Selon Le Figaro, plusieurs jeunes mineurs ont été victimes de violences sexuelles, dont des viols, perpétrées dans les années 1980 par un ancien dirigeant emblématique du Football Club de Gueugnon (FC Gueugnon), club évoluant alors en Régional 1. Ces révélations, issues d’une enquête exclusive publiée le 14 juin 2026 par le Journal de Saône-et-Loire (JSL), s’appuient sur une dizaine de témoignages, dont six directement de victimes présumées.
Le quotidien local révèle que ces agressions, allant des attouchements aux pénétrations, auraient été commises sur des enfants âgés de 8 à 13 ans, tous licenciés au FC Gueugnon. Les faits, aujourd’hui prescrits, n’ont jamais donné lieu à des poursuites judiciaires. Interrogé par l’AFP, le parquet de Chalon-sur-Saône n’a pas donné suite aux sollicitations, pas plus que le club de Gueugnon, qui n’a pas réagi à ce stade.
Ce qu'il faut retenir
- Une dizaine de témoignages, dont six de victimes présumées, ont été recueillis par le Journal de Saône-et-Loire sur des agressions sexuelles et des viols commis dans les années 1980 au FC Gueugnon.
- Les victimes présumées étaient des mineurs de 8 à 13 ans, certains subissant des pénétrations selon leurs déclarations.
- L’auteur présumé des faits, un ancien dirigeant du club, décédé en 2014 à 83 ans, était un notable respecté et intouchable à l’époque.
- Les faits, aujourd’hui prescrits, n’ont jamais fait l’objet de procédure judiciaire, les victimes ou leurs familles n’ayant pas porté plainte.
- L’enquête du JSL a été menée sur une année, inspirée par la parution en 2024 du roman Tata de Valérie Perrin, où un personnage évoque des violences sexuelles subies dans son enfance au sein du club.
Un ancien dirigeant, figure centrale du club, visé par les accusations
L’homme mis en cause dans cette affaire, surnommé « Charpie » par ses contemporains, était un cadre des Forges de Gueugnon — aujourd’hui Aperam —, entreprise emblématique de la ville qui employait une grande partie de la population ouvrière. Il a également occupé des fonctions importantes au sein du FC Gueugnon entre les années 1960 et 1980, période durant laquelle le club a connu une partie de sa gloire, notamment avec une victoire surprise en Coupe de la Ligue en 2000 face au Paris Saint-Germain.
Célibataire et sans enfants, ce notable était perçu comme intouchable. Ses victimes présumées expliquent dans le JSL n’avoir jamais osé porter plainte, parfois dissuadées par leurs propres parents. L’une d’elles, citée par le quotidien local, décrit un homme qui « aimait les garçons avant la puberté » et se présentait comme un « pseudo-docteur » pour ausculter les jeunes joueurs. Elle ajoute : « Le surnom qu’on lui donnait entre nous, c’était le tâteur de couilles. »
Une enquête inspirée par la fiction et révélée par la presse locale
L’enquête du Journal de Saône-et-Loire a débuté après la publication en 2024 du roman Tata de Valérie Perrin, autrice originaire de Gueugnon. Dans cette œuvre de fiction, un personnage secondaire évoque avoir été agressé sexuellement dans son enfance par un notable surnommé « Charpie » au sein du club de foot local. Le JSL a confirmé l’existence de ce surnom et retracé le parcours de l’ancien dirigeant, décédé en 2014.
Les témoignages recueillis par le quotidien local révèlent des agressions sexuelles allant des attouchements aux viols. Deux victimes présumées évoquent des pénétrations subies au début des années 1980, à l’âge de 8 ans pour l’un et de 12-13 ans pour l’autre. Ces récits, jamais officiellement signalés à l’époque, illustrent l’emprise qu’exerçait alors ce dirigeant sur la communauté sportive et locale.
Un système de silence et d’impunité dans le football des années 1980
Cette affaire soulève des questions sur les mécanismes de silence et d’impunité qui entouraient les violences sexuelles dans le sport à cette époque. Le JSL souligne que les victimes présumées n’ont jamais porté plainte, par peur ou par pression familiale, et que l’auteur présumé n’a jamais fait l’objet de procédure judiciaire. Aujourd’hui, les faits étant prescrits, aucune action en justice ne peut plus être engagée.
Cette révélation intervient dans un contexte où la question de la pédocriminalité dans le sport est de plus en plus médiatisée, notamment après des affaires similaires ayant touché d’autres clubs ou fédérations. Elle rappelle l’importance des mécanismes de signalement et de protection des mineurs, ainsi que la nécessité de lever les tabous entourant ces violences.
Pour l’heure, le club de Gueugnon, aujourd’hui en Régional 1, reste sous le feu des projecteurs, non pas pour ses performances sportives, mais pour son passé et les ombres qui l’entachent. La publication de cette enquête pourrait également inspirer d’autres victimes présumées à témoigner, comme cela a été le cas dans d’autres affaires similaires ces dernières années.
Cette affaire rappelle enfin l’importance de la vigilance et de la prévention dans le sport, où les mineurs restent particulièrement vulnérables aux abus de pouvoir et aux manipulations.
Selon les témoignages recueillis par le Journal de Saône-et-Loire, plusieurs victimes présumées expliquent avoir craint de ne pas être crues ou d’être intimidées par l’auteur présumé, figure respectée et intouchable à l’époque. Certaines familles auraient également dissuadé les victimes de porter plainte, par peur des conséquences sociales ou familiales.