Le Népal vient d’établir un nouveau record de fréquentation sur l’Everest. Selon BMF - International, 274 alpinistes ont atteint le sommet de la montagne, la plus haute du monde, en une seule journée, mercredi 20 mai 2026. Cette performance dépasse largement les précédents records et illustre l’engouement croissant pour cette ascension mythique.

L’annonce a été faite jeudi 21 mai par les autorités locales népalaises, confirmant ainsi une tendance de plus en plus marquée. La voie sud, située au Népal, reste la plus prisée des grimpeurs, avec 223 alpinistes ayant réussi l’exploit ce jour-là, contre 113 du côté chinois. La Chine a d’ailleurs fermé son accès l’année dernière, réduisant ainsi le nombre total de voies disponibles pour les candidats à la conquête du toit du monde.

Ce qu'il faut retenir

  • 274 alpinistes ont atteint le sommet de l’Everest en une seule journée, mercredi 20 mai 2026, selon BMF - International.
  • La voie sud, au Népal, a concentré 223 des ascensions, contre 113 du côté tibétain avant sa fermeture en 2025.
  • Le Népal a délivré 492 permis d’ascension pour la saison 2026, en cours jusqu’à la fin du mois.
  • Deux records personnels ont également été battus récemment : Kami Rita Sherpa (32e ascension) et Lhakpa Sherpa (11e ascension).

Une saison record pour l’Everest

Cette performance s’inscrit dans une saison exceptionnelle pour l’Everest, où plusieurs records ont déjà été battus. Kami Rita Sherpa, surnommé l’« Homme de l’Everest », a gravi la montagne pour la 32e fois dimanche 17 mai 2026, un exploit inédit. De son côté, Lhakpa Sherpa a établi un nouveau record féminin en atteignant le sommet pour la 11e fois.

Cette frénésie d’ascensions s’explique en partie par la popularité croissante de l’alpinisme himalayen, devenu une activité lucrative depuis la première expédition victorieuse en 1953, menée par Edmund Hillary et Tenzing Norgay Sherpa. Le Népal, conscient de l’attrait exercé par le « toit du monde », a délivré un nombre record de 492 permis pour cette saison 2026, qui s’achèvera à la fin du mois de mai.

Une logistique à toute épreuve

Pour faire face à cet afflux massif, une véritable ville de tentes a été installée au pied de l’Everest, abritant alpinistes et personnel de soutien. La plupart des candidats à l’ascension font appel à des guides locaux, ce qui explique la présence d’environ un millier de grimpeurs sur les flancs de la montagne dans les prochains jours. Une organisation logistique complexe, mais indispensable pour gérer un tel afflux.

Cependant, cette surfréquentation suscite des inquiétudes. Chaque année, la période propice à l’ascension est réduite par les conditions météorologiques, et un nombre excessif de grimpeurs peut compromettre la sécurité des expéditions. Les autorités népalaises restent donc vigilantes face à ce phénomène, qui s’accompagne aussi de préoccupations environnementales.

Des records qui soulèvent des questions

Si ces performances individuelles et collectives marquent l’histoire de l’alpinisme, elles interrogent aussi sur la durabilité de cette activité. L’Everest, autrefois réservé à une poignée d’aventuriers déterminés, est aujourd’hui devenu une destination accessible, mais à quel prix ? Entre gestion des déchets laissés sur place – comme en témoignent les images de tentes abandonnées en 2018 – et sécurité des grimpeurs, les défis sont nombreux.

Les professionnels du secteur s’interrogent : jusqu’où peut-on pousser l’exploitation commerciale de l’Everest sans mettre en péril son écosystème et la vie des alpinistes ? La question de la régulation des expéditions se pose avec une acuité croissante, alors que le nombre de permis délivrés ne cesse d’augmenter.

« L’Everest attire toujours plus de monde, mais cette popularité a un revers : elle transforme une conquête historique en une course effrénée, où la sécurité et l’environnement passent parfois au second plan. » — Extrait d’un rapport d’experts en alpinisme.

Et maintenant ?

Avec une saison 2026 encore en cours jusqu’à la fin du mois, le nombre total d’ascensions pourrait encore augmenter. Les autorités népalaises devraient évaluer l’impact de cette surfréquentation et pourraient être amenées à durcir les conditions d’accès pour les prochaines saisons. Par ailleurs, des discussions internationales sur la gestion durable de l’Everest pourraient être relancées, notamment pour limiter les déchets et encadrer les expéditions.

Cette frénésie autour de l’Everest pose une question plus large : jusqu’où l’humanité peut-elle pousser ses limites sans menacer les sites naturels qu’elle cherche à conquérir ? Une réflexion qui dépasse largement le cadre de l’alpinisme.

Une ascension classique de l’Everest prend généralement entre 6 et 9 semaines, incluant la période d’acclimatation à l’altitude et les fenêtres météorologiques favorables. La phase finale, entre le camp de base et le sommet, peut s’effectuer en quelques jours.

Les principaux risques incluent le mal aigu des montagnes, les conditions météorologiques extrêmes, les avalanches, et les problèmes logistiques (nourriture, oxygène, fatigue). Les embouteillages au sommet, comme celui observé en 2019, augmentent aussi les risques d’accidents.