Face à une recrudescence des échanges toxiques sur internet, les marques se retrouvent aujourd’hui en première ligne pour gérer la modération de contenus en ligne. Selon l’Observatoire 2025 de Bodyguard, spécialiste de la modération automatisée et humaine, les plateformes numériques seraient moins strictes qu’auparavant, exposant davantage les entreprises aux risques de bad buzz ou d’atteinte à leur réputation. Cette situation impose aux marques de repenser leur stratégie de modération, sous peine de subir des conséquences économiques et d’image.
D’après BDM, l’étude révèle un durcissement des échanges en ligne, marqué par une hausse des discours haineux et des contenus inappropriés. Charles Cohen, fondateur de Bodyguard, souligne que cette évolution contraint les entreprises à agir rapidement pour protéger leur image et leurs clients. « Les marques ne peuvent plus ignorer cette réalité », a-t-il déclaré. « La modération n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. »
Ce qu'il faut retenir
- L’Observatoire 2025 de Bodyguard met en lumière une augmentation des discours haineux sur les plateformes numériques.
- Les marques sont directement impactées par cette tendance, avec des risques accrus de bad buzz ou d’atteinte à leur réputation.
- La modération des contenus en ligne devient un enjeu stratégique pour les entreprises, selon Charles Cohen, fondateur de Bodyguard.
Des plateformes moins modérées qu’auparavant
Les réseaux sociaux et forums en ligne, principaux vecteurs de ces échanges toxiques, auraient réduit leurs efforts de modération ces dernières années. BDM indique que cette tendance s’inscrit dans un contexte de changement des politiques de modération, souvent motivé par des contraintes techniques ou des débats sur la liberté d’expression. Résultat : les marques doivent désormais assumer une part croissante de la régulation des contenus qui leur sont associés.
Charles Cohen précise que cette situation n’est pas sans conséquences. « Les entreprises qui ne maîtrisent pas ces enjeux s’exposent à des risques juridiques, financiers et réputationnels », a-t-il expliqué. Les bad buzz, souvent amplifiés par les algorithmes des réseaux sociaux, peuvent en effet atteindre des proportions difficiles à contenir une fois lancés.
Un coût économique et réputationnel croissant
Pour les marques, les répercussions d’un manque de modération ne se limitent pas à des pertes de ventes immédiates. Elles doivent aussi composer avec des coûts cachés, comme la gestion de crise ou les partenariats commerciaux rompus en raison d’associations négatives. Selon BDM, certaines entreprises ont déjà subi des pertes estimées à plusieurs millions d’euros après des polémiques en ligne mal gérées.
Cette pression financière s’ajoute aux défis opérationnels. Les équipes marketing et communication doivent désormais intégrer des protocoles de réponse rapides, tandis que les services juridiques sont sollicités pour évaluer les risques liés aux contenus publiés ou partagés par les utilisateurs. « C’est un cercle vicieux », résume Charles Cohen. « Plus les marques attendent pour agir, plus le problème s’aggrave. »
Les solutions envisagées par les entreprises
Face à ce constat, certaines marques optent pour des outils de modération automatisée, comme ceux proposés par Bodyguard. Ces solutions permettent de détecter et supprimer en temps réel les contenus haineux ou inappropriés, avant qu’ils ne se propagent. D’autres entreprises préfèrent externaliser cette tâche à des prestataires spécialisés, tandis que certaines renforcent leurs équipes internes dédiées à la veille et à la modération.
Cependant, comme le rappelle BDM, aucune solution n’est parfaite. Les outils automatisés peuvent générer des erreurs de modération, tandis que les prestataires externes entraînent des coûts récurrents. « Il n’y a pas de solution miracle », admet Charles Cohen. « Chaque marque doit adapter sa stratégie en fonction de ses besoins et de ses ressources. »
Une chose est sûre : dans un paysage numérique de plus en plus toxique, la modération n’est plus l’affaire des seuls réseaux sociaux. Elle est devenue un pilier de la stratégie de communication des marques, au même titre que la publicité ou le service client.
Selon l’Observatoire 2025 de Bodyguard, les contenus les plus fréquents incluent les propos racistes, sexistes, homophobes, ainsi que les attaques personnelles et les fake news diffusées à des fins de nuisance.