D'après nos confrères de Le Monde, la hausse des prix de l’énergie relance la question de la performance énergétique des bâtiments et la nécessité d’engager de vastes plans publics d’amélioration de l’habitat. Une proposition de loi a été déposée par le groupe La France insoumise (LFI) pour accélérer la rénovation thermique des logements, en garantissant un « reste à charge zéro » pour les ménages les plus modestes réalisant des travaux et en interdisant la location des logements les plus énergivores.

Cependant, de nombreuses idées reçues entourent la rénovation énergétique des bâtiments. Les maisons anciennes ou très grandes sont-elles les pires passoires thermiques ? Peut-on vraiment isoler sa maison pour un euro ? Nous allons faire le tour de neuf idées reçues sur le sujet.

Ce qu'il faut retenir

  • Les plans de rénovation énergétique donnent du travail pour plusieurs années aux acteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP), mais ce secteur est confronté à des problèmes de pénurie de main-d’œuvre.
  • Les passoires thermiques concernent un logement sur cinq, avec une proportion plus élevée pour les petits logements.
  • Le mode de chauffage est plus pertinent que la distinction ville/campagne pour comprendre les différences de performance énergétique.
  • Les constructions anciennes, datées d’avant 1948, disposent souvent de propriétés thermiques plus intéressantes que des constructions des années 1960 ou 1970.
  • Mieux vaut réaliser tous les travaux d’un seul coup pour viser une réelle amélioration énergétique.
  • Il est vivement recommandé d’isoler l’ensemble de sa maison en une seule ou deux étapes de travaux maximum.
  • Avant de chercher à changer son mode de chauffage, mieux vaut se concentrer sur l’isolation.
  • Les fenêtres ne représentent que 10 % à 15 % des pertes de chaleur dans une maison construite avant 1974 et non isolée.
  • Les matériaux biosourcés, fabriqués à partir de matières premières d’origine animale ou végétale, sont souvent conseillés car ils ont une empreinte carbone limitée.

Les plans de rénovation énergétique

Les plans de rénovation énergétique donnent certes du travail pour plusieurs années aux acteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP), mais ce secteur est confronté à des problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui l’empêchent de profiter pleinement de ces aides publiques. Lors de l’examen du budget 2023 à l’Assemblée nationale, la majorité s’est d’ailleurs appuyée sur cet argument pour refuser d’ajouter 12 milliards d’euros pour l’amélioration des logements.

« L’enjeu de la rénovation est loin de se limiter à une simple dimension budgétaire. Il faut d’abord (…) développer la filière et la planifier. (…) Sans ce travail préalable, toute augmentation de budget reviendrait à ouvrir des crédits qui ne seront pas dépensés », a argumenté Olivier Klein, le ministre délégué chargé de la ville et du logement.

Les passoires thermiques

Près de 20 % des 36,6 millions de logements français sont très énergivores, selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE). Parmi ces passoires thermiques, classés en F ou G par le diagnostic de performance énergétique (DPE), on trouve 5,2 millions de résidences principales.

La proportion de « passoires thermiques » est plus élevée pour les petits logements. Un tiers des appartements ou maisons de moins de 30 mètres carrés sont mal classés, contre seulement un huitième pour les surfaces les plus grandes.

Le mode de chauffage

Le mode de chauffage est en réalité plus pertinent que la distinction ville/campagne pour comprendre les différences de performance énergétique : 44,4 % des résidences principales chauffées au fioul domestique (ou autres dérivés du pétrole) sont des passoires thermiques (F à G). Soit trois fois plus que les habitations dépendantes d’autres énergies : 15,4 % pour les chauffages électriques, 12,1 % pour le gaz et 13,2 % pour le bois).

La rénovation énergétique

Même si ce type d’opération n’est pas accessible à toutes les bourses, mieux vaut réaliser tous les travaux d’un seul coup pour viser une réelle amélioration énergétique. « Il est vivement recommandé d’isoler l’ensemble de sa maison en une seule ou deux étapes de travaux maximum, insiste l’Ademe. En effet, plus les étapes se multiplient, moins il y a de chance d’atteindre la performance visée.

Les matériaux biosourcés

Les matériaux biosourcés, fabriqués à partir de matières premières d’origine animale ou végétale, sont souvent conseillés car ils ont une empreinte carbone limitée. L’aspect écologique n’est toutefois pas forcément un gage de qualité sanitaire : ils peuvent contenir « des additifs nécessaires à [sa] conservation » ou encore des pesticides, prévient l’Ademe, qui déplore qu’il n’y ait « pas de référentiels permettant d’affirmer qu’un produit est sain ou non ».

Et maintenant ?

La proposition de loi visant à accélérer la rénovation thermique des logements, déposée par le groupe LFI, qui doit être discutée le 24 novembre à l’Assemblée nationale, prévoit de « cibler les aides à la rénovation en fonction des revenus des ménages, avec un reste à charge zéro pour les plus modestes ». Mais elle a peu de chances d’être votée en l’état, en raison de l’opposition de la majorité.

En conclusion, la rénovation énergétique des bâtiments est un sujet complexe qui nécessite une approche globale et coordonnée. Il est essentiel de prendre en compte les différentes idées reçues et de se concentrer sur les solutions les plus efficaces pour améliorer la performance énergétique des logements.