Une poupée en plastique noir présentée comme un objet anti-stress sous le nom de « Natasha Doll » suscite une vive polémique en Chine depuis plusieurs jours, comme le rapporte BMF - International. Le produit, commercialisé comme un moyen de réduire le stress du quotidien, est accusé par une partie des consommateurs et des associations de véhi­culer des stéréotypes raciaux et de banaliser les traits physiques des personnes noires.

Ce qu'il faut retenir

  • Une poupée en plastique noir, nommée « Natasha Doll » et vendue comme objet anti-stress, est au cœur d’une polémique en Chine pour des raisons liées à son design.
  • Les critiques portent notamment sur la représentation jugée caricaturale des traits physiques des personnes noires, alimentant un débat sur le racisme et les stéréotypes dans les produits grand public.
  • Plusieurs associations et internautes dénoncent une commercialisation qui pourrait renforcer des préjugés, dans un contexte où la Chine connaît une prise de conscience croissante sur les questions d’inclusion et de diversité.
  • Le produit, disponible en ligne et dans certains magasins physiques, reste proposé à la vente malgré les controverses.

Un objet anti-stress au design contesté

Lancée sur le marché chinois sous le nom de « Natasha Doll », cette poupée en plastique noir est présentée par ses fabricants comme un « outil anti-stress » destiné à aider les consommateurs à se détendre après une journée de travail. Avec ses traits stylisés et son sourire exagéré, le produit a rapidement attiré l’attention — mais pas toujours pour les raisons escomptées. Selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux, le design de la poupée serait perçu comme une caricature des traits physiques des personnes noires, avec des lèvres épaisses et un nez large exagérément accentués. Une représentation que de nombreux internautes jugent offensante et réductrice.

Dès sa mise en ligne, la poupée a suscité un tollé sur les plateformes chinoises comme Weibo et Xiaohongshu. Des utilisateurs ont partagé des captures d’écran du produit en soulignant ce qu’ils considèrent comme une insulte à l’image des personnes noires. « Est-ce une blague ? Qui a osé commercialiser ça ? » s’interroge l’un des commentaires les plus partagés. Dans un pays où les débats sur le racisme et les discriminations ethniques gagnent en visibilité, ce produit a rapidement cristallisé les tensions autour de la représentation des minorités.

Une polémique qui dépasse le cadre commercial

Ce qui pourrait passer pour une simple polémique de consommation prend une dimension plus large dans le contexte chinois actuel. Ces dernières années, la Chine a vu émerger des mouvements plus ouverts sur les questions de diversité et d’inclusion, notamment sous l’influence des réseaux sociaux et d’une jeunesse de plus en plus connectée. Des associations œuvrant pour les droits des minorités ethniques ont d’ailleurs réagi à cette affaire, dénonçant une banalisation des stéréotypes raciaux dans les produits du quotidien. « Ce n’est pas un simple jouet ou un objet de décoration. C’est une représentation qui influence la perception des gens sur ce qu’est une personne noire », a expliqué une porte-parole de l’association « Chine Anti-Racisme » à BMF - International.

Pour autant, le fabricant de la « Natasha Doll » n’a pas encore réagi officiellement à la polémique. Interrogé par des médias locaux, un responsable commercial a simplement indiqué que le produit répondait à une demande du marché pour des objets « originaux et décalés ». Une réponse qui, pour beaucoup, sonne comme une minimisation des critiques adressées au produit.

Un débat qui s’inscrit dans une tendance plus large

Cette affaire s’ajoute à une série de controverses récentes autour de produits ou de publicités jugés racistes en Chine. En 2023, une campagne pour une marque de lessive avait déjà été critiquée pour avoir utilisé des acteurs maquillés en noir dans une publicité, une pratique qualifiée de « blackface » par les internautes. Plus récemment, des discussions ont émergé autour de la représentation des minorités dans les médias et la publicité, reflétant une sensibilité accrue du public sur ces questions.

Dans ce contexte, la polémique autour de la « Natasha Doll » pourrait bien s’inscrire dans une dynamique plus durable de remise en question des représentations ethniques dans la société chinoise. « On assiste à une prise de conscience progressive, mais les résistances sont encore fortes », analyse une experte en études culturelles à l’université de Pékin. « Les marques doivent désormais intégrer ces enjeux dans leur stratégie, sous peine de se retrouver au cœur de scandales répétés. »

Et maintenant ?

Plusieurs associations ont appelé à un boycott du produit et exigé son retrait immédiat des rayons. Une pétition en ligne, lancée il y a trois jours, a déjà recueilli plus de 50 000 signatures. Pour l’instant, le fabricant n’a pas annoncé de modification ou de retrait du produit, mais la pression pourrait s’intensifier dans les prochains jours. Les autorités chinoises, souvent réticentes à s’immiscer dans les débats sociétaux, pourraient être contraintes d’intervenir si la polémique prend de l’ampleur. Une chose est sûre : cette affaire rappelle que les questions de représentation et de diversité gagnent du terrain en Chine, même si leur intégration dans les pratiques commerciales reste inégale.

Reste à voir si cette polémique débouchera sur une modification du produit, un retrait du marché ou, au contraire, une banalisation de la controverse. Une chose est certaine : dans un pays où les réseaux sociaux amplifient les débats en temps réel, les marques ne peuvent plus ignorer l’impact de leurs choix sur l’opinion publique.

La polémique porte principalement sur le design de la poupée, jugé caricatural et stéréotypé des traits physiques des personnes noires. Ses lèvres épaisses et son nez large exagérés sont perçus comme une insulte et une représentation réductrice, alimentant un débat plus large sur le racisme et l’inclusion en Chine.