Deux banquets du Canon français, une société d’armement, sont programmés en octobre à Chemillé-en-Anjou, en Maine-et-Loire. Une intersyndicale regroupant des syndicats de gauche a critiqué, ce mercredi 10 juin, le mutisme du maire de la commune à ce sujet. Ces organisations appellent à une mobilisation contre cet événement, qu’elles associent à l’extrême droite. Selon Ouest France, cette prise de position s’inscrit dans un climat de tensions autour des liens présumés entre certaines entreprises d’armement et des mouvements politiques controversés.
L’intersyndicale « antifasciste » a interpellé publiquement l’édile local lors d’une déclaration faite en mairie, reprochant son absence de réaction face à l’organisation de ces banquets. Dans un communiqué transmis à la presse, elle a exigé une clarification de sa part, tout en annonçant le lancement d’une campagne de protestation. Ces rassemblements, organisés par des membres de la communauté des anciens combattants et sympathisants de la cause nationaliste, se tiendront les 12 et 19 octobre 2026 dans la commune de Chemillé-en-Anjou, située à une vingtaine de kilomètres d’Angers.
Ce qu'il faut retenir
- Deux banquets du Canon français sont prévus les 12 et 19 octobre 2026 à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire).
- Une intersyndicale « antifasciste » a critiqué le maire pour son silence sur l’événement, d’après Ouest France.
- Cette mobilisation s’appuie sur l’association présumée entre ces rassemblements et des courants d’extrême droite.
- Les organisateurs des banquets n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations.
Un événement controversé, un maire silencieux
L’intersyndicale, qui regroupe plusieurs syndicats de gauche, a choisi de s’exprimer publiquement pour dénoncer l’absence de prise de position du maire de Chemillé-en-Anjou. « Nous attendons une réponse claire de sa part, car organiser de tels événements dans notre commune, sans aucun recul, est inacceptable », a affirmé un représentant de la coordination, cité par Ouest France. Le maire, contacté par le quotidien régional, n’a pas encore réagi à ces critiques, malgré la demande d’entretien formulée par les syndicats.
Ces banquets du Canon français, une entreprise spécialisée dans la production d’armes légères, attirent régulièrement des figures issues de milieux politiques ou militaires controversés. Les organisateurs, souvent liés à des associations d’anciens combattants, insistent sur la dimension commémorative de ces rassemblements. Pourtant, pour leurs détracteurs, ils constituent une tribune pour des discours et des réseaux qu’ils jugent proches de l’extrême droite. Ouest France souligne que ces événements ont déjà fait l’objet de vives polémiques dans d’autres régions françaises.
Des mobilisations déjà en préparation
Face à cette situation, l’intersyndicale a d’ores et déjà lancé un appel à manifester le jour du premier banquet, le 12 octobre. Une pétition en ligne circule également pour demander l’annulation des deux événements, recueillant plusieurs milliers de signatures en moins de 48 heures. « Nous ne laisserons pas notre territoire devenir un lieu de promotion de l’extrémisme », a martelé un porte-parole du collectif, lors d’une conférence de presse improvisée devant la mairie.
Les organisateurs des banquets, contactés par Ouest France, ont pour leur part indiqué qu’ils maintenaient le calendrier prévu. « Ces rassemblements sont avant tout une occasion de rendre hommage à nos camarades disparus et de célébrer notre histoire », a expliqué l’un d’eux, ajoutant que l’événement était ouvert à tous, sans distinction politique. Pourtant, les organisateurs ont refusé de préciser si des personnalités politiques seraient invitées cette année.
Cette polémique illustre les tensions croissantes autour de la présence d’entreprises d’armement dans des événements locaux. Faut-il y voir une simple question de liberté de réunion ou un risque de dérives politiques ? La réponse pourrait bien dépendre des décisions qui seront prises dans les prochaines semaines.
Le Canon français est une entreprise spécialisée dans la conception et la production d’armes légères. Fondée il y a plusieurs décennies, elle est régulièrement pointée du doigt pour ses liens présumés avec des milieux militaristes et nationalistes. Ses activités et ses rassemblements font l’objet de controverses, notamment en raison des profils des participants et des discours qui y sont tenus.