La filière psychologie cristallise les difficultés d’accès aux masters, selon Ouest France. Dans cette discipline, on compte en moyenne 28 candidatures pour une seule place en master, contre treize pour l’ensemble des autres disciplines. Cette situation, pointée du doigt par le Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master, illustre un goulot d’étranglement structurel qui bloque l’insertion académique des étudiants en psychologie. Morgane, une étudiante concernée, a postulé trois années de suite avant d’être finalement acceptée.
Ce qu'il faut retenir
- En psychologie, le ratio 28 candidatures pour une place en master dépasse largement la moyenne des autres disciplines (13 pour 1), selon Ouest France.
- Le Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master souligne les difficultés d’accès à ce niveau d’études pour les étudiants de cette filière.
- Morgane, une candidate, a dû postuler trois années consécutives avant d’obtenir une place en master.
Un ratio de sélectivité exceptionnel dans la filière
La psychologie se distingue par un niveau de sélectivité parmi les plus élevés de l’enseignement supérieur en France. Ouest France indique que le ratio de 28 candidatures pour une place en master s’applique en moyenne sur l’ensemble des formations de la discipline. Ce chiffre, bien supérieur à la moyenne nationale toutes disciplines confondues, reflète une demande massive couplée à une offre de formation insuffisante. Les étudiants de psychologie se heurtent ainsi à un mur presque infranchissable, faute de places disponibles dans les universités.
Le Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master, organe indépendant, a récemment attiré l’attention sur cette situation dans un rapport. « La psychologie concentre un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, qui pénalise durablement les étudiants », peut-on y lire. Les conséquences sont multiples : allongement des études, précarité étudiante, voire abandon du projet professionnel pour certains.
Morgane, une illustration des parcours du combattant
Morgane incarne le parcours type des étudiants en psychologie. Comme des centaines d’autres, elle a dû se présenter à plusieurs reprises avant d’être admise. « J’aurais pu postuler quatre, cinq, dix fois », confie-t-elle à Ouest France. Son témoignage illustre la résilience requise pour accéder à cette formation, ainsi que l’épuisement que peuvent engendrer des échecs répétés. Après trois années de candidatures infructueuses, elle a enfin intégré un master l’an dernier, mais son expérience reste marquée par l’incertitude et la compétition acharnée.
Les étudiants concernés dénoncent souvent un système qui les pousse à multiplier les demandes dans l’espoir d’obtenir une place, quitte à s’éloigner de leurs vœux initiaux. Certains se tournent vers des formations connexes, comme les licences de sciences humaines ou les écoles spécialisées, par défaut. D’autres reportent leur entrée en master, parfois de plusieurs années, en attendant une opportunité.
Quelles pistes pour résoudre ce goulot d’étranglement ?
Face à cette crise structurelle, plusieurs solutions sont évoquées, mais aucune n’est encore pleinement mise en œuvre. Les universités, déjà sous tension budgétaire, peinent à créer de nouvelles places en master. Pourtant, le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé en 2025 un plan de soutien destiné à augmenter l’offre de formation en psychologie, notamment dans les académies où la pression est la plus forte.
Parmi les mesures envisagées : l’ouverture de places supplémentaires en première année de master, la diversification des parcours pour absorber une partie de la demande, ou encore le développement de partenariats avec des établissements privés. « Il faut repenser l’accès à ces formations sans sacrifier la qualité », a rappelé un responsable du ministère. Pour l’heure, ces initiatives restent à concrétiser, et les étudiants continuent de subir les effets de cette pénurie.
Pour les étudiants en psychologie, l’enjeu reste de taille : obtenir un master dans cette discipline est devenu un parcours du combattant, où la persévérance compte autant que le mérite. Reste à savoir si les pouvoirs publics parviendront à inverser la tendance avant que la frustration ne gagne une nouvelle génération d’étudiants.
La sélectivité s’explique par un déséquilibre entre l’offre de formation, limitée par les capacités des universités, et une demande en forte croissance. Les étudiants se tournent massivement vers cette filière, attirés par des débouchés professionnels variés, mais les places disponibles en master ne suivent pas. Selon Ouest France, ce ratio de 28 candidatures pour une place est le plus élevé de toutes les disciplines.