À moins de deux mois du départ du Tour de France, prévu début juillet, le cycliste français Paul Seixas, âgé de 19 ans, poursuit sa préparation dans le massif de la Sierra Nevada, en Espagne. Selon RMC Sport, le jeune coureur de l’équipe Decathlon CMA CGM y effectue un stage en altitude jusqu’à la veille du début du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, une épreuve majeure de la saison qui se déroulera du 7 au 15 juin. Ce séjour en altitude, déjà réalisé en 2025, s’inscrit dans une préparation rigoureuse visant à optimiser ses performances pour sa première participation à la Grande Boucle.
Ce qu'il faut retenir
- Paul Seixas, 19 ans, effectue un stage en altitude dans la Sierra Nevada (Espagne) jusqu’à la veille du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, du 7 au 15 juin.
- Il a parcouru 754 km pour près de 19 000 mètres de dénivelé positif lors de sa première semaine de stage, avec une moyenne de 100 km par jour.
- Le Français a déjà remporté plusieurs courses prestigieuses en 2026, dont le Tour du Pays basque et la Flèche Wallonne.
- Parmi ses coéquipiers en stage figurent Nicolas Prodhomme, Aurélien Paret-Peintre, Dan Hoole, Stefan Bissegger, Robbe Ghys, Cees Bol et Tiesj Benoot.
- Seixas a enchaîné des ascensions de cols dépassant 2 800 mètres d’altitude, dont un passage à 3 000 mètres mardi 20 mai.
Un stage en altitude pour viser l’excellence
Arrivé en Sierra Nevada depuis une dizaine de jours, Paul Seixas s’entraîne aux côtés de plusieurs de ses coéquipiers dans le Centre de Haute Performance de la Sierra Nevada, situé à plus de 2 300 mètres d’altitude. Ce type de préparation, devenu une routine pour une grande partie du peloton, permet de travailler l’endurance, la capacité à répéter les efforts et la récupération. « Tout le monde va au même endroit pour deux raisons. D’abord, parce que la météo espagnole est convenable. Et surtout, en haut, le centre dispose des infrastructures parfaites pour bien dormir, bien manger et bien récupérer », explique Jérôme Coppel, ancien cycliste et désormais consultant pour RMC Sport.
Selon Coppel, ces stages en altitude sont indispensables pour préparer un moment fort de la saison. « Quand les coureurs arrivent en stage, ils ont quatre à six jours d’adaptation à l’altitude où ils vont rouler sans faire aucune intensité », précise-t-il. Les données accumulées lors de ces entraînements permettent ensuite aux équipes d’identifier les points à améliorer. « Lors du stage du mois de mai, les coureurs font moins de volume qu’au mois de décembre ou janvier. On est plus sur du qualitatif, en allant vraiment chercher à activer des leviers comme la PMA, le seuil, l’explosivité… »
Des performances qui confirment ses ambitions
Les résultats obtenus par Seixas en 2026 ont confirmé son statut de favori pour le Tour de France. Après avoir remporté le Tour du Pays basque et la Flèche Wallonne, il a terminé deuxième des Strade Bianche et de Liège-Bastogne-Liège, derrière Tadej Pogačar. Ces performances, combinées à sa victoire d’étape au Tour d’Algarve, l’ont convaincu d’annoncer sa participation à la Grande Boucle début mai.
Lors de son premier stage en février dernier dans le même massif, Seixas avait déjà évoqué les sacrifices nécessaires pour atteindre ses objectifs. « Cela fait deux mois que je n’ai pas vu mes parents ni ma copine. Mais on sait pourquoi on le fait : c’est des sacrifices à faire pour la performance. Quand tu redescends, tu sens vraiment la différence », déclarait-il à l’époque. Trois mois plus tard, la tendance se confirme : le jeune Lyonnais travaille sans relâche pour être au niveau des meilleurs mondiaux.
Un entraînement exigeant et une équipe soudée
Les données partagées sur l’application Strava révèlent l’intensité de son entraînement. En trois jours seulement, il a enchaîné trois ascensions de cols de plus de 25 km, culminant à plus de 2 800 mètres. Mardi 20 mai, il a même atteint 3 000 mètres d’altitude. Mercredi, il a décroché le KOM (meilleur temps) sur un segment de 25 km à 6 % de moyenne, en réalisant un temps de 1 h 17 (vitesse moyenne de 19,2 km/h).
Les publications sur Strava permettent également d’identifier les coureurs qui l’accompagnent en Sierra Nevada. Outre ses coéquipiers habituels comme Nicolas Prodhomme, Aurélien Paret-Peintre, Dan Hoole et Stefan Bissegger, Seixas est entouré de Robbe Ghys, Cees Bol et Tiesj Benoot. Ces coureurs, souvent cités comme faisant partie de sa « garde rapprochée » pour le Tour, partagent des sorties intenses avec le prodige français. Leur présence vise à renforcer la cohésion du groupe avant l’épreuve reine.
« Les stages permettent vraiment de souder le groupe parce qu’ils vivent comme des moines pendant trois semaines. Leurs journées consistent à dormir, manger, rouler, manger, dormir. Au départ du Tour, les huit coureurs doivent s’entendre le mieux possible, d’une part pour pouvoir se sacrifier les uns pour les autres, et d’autre part, avec toute la pression et la fatigue, le moindre grain de sable peut devenir une montagne. » — Jérôme Coppel, ancien champion de France du contre-la-montre
Reste à voir si Seixas parviendra à enchaîner les efforts sur la durée lors du Tour, une épreuve où l’endurance et la gestion de la fatigue seront déterminantes. Les observateurs s’attendent à ce qu’il fasse partie des favoris pour les étapes de montagne, mais tout reste à prouver sur trois semaines de course.
Avant le Tour de France, Paul Seixas participera au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, qui se déroulera du 7 au 15 juin. Cette épreuve lui permettra de tester sa forme et de préparer au mieux la Grande Boucle.
Les stages en altitude améliorent l’endurance, la capacité à répéter les efforts et la récupération. L’altitude force le corps à s’adapter, ce qui permet ensuite de mieux performer au niveau de la mer. Ils permettent également de travailler des qualités spécifiques comme la puissance maximale aérobie ou le seuil.