Selon Capital, le Plan d’Épargne Retraite (PER) représente une solution prisée pour préparer sereinement sa retraite, notamment grâce à ses avantages fiscaux immédiats et ses deux options de déblocage. Parmi elles, la rente viagère séduit ceux qui recherchent un revenu régulier jusqu’à la fin de leurs jours. Mais combien faut-il épargner sur ce support pour bénéficier de 1 000 euros de rente mensuelle à l’âge de la retraite ? Capital a analysé les paramètres clés à maîtriser, entre capital accumulé, taux de conversion et fiscalité applicable.

Ce qu'il faut retenir

  • Un capital d’environ 300 000 à 375 000 euros est nécessaire pour générer une rente viagère de 1 000 euros brut par mois, selon l’âge de liquidation.
  • Le taux de conversion appliqué par les assureurs varie entre 3,2 % et 4,3 % et dépend de l’espérance de vie statistique à l’âge de départ.
  • Plus on commence à épargner tôt, moins l’effort mensuel est important : 540 euros/mois sur 25 ans contre 1 200 euros/mois sur 15 ans avec un rendement moyen de 5 %.
  • La fiscalité de la rente diffère selon l’âge au premier versement : l’abattement passe de 70 % à 30 % pour les plus de 69 ans.
  • Les frais de gestion et de conversion réduisent le montant final : privilégier un PER en ligne sans frais sur versements et avec des frais annuels inférieurs à 1 %.

Le PER, un outil fiscal avantageux mais aux règles strictes

Le PER se présente comme une enveloppe d’épargne dédiée à la retraite, structurée de manière similaire à l’assurance-vie. Il permet d’investir dans des fonds en euros ou des unités de compte, tout en offrant une déductibilité fiscale des versements. Ces derniers réduisent immédiatement l’impôt sur le revenu, dans la limite de 10 % des revenus professionnels. En contrepartie, les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite, sauf exceptions (achat d’une résidence principale, accident de la vie, etc.).

À l’échéance, deux options s’offrent à l’épargnant : récupérer l’intégralité du capital en une fois ou opter pour une rente viagère, transformant le capital en un revenu fixe versé chaque mois jusqu’au décès. « L’avantage de la rente, c’est qu’elle permet de générer un revenu récurrent, régulier et stable. Si on a vraiment besoin d’un complément de rémunération, c’est plutôt adapté », explique Benjamin Pedrini, cofondateur et directeur général d’Epsor.

Un capital accumulé et un taux de conversion déterminent le montant de la rente

Le montant de la rente dépend principalement de deux critères : le capital disponible sur le PER au moment de la liquidation et le taux de conversion appliqué par l’assureur. Ce dernier est calculé à partir de tables actuarielles, basées sur l’espérance de vie statistique de l’épargnant. « Plus vous partez tard, plus le taux est favorable, parce que l’assureur paie moins longtemps », précise Benjamin Pedrini. Les assureurs utilisent des tables de mortalité variables d’un organisme à l’autre, tandis que les frais d’arrérage (entre 1 % et 3 %) réduisent encore le montant final.

Pour une rente de 1 000 euros bruts par mois, voici les capitaux nécessaires selon l’âge de départ :

  • À 62 ans (taux de conversion de 3,2 % à 3,6 %) : entre 333 000 et 375 000 euros.
  • À 65 ans (taux de 3,5 % à 4 %) : entre 300 000 et 343 000 euros.
  • À 67 ans (taux de 3,8 % à 4,3 %) : entre 279 000 et 316 000 euros.

Comment épargner efficacement pour atteindre son objectif ?

Pour accumuler un capital suffisant, l’horizon de placement et la stratégie d’investissement jouent un rôle crucial. Selon Capital, un rendement annuel moyen de 5 % permet d’atteindre 320 000 euros en épargnant :

  • 1 200 euros par mois sur 15 ans.
  • 780 euros par mois sur 20 ans.
  • 540 euros par mois sur 25 ans.

Pour maximiser ce rendement, il est conseillé d’investir la totalité des versements en unités de compte lorsque l’horizon dépasse 10 ans. À l’approche de la retraite, un arbitrage progressif vers des placements plus sécurisés (fonds en euros, obligations) permet de préserver le capital. « Plus tôt vous commencez, moins l’effort d’épargne est élevé, car les intérêts composés font le reste », souligne un expert.

Les pièges à éviter : frais et fiscalité

Les frais des PER restent un point de vigilance majeur. Un rapport de l’Assemblée nationale de septembre 2024 a mis en lumière des écarts importants entre les contrats. Certains affichent jusqu’à 5 % de frais sur versements et des frais de gestion annuels dépassant 2 %. Sur 30 ans, un différentiel de 1,5 % peut entraîner une perte de plusieurs dizaines de milliers d’euros. La règle d’or : privilégier un PER en ligne sans frais sur versements et avec des frais de gestion inférieurs à 1 % par an.

Côté fiscalité, la rente de 1 000 euros bruts n’est pas nette d’impôts. Si les versements ont été déduits à l’entrée, la rente est imposée comme une pension de retraite : abattement de 10 %, puis imposition selon la tranche marginale d’imposition, majorée de 18,6 % de prélèvements sociaux. Un abattement supplémentaire s’applique selon l’âge au premier versement :

  • 70 % si moins de 50 ans.
  • 50 % entre 50 et 59 ans.
  • 40 % entre 60 et 69 ans.
  • 30 % après 69 ans.

Des revenus nets variables selon la tranche marginale d’imposition

Prenons l’exemple d’une personne de 65 ans percevant une rente brute de 1 000 euros par mois. Le montant net dépend de sa tranche marginale d’imposition :

  • À 0 % : 926 euros net.
  • À 11 % : 826 euros net.
  • À 30 % : 656 euros net.

Si les versements n’ont pas été déduits à l’entrée, la fiscalité est allégée à la sortie. L’épargnant évite la double imposition mais paie toujours les prélèvements sociaux, avec les mêmes abattements selon l’âge. Dans ce cas, les montants nets s’élèvent à :

  • À 0 % : 926 euros net.
  • À 11 % : 882 euros net.
  • À 30 % : 806 euros net.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir évoluer les offres de PER, notamment sous la pression des régulateurs pour limiter les frais et améliorer la transparence des taux de conversion. Les épargnants sont incités à comparer attentivement les contrats et à solliciter les tables de conversion avant de s’engager. Une simulation personnalisée auprès d’un conseiller en gestion de patrimoine reste le meilleur moyen d’affiner sa stratégie.

Ces chiffres restent indicatifs, la fiscalité variant selon chaque situation. Il est donc recommandé de consulter un expert-comptable ou un conseiller financier pour anticiper au mieux sa retraite.

Oui, le PER peut être combiné avec d’autres supports comme l’assurance-vie ou le PERP, à condition de respecter les plafonds de déduction fiscale. Cette diversification permet de mutualiser les risques et d’optimiser fiscalement son épargne retraite.