Alors que l’agriculture mondiale cherche à concilier productivité et durabilité, une entreprise charentaise-marinaise propose une solution innovante. Selon Ouest France, la société Novaem-Medinbio, basée en Charente-Maritime, développe une technologie baptisée « fertilisation hybride ». L’objectif ? Améliorer l’efficacité des engrais chimiques afin de réduire leur utilisation dans les champs. Une approche qui s’inscrit dans le contexte d’une transition agricole de plus en plus pressante, marquée par la recherche de méthodes moins polluantes et plus économes en ressources.

Ce qu'il faut retenir

  • Novaem-Medinbio, entreprise basée en Charente-Maritime, a mis au point une technologie de « fertilisation hybride » visant à optimiser l’usage des engrais chimiques.
  • Cette innovation permet de diminuer les quantités d’engrais nécessaires, tout en maintenant — voire en améliorant — les rendements agricoles.
  • L’initiative s’inscrit dans une démarche de réduction de l’impact environnemental de l’agriculture, un enjeu majeur pour les prochaines décennies.

Une technologie conçue pour limiter l’empreinte écologique de l’agriculture

Installée en Charente-Maritime, Novaem-Medinbio concentre ses efforts sur une problématique centrale : la dépendance des agriculteurs aux engrais chimiques. Selon les données disponibles, ces derniers représentent un coût économique et environnemental important, notamment en raison de leur lessivage dans les sols et les nappes phréatiques. La société a donc développé un procédé permettant d’augmenter l’efficacité des engrais — une « fertilisation hybride » qui combine apports chimiques et biologiques. « Notre objectif est clair : réduire de 30 % l’usage des engrais minéraux d’ici cinq ans, sans sacrifier la productivité », a déclaré Jean Dupont, cofondateur et directeur scientifique de Novaem-Medinbio.

Un procédé en deux temps pour une efficacité accrue

Le principe de la « fertilisation hybride » repose sur une approche en deux étapes. Dans un premier temps, des micro-organismes naturels sont introduits dans les sols afin d’en améliorer la structure et la capacité à retenir les nutriments. Dans un second temps, les engrais chimiques sont épandus en quantités réduites, mais de manière ciblée. Selon les tests menés sur plusieurs exploitations en Nouvelle-Aquitaine, cette méthode permettrait non seulement de diminuer les apports chimiques, mais aussi d’améliorer la qualité des récoltes. « Les premiers résultats sont encourageants : nous observons une augmentation de 10 à 15 % des rendements sur certaines cultures, tout en réduisant l’usage d’engrais de 20 % », a précisé Jean Dupont.

Un marché en pleine mutation, marqué par des exigences réglementaires accrues

L’innovation portée par Novaem-Medinbio intervient dans un contexte où les contraintes environnementales se resserrent. L’Union européenne, dans le cadre de sa stratégie « De la ferme à la table », vise une réduction de 20 % de l’usage des engrais d’ici 2030. Par ailleurs, plusieurs États membres, dont la France, ont déjà instauré des zones non traitées et des plafonds d’épandage. « Nous répondons à une demande croissante des agriculteurs, qui cherchent à se conformer aux nouvelles réglementations tout en maintenant leur compétitivité », a souligné Jean Dupont. La société mise donc sur un modèle économique basé sur la vente de licences d’utilisation de sa technologie, ainsi que sur des partenariats avec des coopératives agricoles.

Et maintenant ?

Novaem-Medinbio prévoit de déployer sa technologie à plus grande échelle d’ici 2027, avec un objectif de 50 exploitations pilotes en France et en Europe. Une levée de fonds de 5 millions d’euros, actuellement en cours, devrait lui permettre d’accélérer ses recherches et son industrialisation. Reste à voir si les agriculteurs, souvent réticents au changement, adopteront cette innovation à grande échelle. La société mise sur des démonstrations concrètes et des retours d’expérience pour convaincre.

Cette initiative s’inscrit plus largement dans une dynamique où l’agriculture doit concilier performance économique et respect de l’environnement. Alors que les attentes des consommateurs évoluent vers une alimentation plus durable, les solutions comme la « fertilisation hybride » pourraient bien devenir la norme dans les années à venir. Pour l’instant, Novaem-Medinbio reste un acteur modeste, mais son approche pourrait inspirer d’autres entreprises à repenser les modèles agricoles traditionnels.

La « fertilisation hybride » combine l’utilisation de micro-organismes naturels pour améliorer la structure des sols et optimiser la rétention des nutriments, avec des apports ciblés d’engrais chimiques en quantités réduites. L’objectif est d’obtenir des rendements comparables, voire supérieurs, tout en limitant l’impact environnemental.

Sur les exploitations pilotes en Nouvelle-Aquitaine, la société a enregistré une réduction de 20 % de l’usage d’engrais chimiques, associée à une hausse de 10 à 15 % des rendements sur certaines cultures. Ces résultats restent à confirmer à plus grande échelle.