Une expédition conjointe entre l’Inde et le Danemark va explorer l’épave de l’Oresund, un navire danois coulé en 1619 au large des côtes indiennes, selon Le Figaro. Ce projet, annoncé ce mercredi par Rasmus Abildgaard Kristensen, ambassadeur du Danemark en Inde, vise à éclairer un pan méconnu des échanges commerciaux européens en Asie du Sud.

Ce qu'il faut retenir

  • Un navire danois, l’Oresund, a sombré en 1619 au large de Karikal, dans l’actuel territoire de Pondichéry.
  • Une mission archéologique sous-marine conjointe, signée entre le Service archéologique d’Inde et le Musée national du Danemark, débutera prochainement.
  • Les chercheurs espèrent documenter les premières activités commerciales danoises en Inde, souvent éclipsées par les récits coloniaux britannique ou français.
  • Le Danemark a établi son premier comptoir commercial en Inde en 1620, à Tranquebar, dans l’actuel Tamil Nadu.
  • L’épave est considérée comme le premier navire danois connu à avoir atteint les côtes indiennes.

Une collaboration historique pour percer les mystères d’un naufrage vieux de quatre siècles

L’Oresund, parti du Danemark, a sombré en 1619 au large de Karikal, une ville côtière située dans l’actuel territoire de Pondichéry, au sud-est de l’Inde. Le ministère indien de la Culture souligne, dans un communiqué, que ce navire « occupe une place importante dans l’histoire maritime en tant que premier navire danois connu à avoir atteint l’Inde ».

Pour explorer cette épave, l’Inde et le Danemark ont signé un accord de coopération le lundi 16 juin 2026, portant sur une « fouille archéologique sous-marine conjointe ». Le Service archéologique d’Inde, dépendant du ministère de la Culture, et le Musée national du Danemark, basé à Copenhague, coordonneront les opérations. « Ce projet permettra aux deux pays d’unir leurs forces pour étudier l’épave du navire », a déclaré Rasmus Abildgaard Kristensen sur les réseaux sociaux, sans préciser de date de début des explorations.

Un éclairage sur les prémices des échanges commerciaux danois en Asie

Les fouilles pourraient révéler des artefacts ou des indices sur les premières activités commerciales danoises en Inde, une période rarement évoquée dans les récits historiques. Ces échanges, bien que moins documentés que ceux des Britanniques, des Français, des Portugais ou des Hollandais, ont pourtant marqué le début d’une présence européenne durable en Asie du Sud. Le Danemark a établi son premier comptoir commercial sur le sous-continent en 1620, soit un an après le naufrage de l’Oresund, à Tranquebar (aujourd’hui Tharangambadi, dans le Tamil Nadu).

Ce comptoir, fortifié, est aujourd’hui transformé en musée. Il témoigne de l’ambition danoise de s’imposer sur les routes commerciales asiatiques, alors dominées par les compagnies des Indes orientales britannique et néerlandaise. « Les liens entre l’Europe et l’Inde ont souvent été associés à Vasco de Gama et à l’arrivée des Portugais en 1498 », rappelle Le Figaro. Pourtant, ces contacts directs ne sont que l’aboutissement de siècles de commerce indirect, orchestré par des réseaux marchands arabes, perses et méditerranéens, via la mer Rouge.

Contexte historique : des échanges bien plus anciens que les récits coloniaux

Longtemps avant l’arrivée des Européens, l’Inde entretenait des relations commerciales avec l’Empire romain, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. En 2025, la marine indienne a ainsi reproduit une traversée historique en faisant naviguer un navire traditionnel en bois de 20 mètres de long jusqu’en Oman. Sa coque, assemblée avec des cordes en fibre de coco, rappelait les techniques utilisées il y a plus de deux millénaires par les marins indiens pour commercer avec Rome et d’autres civilisations.

Ces échanges, bien que moins médiatisés que les expéditions coloniales, ont façonné les réseaux économiques de l’océan Indien. L’exploration de l’Oresund pourrait ainsi offrir un regard nouveau sur cette période charnière, où les puissances européennes commençaient à s’immiscer dans un système commercial déjà bien établi.

« L’Oresund occupe une place importante dans l’histoire maritime en tant que premier navire danois connu à avoir atteint l’Inde. »
Ministère indien de la Culture, dans un communiqué

Une épave au cœur des enjeux de préservation du patrimoine sous-marin

L’exploration de l’épave soulève également des questions sur la préservation des sites archéologiques sous-marins. En juin 2026, alors que les deux pays se préparent à lancer leurs opérations, les défis logistiques et techniques restent nombreux. Les courants marins, la corrosion ou la sédimentation pourraient rendre l’accès difficile aux restes du navire. De plus, les réglementations locales et internationales en matière de fouilles sous-marines devront être strictement respectées pour éviter toute dégradation du site.

Les archéologues indiens et danois devront également collaborer étroitement avec les autorités locales, notamment celles de Pondichéry, où se situe l’épave. Cette région, autrefois un territoire français, conserve un patrimoine colonial riche, mais aussi des traces de contacts bien plus anciens avec les Européens. La fouille pourrait ainsi s’inscrire dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine maritime indien.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats des négociations en cours entre les équipes archéologiques et les autorités locales. Si les conditions le permettent, les premières plongées pourraient débuter d’ici la fin de l’année 2026. Les chercheurs espèrent notamment identifier des objets liés au commerce danois, comme des pièces de monnaie, des céramiques ou des outils, qui pourraient confirmer le rôle de l’Oresund dans les échanges transcontinentaux. Une fois les données collectées, une partie des artefacts sera probablement exposée au Musée national du Danemark ou au sein d’institutions indiennes, tandis que d’autres resteront sous l’eau dans le cadre d’une préservation in situ.

Cette mission s’inscrit dans une tendance plus large de collaboration internationale pour l’archéologie sous-marine, alors que de nombreux pays cherchent à documenter et protéger leur patrimoine immergé. Pour l’Inde et le Danemark, elle représente aussi une opportunité de renforcer leurs liens historiques, alors que les deux nations célèbrent leurs quatre siècles de relations.

L’Oresund est le premier navire danois dont l’arrivée en Inde est attestée en 1619. Son naufrage marque ainsi le début de la présence danoise officielle dans la région, avant même l’établissement du comptoir de Tranquebar en 1620. Cette épave est donc un symbole des premières ambitions commerciales du Danemark en Asie.

Les chercheurs s’attendent à trouver des artefacts liés au commerce, comme des pièces de monnaie, des céramiques, des outils ou des éléments de la cargaison. Ces objets pourraient fournir des indices sur les produits échangés entre le Danemark et l’Inde à l’époque, ainsi que sur les techniques de navigation utilisées par les marins danois.