Selon BFM Immo, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, s’est dit « philosophiquement favorable » à l’idée d’un prêt à taux zéro (PTZ) destiné à faciliter l’accès au logement pour les familles, une proposition portée par la députée Liot du Loiret Constance de Pélichy. Cette mesure, qui fait l’objet d’une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale, vise à relancer la natalité en réduisant les freins financiers liés à l’agrandissement ou à l’acquisition d’un domicile.
Ce qu’il faut retenir
- Le ministre Vincent Jeanbrun a exprimé son soutien à un PTZ sans conditions de revenus, accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux cinq ans de l’enfant, avec un plafond fixé à 100 000 euros.
- Une étude Odoxa de début 2026 indique qu’un jeune sur cinq renonce à avoir un enfant en raison de contraintes liées au logement.
- Entre 2000 et 2021, le prix des logements a plus que doublé en France, tandis que les revenus des ménages n’ont pas suivi la même progression, selon l’Insee.
- Les Français ont perdu en moyenne 25 m² de pouvoir d’achat immobilier en dix ans, ce qui pousse certains couples à reporter leur projet d’enfant.
- Le gouvernement prépare un projet de loi plus large pour simplifier et accélérer les procédures dans le secteur du logement, prévu pour juin 2026.
- En 2025, le PTZ classique a représenté entre 10 % et 12 % des crédits à l’achat, selon le courtier Cafpi.
Une proposition de loi portée par une députée pour lever les freins à la natalité
La proposition de loi défendue par Constance de Pélichy, députée Liot du Loiret, propose la création d’un prêt à taux zéro sans conditions de ressources, destiné à aider les familles à acquérir ou agrandir leur logement. Ce dispositif serait accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux cinq ans de l’enfant, avec un plafond de 100 000 euros. Selon la députée, cette mesure répondrait à une urgence démographique : « Un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », cite-t-elle en s’appuyant sur une étude Odoxa publiée en début d’année 2026. Elle rappelle également que, entre 2000 et 2021, le prix des logements a plus que doublé, tandis que les revenus des ménages n’ont pas connu une progression significative.
Un contexte économique défavorable qui pèse sur les projets familiaux
Lors de son intervention sur BFM Business le 19 mai 2026, Vincent Jeanbrun a souligné que les familles renoncent souvent à agrandir leur foyer après le premier enfant, par crainte de ne pas offrir des conditions de logement adaptées. « Je partage son analyse : les familles ne vont pas forcément renoncer au premier enfant, mais souvent au deuxième ou au troisième parce qu’elles savent qu’elles ne pourront pas donner de bonnes conditions de logement à leurs enfants », a-t-il déclaré. Le ministre a également rappelé que les Français ont perdu 25 m² de pouvoir d’achat immobilier en dix ans, un recul qui peut conduire certains couples à reporter ou abandonner leur projet d’enfant. « Au moment où on veut faire un réarmement démographique, il faut qu’on prenne cette question à bras-le-corps », a-t-il insisté.
Un PTZ déjà existant, mais dont l’impact reste limité
L’idée d’un PTZ pour les familles n’est pas totalement inédite. Un rapport parlementaire, rendu en 2025 par le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), dans le cadre d’une mission sur la baisse de la natalité, avait déjà évoqué cette piste. Par ailleurs, le dispositif classique du PTZ, élargi au printemps 2025, offre un prêt sans intérêts ni frais de dossier, d’une durée maximale de 25 ans. Il cible les ménages jusqu’à un certain niveau de revenus, non propriétaires depuis au moins deux ans, souhaitant acheter un logement neuf. Selon le courtier Cafpi, ce PTZ avait soutenu entre 10 % et 12 % des volumes de crédits à l’achat en 2025, notamment dans l’ancien. Cependant, son impact reste contraint par des facteurs externes, comme le conflit au Moyen-Orient, qui a pesé sur la confiance des investisseurs.
Un projet de loi gouvernemental pour simplifier et accélérer les procédures
Côté exécutif, Vincent Jeanbrun a confirmé que le gouvernement prépare un projet de loi plus ambitieux, visant à « changer les outils » et à créer un « choc de simplification » pour relancer le secteur du logement. Ce texte, qui doit être présenté en conseil des ministres en juin 2026, puis examiné par les parlementaires dès juillet 2026, entend raccourcir les délais et réduire les coûts des projets immobiliers. « Quand vous simplifiez et que vous raccourcissez les délais, ça coûte moins cher », a-t-il argumenté. Le ministre a insisté sur l’urgence de la situation : « Il y a une telle nécessité, une telle urgence, qu’on doit absolument mettre ça à l’agenda du Parlement ». Le dispositif « Jeanbrun », lancé en février 2026, peine en effet à décoller en raison d’un contexte économique incertain.
Pour rappel, le PTZ classique, toujours en vigueur, continue de cibler les ménages modestes et les primo-accédants, mais son succès dépendra en partie de l’évolution des taux d’intérêt et de la stabilité du marché immobilier. La balle est désormais dans le camp du Parlement, qui devra trancher sur l’opportunité d’étendre ce mécanisme à l’ensemble des familles.
Le plafond proposé est de 100 000 euros. Ce montant permettrait de financer l’acquisition ou l’agrandissement d’un logement sans avoir à souscrire à un crédit classique, et ce dès la déclaration de grossesse jusqu’aux cinq ans de l’enfant.
Plusieurs facteurs expliquent ce délai. D’abord, le contexte économique actuel, marqué par des tensions géopolitiques et une inflation persistante, a freiné les investissements dans l’immobilier. Ensuite, le gouvernement cherche à aligner cette mesure avec un projet de loi plus large sur la simplification des procédures, prévu pour juin 2026. Enfin, l’impact réel d’un PTZ étendu doit être évalué pour éviter un effet d’aubaine ou un déséquilibre du marché.