Depuis 2023, l’Espagne déploie massivement un nouveau type de radar, le Velolaser, un dispositif de contrôle routier dont les caractéristiques techniques interrogent les automobilistes européens. Selon Capital, ces radars, déjà opérationnels chez nos voisins ibériques, pourraient-ils bientôt faire leur apparition sur les routes françaises ?
Avec une taille réduite à moins de 50 centimètres, ce radar peut être installé discrètement sur un panneau de signalisation, une glissière de sécurité, voire même sur les portières des véhicules de contrôle. Son principal atout – et son plus grand danger – réside dans sa capacité à flasher à une distance d’environ 1,5 kilomètre, rendant toute détection préalable particulièrement difficile, surtout à haute vitesse. Une technologie qui, si elle venait à s’imposer en France, pourrait transformer radicalement le paysage des contrôles routiers automatisés.
Ce qu'il faut retenir
- Le radar Velolaser, utilisé en Espagne depuis 2018, mesure moins de 50 centimètres et peut être installé sur divers supports (panneaux, glissières, véhicules).
- Il est capable de flasher à 1,5 km de distance, avec une marge d’erreur de seulement 2 km/h.
- Les autorités espagnoles l’utilisent aussi bien au sol que depuis des hélicoptères ou des drones, capables de verbaliser sans présence humaine.
- Ce dispositif est quasi indétectable par les applications comme Waze ou Google Maps, et son déploiement en France n’a pas encore été annoncé.
- Les associations d’automobilistes critiquent son absence de signalisation obligatoire, ce qui pourrait surprendre les conducteurs.
Un radar miniature aux performances redoutables
Le Velolaser, dont le nom évoque à la fois sa taille réduite et sa technologie laser, a été conçu pour s’adapter à des environnements variés. Selon Capital, il peut être placé non seulement sur des infrastructures routières classiques, mais aussi directement sur les véhicules des agents de la Direction générale du trafic (DGT) espagnole. « Il est si discret que certains automobilistes ne le repèrent qu’au dernier moment, voire pas du tout », précise la source, citant des témoignages recueillis par le magazine Auto Plus.
Sa précision est un autre point fort : capable de flasher dans les deux sens de circulation, il enregistre les excès de vitesse avec une marge d’erreur infime de 2 km/h. Cette caractéristique en fait un outil redoutable pour sanctionner les conducteurs les plus rapides, d’autant que la résolution des images capturées permet une identification claire des plaques d’immatriculation. Autant dire que, pour les automobilistes habitués aux radars classiques, ce dispositif représente une évolution majeure – et potentiellement déstabilisante.
Des méthodes de contrôle toujours plus discrètes
L’Espagne ne se limite pas à l’utilisation du Velolaser au sol. Selon Capital, la DGT a recours à des hélicoptères équipés de caméras haute définition, capables de surveiller les véhicules depuis 700 mètres d’altitude et de produire des images nettes jusqu’à 1 kilomètre de distance. « À cette altitude, les conducteurs ne perçoivent même pas la présence des appareils », explique la source, soulignant l’efficacité de ce dispositif aérien.
Mais ce n’est pas tout : les drones complètent désormais l’arsenal de la DGT. Ces appareils, opérant à une centaine de mètres de hauteur, peuvent surveiller les véhicules roulant à 80 km/h sans nécessiter de présence humaine au sol. Mieux encore, ils sont désormais capables d’établir des verbalisations automatiques, une première en Europe. Une technologie qui, si elle se généralisait, pourrait rendre les contrôles routiers encore plus ubiquitaires et moins prévisibles pour les conducteurs.
Une adoption encore limitée, mais une menace potentielle pour la France
Malgré ses avantages évidents pour la sécurité routière, le Velolaser reste encore minoritaire en Espagne par rapport aux radars traditionnels. Selon Capital, son déploiement massif n’en est qu’à ses débuts, et son coût ainsi que sa logistique complexe expliquent en partie cette lente adoption. « Pour l’instant, ni la Sécurité routière française ni les autorités compétentes n’ont évoqué son arrivée sur le territoire national », indique la source. Pourtant, rien n’empêche techniquement son implantation, d’autant que les radars automatiques ne sont pas toujours annoncés en amont sur les routes françaises.
Cette absence de signalisation obligatoire pose question, notamment auprès des associations de défense des automobilistes. Dès son apparition en Espagne, le Velolaser avait été critiqué pour son manque de visibilité, les conducteurs n’ayant pas le temps de ralentir avant d’être flashés. En France, où les radars sont souvent annoncés par des panneaux ou des applications, cette discrétion pourrait créer une rupture dans la relation entre les usagers et les contrôles automatisés.
Pour l’heure, les discussions restent au stade de l’hypothèse. Aucune date n’a été avancée, ni par le ministère de l’Intérieur, ni par les acteurs du secteur. Les prochains mois pourraient cependant apporter des éclaircissements, notamment si l’Espagne confirme l’extension du déploiement du Velolaser à d’autres régions. En attendant, les automobilistes français peuvent consulter les cartes des radars classiques disponibles sur les applications comme Waze ou Google Maps – mais il est peu probable que ces outils intègrent prochainement ces nouveaux dispositifs.
À ce jour, aucun déploiement officiel du Velolaser n’a été annoncé en France. Les autorités françaises n’ont pas confirmé son utilisation ou son éventuel remplacement des radars traditionnels. Seule l’Espagne, via sa DGT, a officiellement intégré ce dispositif à grande échelle.
Plusieurs pays européens testent ou déploient des radars miniatures ou des systèmes de contrôle automatisés depuis des drones ou des hélicoptères. L’Allemagne et les Pays-Bas, par exemple, utilisent déjà des caméras embarquées dans des véhicules pour détecter les excès de vitesse. Cependant, le Velolaser se distingue par sa taille réduite et sa capacité à flasher à très longue distance.