Cent douze grandes entreprises mondiales, dont Nestlé, Ikea, Volvo Cars et Uber, ont publié lundi un communiqué commun appelant les gouvernements à accélérer la transition vers l'électrification. Selon BFM Business, cette initiative vise à réduire leur exposition à la volatilité des coûts des combustibles fossiles et à renforcer la sécurité énergétique de leurs activités.
Parmi les signataires, on compte des groupes issus de divers secteurs comme l'industrie (Mahindra), les biens de consommation (Nestlé, Levi Strauss), la distribution (Ikea), l'automobile (Volvo Cars), l'énergie (Iberdrola) ou encore la technologie (Nikon Corporation). Le chiffre d'affaires cumulé de ces entreprises atteint environ 1 300 milliards d'euros par an, soit un poids économique significatif dans la demande énergétique mondiale.
Ce qu'il faut retenir
- Cent douze entreprises mondiales, représentant 1 300 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, appellent à une transition accélérée vers l'électrification.
- L'objectif est de réduire leur exposition aux fluctuations des prix des énergies fossiles, qui menacent leur compétitivité.
- Le communiqué a été coordonné par les ONG We Mean Business Coalition et Global Renewables Alliance.
- Les entreprises soulignent la nécessité de réformes gouvernementales claires pour accélérer cette transition, notamment en améliorant les marchés de l'électricité et en investissant dans les réseaux.
- Cette prise de position intervient en marge de la Semaine du climat de Londres, un événement réunissant plus de 75 000 participants et 1 000 événements.
Dans leur déclaration, ces entreprises estiment que le recours continu aux marchés des carburants volatils expose les économies à des perturbations fréquentes, entraînant des flambées de prix, des déstabilisations des chaînes d'approvisionnement et des retards dans les investissements. « Le recours continu à des marchés des carburants volatils expose les économies à des perturbations qui entraînent des flambées de prix, déstabilisent les chaînes d’approvisionnement et retardent les investissements », indique le communiqué.
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de réévaluation des stratégies énergétiques par de nombreux gouvernements et entreprises, notamment en raison des hausses de prix liées au conflit impliquant l'Iran. Les signataires rappellent que cette volatilité se traduit par une « incertitude persistante », une hausse des coûts d'exploitation et une baisse de la compétitivité pour les acteurs économiques.
Parmi les mesures préconisées, les entreprises demandent aux gouvernements d'améliorer la conception des marchés de l'électricité, d'investir dans les réseaux de distribution et d'accélérer les procédures d'autorisation pour les projets d'électrification. « Pour atteindre l’échelle requise, la transition vers l’électrification doit notamment être accélérée grâce à des cadres politiques prévisibles et favorables », a déclaré Kim Hellström, responsable senior du développement durable et du climat chez H&M.
Cette initiative intervient à un moment clé, alors que la Turquie accueillera en novembre la COP31, dont l'un des objectifs principaux sera de négocier un accord mondial visant à ce que l'électricité couvre 35 % de la demande énergétique mondiale d'ici 2035. La Semaine du climat de Londres, qui se tient actuellement, réunit plus de 75 000 participants, dont des décideurs politiques, des investisseurs et des dirigeants d'entreprises, pour discuter des enjeux climatiques et énergétiques.
« Le recours continu à des marchés des carburants volatils expose les économies à des perturbations qui entraînent des flambées de prix, déstabilisent les chaînes d’approvisionnement et retardent les investissements. »
Communiqué des 112 entreprises
Selon un sondage publié la semaine dernière, 90 % des chefs d'entreprise s'attendent à ce que leurs activités soient électrifiées d'ici une décennie. Cette tendance reflète une prise de conscience croissante des risques liés à la dépendance aux énergies fossiles, mais aussi des opportunités offertes par une transition énergétique maîtrisée.
Pour autant, les entreprises insistent sur le fait que cette transition dépendra largement des politiques gouvernementales. Elles appellent à des cadres réglementaires stables, prévisibles et incitatifs pour encourager les investissements dans les infrastructures nécessaires, comme les réseaux électriques intelligents ou les stations de recharge pour véhicules électriques.
En attendant, la question centrale reste celle de la coordination internationale : les pays parviendront-ils à s'accorder sur des objectifs communs ambitieux, tout en garantissant une transition juste et équitable pour les économies dépendantes des énergies fossiles ? Autant dire que le chemin à parcourir est encore long, mais cette initiative marque une étape significative dans la mobilisation du secteur privé en faveur d'une énergie plus stable et durable.