L’affirmation selon laquelle « les obligations d’entreprises européennes perdent de l’attrait » a été démentie ce lundi 11 mai par Valentin Ainouz, dans le cadre de l’émission BFM Bourse diffusée sur BFM Business. Cette déclaration, attribuée à Romain Daubry, consultant chez Bourse Direct, a fait l’objet d’une vérification factuelle par Ainouz, qui conteste formellement cette analyse. Selon les données disponibles, les marchés obligataires européens restent sous surveillance, mais l’idée d’un désengagement massif des investisseurs mérite d’être nuancée.

Ce qu'il faut retenir

  • Valentin Ainouz conteste l’affirmation de Romain Daubry sur la perte d’attrait des obligations européennes, selon BFM Business.
  • Romain Daubry évoquait ce lundi 11 mai les forces en présence sur les marchés et l’accélération haussière du titre Moderna.
  • Frédéric Rozier, de Mirabaud, a analysé l’introduction en Bourse de SpaceX et la hausse de 20 % de Prysmian dans la semaine.
  • Bertrand Lamielle, de Portzamparc Gestion, s’est penché sur la résilience du secteur des biotechs face au hantavirus.
  • Les débats portent aussi sur la fin du mandat de Jérôme Powell à la Fed et les enjeux économiques entre Donald Trump et Xi Jinping.

Un démenti ferme sur les obligations européennes

Dans l’émission BFM Bourse, Valentin Ainouz a pris position contre l’idée d’un retrait des investisseurs des obligations d’entreprises européennes. « Les obligations corporate européennes conservent un attrait certain, notamment grâce à des rendements encore attractifs dans un environnement de taux toujours bas », a-t-il précisé. Cette intervention intervient alors que les marchés financiers européens restent marqués par une volatilité accrue depuis le début de l’année, liée à plusieurs facteurs géopolitiques et macroéconomiques.

Les marchés sous tension : Moderna en tête, Stellantis en question

Lors de l’émission, Romain Daubry a évoqué les dynamiques sectorielles, notamment la forte progression du titre Moderna, dont l’accélération haussière a retenu l’attention des investisseurs. « Moderna profite d’un regain d’intérêt pour les valeurs liées aux biotechnologies, dans un contexte de préoccupations sanitaires persistantes », a-t-il expliqué. Parallèlement, la chronique Culture Bourse, présentée par Julie Cohen-Heurton, s’est intéressée à la chute de 2,5 milliards d’euros de Stellantis, illustrant la volatilité des valeurs industrielles.

Biotechs et géopolitique : les autres thèmes de la journée

Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, a analysé la résilience du secteur des biotechs, dopé par la montée des craintes liées au hantavirus. « Les valeurs biotech bénéficient d’un regain d’intérêt, porté par des innovations thérapeutiques et une demande accrue en solutions médicales », a-t-il indiqué. Dans le même temps, Bastien Drut, économiste chez CPR AM, a abordé les enjeux économiques de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, ainsi que la fin du mandat de Jérôme Powell à la Fed, prévue ce vendredi 16 mai.

SpaceX en Bourse et les autres sujets chauds

Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, a analysé l’introduction en Bourse de SpaceX, qui suscite des débats sur son modèle économique et ses perspectives de valorisation. « L’arrivée de SpaceX en Bourse soulève des questions sur la gouvernance des entreprises technologiques et leur impact sur les marchés », a-t-il souligné. Par ailleurs, John Plassard, associé chez Cité Gestion, a détaillé dans sa chronique USA Today les inquiétudes des syndicats d’enseignants américains face à cette introduction.

Autres sujets abordés : le financement de 35 milliards de dollars pour Broadcom, l’accord préliminaire entre Apple et Intel, ainsi que le retour à la hausse des prix du pétrole, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.

Et maintenant ?

Les prochains jours devraient être marqués par la publication des indicateurs économiques européens, notamment les chiffres de l’inflation en zone euro, attendus pour la fin de la semaine. Les investisseurs scruteront également les annonces de la Fed après le départ de Jérôme Powell, ainsi que les résultats des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine. La volatilité des marchés obligataires pourrait persister, en fonction de l’évolution des taux et des tensions géopolitiques.

Les analystes s’attendent à une semaine dense, avec des publications trimestrielles d’entreprises et des décisions de politique monétaire susceptibles d’influencer les tendances. Autant dire que les prochaines séances s’annoncent décisives pour les portefeuilles investis en Europe.

Valentin Ainouz justifie cet attrait par des rendements encore compétitifs dans un environnement de taux bas, ainsi que par la diversification des risques offerte par ces actifs. « Les obligations corporate offrent un compromis entre sécurité et rendement, dans un contexte où les obligations d’État restent peu rémunératrices », a-t-il expliqué.