Eric Ciotti, maire Les Républicains (LR) de Nice et figure de l’extrême droite, a porté plainte, ce mercredi 18 juin 2026, devant la Cour de justice de la République (CJR) contre Philippe Tabarot, ministre des Transports, à la suite d’une altercation publique entre les deux hommes. Ciotti a également réitéré sa demande de démission de Tabarot, qu’il accuse d’ingérences politiques dans les affaires locales.

Selon Le Monde, cette saisine s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées entre les deux personnalités, liées aux enjeux des prochaines élections sénatoriales prévues en septembre 2026. Les désaccords portent notamment sur la gestion des transports et des infrastructures dans les Alpes-Maritimes, un département où Ciotti exerce une influence politique majeure.

Ce qu'il faut retenir

  • Eric Ciotti, maire LR de Nice, a déposé plainte ce 18 juin 2026 devant la Cour de justice de la République contre Philippe Tabarot, ministre des Transports.
  • La plainte fait suite à une altercation publique entre les deux hommes et à la demande de démission de Tabarot formulée par Ciotti.
  • Les tensions s’inscrivent dans le cadre des élections sénatoriales de septembre 2026, avec des désaccords sur la gestion des transports dans les Alpes-Maritimes.

Une plainte déposée pour « atteinte à l’autorité municipale »

Dans sa plainte, Eric Ciotti accuse Philippe Tabarot d’avoir « outrepassé ses prérogatives » en s’immiscant dans des dossiers locaux, notamment celui des transports en commun niçois. Selon ses avocats, cité par Le Monde, cette démarche vise à « sanctionner une tentative d’ingérence politique » dans la gestion municipale. « Tabarot a multiplié les déclarations publiques remettant en cause l’action de la mairie, ce qui est inacceptable pour un ministre », a affirmé un proche de Ciotti, sous couvert d’anonymat.

La Cour de justice de la République, compétente pour juger les ministres en exercice, a confirmé avoir enregistré la plainte. Aucune date de traitement n’a encore été fixée. Cette procédure, bien que rare, pourrait aboutir à une sanction disciplinaire ou à une reconnaissance de responsabilité politique pour Tabarot.

Les élections sénatoriales de septembre 2026 au cœur des tensions

Le conflit entre Ciotti et Tabarot ne se limite pas à une querelle personnelle. Il reflète des divergences stratégiques au sein de la majorité présidentielle et de la droite, à quelques mois d’un scrutin sénatorial crucial. Les Alpes-Maritimes, département ancré à droite, sont un enjeu majeur : la liste LR, menée par Ciotti, y brigue la reconduction de son influence face à une opposition divisée.

Philippe Tabarot, proche du président de la République, est perçu par Ciotti comme un représentant d’une ligne centralisatrice incompatible avec les attentes locales. « Nice a ses spécificités, et Tabarot ignore systématiquement nos demandes », a-t-il critiqué lors d’une conférence de presse ce matin. De son côté, le ministre a défendu sa gestion des dossiers nationaux, tout en évitant de commenter directement la plainte.

Une escalade politique aux conséquences incertaines

Cette saisine judiciaire marque une escalade dans un bras de fer politique déjà tendu. Depuis plusieurs semaines, les deux hommes s’affrontent publiquement, multipliant les déclarations polémiques. Tabarot a notamment accusé Ciotti de « bloquer des projets d’infrastructures » au nom d’intérêts partisans, tandis que Ciotti lui reproche de « mépriser la démocratie locale ».

Pour l’heure, ni l’Élysée ni Matignon n’ont réagi officiellement. Pourtant, ce dossier pourrait peser sur les négociations en cours pour les alliances de droite en vue des sénatoriales. « On assiste à une radicalisation des positions, autant dire que la situation est bloquée », analyse un observateur politique proche des Républicains.

Et maintenant ?

La Cour de justice de la République doit désormais examiner la recevabilité de la plainte. Si elle est jugée recevable, une enquête pourrait être ouverte, ce qui retarderait les discussions politiques. Les élections sénatoriales de septembre, elles, approchent à grands pas : les candidats devront clarifier leur position sur ce conflit, qui pourrait influencer l’issue du scrutin dans les Alpes-Maritimes et au-delà.

Reste à savoir si cette procédure judiciaire aboutira à une résolution du conflit ou, au contraire, à son aggravation. Une chose est sûre : les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir politique de Nice et de la droite dans le Sud-Est.

La Cour de justice de la République (CJR) est l’instance chargée de juger les membres du gouvernement pour les actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Philippe Tabarot, en tant que ministre des Transports, relève de cette juridiction, et non des tribunaux ordinaires.