergies renouvelables, mais les résultats concrets en termes de croissance et d’emploi tardent à se matérialiser. Le taux de chômage reste élevé, à 7,2 % en avril 2026 (contre 6,8 % fin 2024), et l’inflation a légèrement augmenté, passant de 4,5 % à 5,1 % sur la même période. Ces chiffres s’expliquent en partie par la baisse des investissements étrangers, freinés par l’incertitude politique et les tensions commerciales avec les États-Unis.