« Puisque les candidats à la présidentielle refusent les primaires, il y aura des primaires sauvages », a affirmé Albert Zennou, directeur de la publication de Valeurs actuelles, dans une chronique publiée par Le Figaro. Cette déclaration intervient alors que l’hypothèse d’une primaire organisée à droite, au centre ou à gauche pour l’élection de 2027 s’éloigne chaque jour un peu plus, faute de volonté des principaux prétendants.
Ce qu'il faut retenir
- À droite et au centre, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Gérald Darmanin rejettent l’idée d’une primaire, tandis que Bruno Retailleau conditionne sa participation à celle de Philippe.
- À gauche, Jean-Luc Mélenchon a déjà officialisé sa candidature sans attendre et exclut toute primaire qui le contraindrait à une compétition interne.
- L’absence de cadre commun risque de plonger les partis dans une « bataille de leadership sans arbitre ni règles », selon Le Figaro.
- Certains responsables, comme François Ruffin ou David Lisnard, envisagent déjà de se lancer en l’absence de primaire officielle.
Une primaire officielle écartée par les favoris
Selon Le Figaro, la possibilité d’une primaire organisée en 2027 s’amenuise chaque jour. À droite comme au centre, les figures montantes refusent catégoriquement cet exercice. Édouard Philippe, souvent cité en tête des sondages, n’a aucun intérêt à prendre le risque d’une compétition interne où il aurait « davantage à perdre qu’à gagner », comme le souligne le quotidien. Gabriel Attal et Gérald Darmanin partagent cette position, préférant éviter une confrontation qui pourrait fragiliser leur position respective.
Du côté des Républicains, Bruno Retailleau se dit prêt à participer à une primaire, mais uniquement si Philippe en fait de même. Une condition qui, dans les faits, rend toute organisation improbable, Philippe refusant catégoriquement de s’y soumettre. « Fort de sa domination sur son camp, [Jean-Luc Mélenchon] s’est déclaré candidat sans attendre et rejette toute idée de primaire », rappelle Le Figaro.
À gauche, Mélenchon impose sa stratégie
La situation à gauche est tout aussi claire : Jean-Luc Mélenchon a déjà tranché. Maître du jeu au sein de la NUPES, il a officialisé sa candidature pour 2027 sans attendre une éventuelle primaire qui l’aurait placé en position de faiblesse face à des rivaux potentiels. Cette décision s’inscrit dans une logique de contrôle total de son camp, où il domine sans partage. François Ruffin, quant à lui, a déjà fait savoir qu’il ne se plierait pas à cette absence de cadre : « S’il n’y a pas de primaire, moi j’y vais », a-t-il assuré, confirmant son intention de se présenter même en l’absence de désignation officielle.
Les risques d’une « bataille sans règles »
L’absence de primaire organisée ouvre la porte à un scénario inédit : celui de « primaires sauvages », où les candidats s’affronteraient sans cadre commun, sans arbitrage et sans garantie de légitimité. « Faute de primaire officielle, les prétendants pour 2027 jouent leur survie politique dans une bataille de leadership sans arbitre ni règles communes », analyse Le Figaro. Ce vide institutionnel pourrait favoriser les stratégies individuelles au détriment d’une réflexion collective, avec le risque de fracturer encore davantage un paysage politique déjà profondément divisé.
Certains acteurs locaux tentent malgré tout de maintenir l’espoir. David Lisnard, maire de Cannes et figure de la droite, n’a pas « enterré la primaire » et vise toujours l’objectif de « gagner la présidentielle ». Pour autant, son positionnement reste isolé dans un camp où la majorité des cadres ont tourné la page de cette tradition.
« Puisque les candidats à la présidentielle refusent les primaires, il y aura des primaires sauvages. »
— Albert Zennou, directeur de Valeurs actuelles, dans une chronique du Figaro
Cette situation inédite pourrait, à terme, redéfinir les règles du jeu politique français. L’absence de primaire officielle laisse en effet le champ libre à des initiatives personnelles, parfois opportunistes, qui risquent de compliquer la lisibilité du débat démocratique pour les électeurs.
Une « primaire sauvage » désigne une compétition informelle entre candidats d’un même camp politique, en l’absence de cadre officiel organisé par un parti ou une instance dirigeante. Elle se caractérise par l’absence de règles communes, de calendrier précis et de garantie de légitimité pour les participants.